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MaXoE Festival 2024 : Sélection Comics

Voici une sélection BD du MaXoE Festival avec de très beaux albums dans la catégorie Comics !

Ci-dessous la présentation détaillée des ouvrages sélectionnés avec la chronique que nous avions fait dans le cadre de Comics En Vrac. On vous les livre en vrac justement, à vous de picorer ! 

 

BATMAN – ONE BAD DAY – MR. FREEZE

Le passé. Une petite maison de banlieue américaine. Une femme, Nora, rentre de soirée, c’est l’épouse de Victor Fries, alias Mr. Freeze. Victor n’est pas encore ce super vilain, il est un mari fidèle et amoureux, terriblement amoureux. Son épouse veut vivre pleinement, sortir, s’amuser alors que Victor est absorbé par son travail. Mais ce n’est pas leur seul problème, Nora tombe malade, gravement malade. Vous connaissez la suite, spécialiste de la cryogénie, il devient alors le terrible Mr. Freeze. On le retrouve dans le présent, en train de réaliser une opération de vol bien entendu. Batman et Robin arrivent à temps et ce dernier arrive à toucher au coeur notre vilain et c’est la naissance d’un improbable deal. 

Encore un coup de force dans le monde de Batman. Je pensais avoir fait le tour du personnage de Mr. Freeze mais je me trompais. Cette histoire présentant à la fois les origines du bonhomme mais aussi sa relation avec Batman et Robin, est extrêmement touchante, pleine d’humanité. Encore une fois, le bien et le mal ne sont pas toujours aussi faciles à identifier et puis on peut se poser la question de ce que nous serions capables de faire par amour. Tous ceux qui ont des a priori sur les histoires de super-héros devraient lire ces pages. Oui dans les comics américains, il y a des auteurs qui savent explorer les esprits et susciter l’émotion. Et en plus, c’est servi par un dessin parfaitement réussi, parfaitement inspiré. 

Contenu vo : Batman – One Bad Day: Mr Freeze

Scénario : Gerry Duggan – Dessins : Matteo – Urban Comics – DC Deluxe – 72 pages – juin 2023 – prix 15 €

 

COSMIC GHOST RIDER, BÉBÉ THANOS DOIT MOURIR, MULTIVERSE T1

Panini, et DC Comics également via la maison Urban Comics, multiplie les rééditions d’histoires complètes et ceci à petit prix. C’est une très bonne idée pour découvrir ou redécouvrir des petites perles. Ainsi dans la collection dédiée aux super-héroïnes, nous vous avions présenté Jessica Jones. Cette fois, ils ont décidé de nous proposer toute une série d’ouvrages à 6,99 euros autour du multivers de Marvel. Pour le tome que j’ai entre les mains, il s’agit de suivre les aventures du Cosmic Ghost Rider. Mais qui est-ce ? C’est Frank Castle que vous connaissez en tant que Punisher dans la réalité principale de Marvel, à savoir la Terre-616. Mais ici, nous sommes dans la réalité TRN666. Notre ami est bien le Punisher qui meurt lors du combat entre Thanos et les Avengers. Il passe alors par les enfers et conclut un accord avec Mephisto pour devenir le Cosmic Ghost Rider, un mélange donc du Punisher et du Ghost Rider. Il n’est pas sans nous rappeler Lobo du monde DC. Son but est alors de se venger de Thanos et pour cela il passe un accord avec Galactus et obtient ainsi le pouvoir cosmique. Galactus et notre héros combattent alors Thanos mais ils perdent et Galactus y laisse la vie. Frank devient alors le serviteur de Thanos, enfin en façade car son but est bien d’éliminer le Titan. Ce qu’il ne réussit pas à faire. Voici donc pour le décor. L’ouvrage débute sur le Walhalla. Frank, redevenu simple humain, y a été invité par Odin pour connaître le repos du guerrier. Mais il se languit sur place et demande à Odin de repartir de là. Odin exauce son souhait, il redevient le Cosmic Ghost Rider et il voyage dans le temps pour retrouver Thanos alors qu’il n’est encore qu’un bébé. 

J’ai adoré cet ouvrage. Le début est un peu bourrin et j’ai eu peur que l’on tombe sur un scénario trop simpliste mais mes craintes étaient injustifiées. Les auteurs nous emmènent sur une route plus philosophique qu’il n’y paraît. Ainsi, on se pose des questions sur les choix que l’on peut faire dans la vie, sur le côté inéluctable du destin, sur la frontière entre le bien et le mal. Il y a même un petit quelque chose sur l’éducation d’un enfant et les conséquences de nos conseils dans ce domaine. Ainsi Frank va être confronté à bien des dilemmes et à bien des choix cornéliens. Tout cela est savamment construit, on passe de surprise en surprise et rien n’est cousu de fil blanc. C’est donc un comics premium à lire de toute urgence et ceci d’autant plus que le dessin est parfait en tous points. 

Contenu VO : Cosmic Ghost Rider (2018) 1-5

Scénario : Donny Cates – Dessins : Dylan Burnett – Panini – Panini Comics – 128 pages – juin 2023 – prix 6,99 €

 

RECKLESS, DESCENTE AUX ENFERS

Ce n’est pas la première fois que je vous parle d’Ethan Reckless, vous pouvez vous en rendre compte ici et . Nous voilà en 1989 cette fois. Ethan doit enquêter sur une affaire confiée par un de ses amis, à qui il doit un petit service. Car oui, il rend des services, ce n’est pas vraiment un détective privé, ce n’est pas vraiment un mercenaire, il aide, moyennant finances la plupart du temps, un point c’est tout et pour cela il est prêt à enfreindre les lois si la cause lui semble juste. Là on parle de la disparition de Rachel, qui était en couple avec le fils de l’ami d’Ethan et qui s’est donc volatilisée du jour au lendemain. Elle était à San Francisco avec son ami quand un terrible tremblement de terre a eu lieu. Elle s’en est sortie par miracle et ce miracle l’a bousculée au point qu’elle a eu envie de régler certaines dettes du passé. La piste sera sanglante. 

Le duo Brubaker/Phillips a encore frappé. Les autres tomes sont excellents mais celui que j’ai entre les mains est exceptionnel. Certes on y retrouve les ingrédients du polar, plutôt classiques, mais les personnages sont tout simplement fabuleux. Je parle d’Ethan bien sûr mais aussi des ordures qui se dressent sur son chemin. Mais surtout, il y a la belle Rachel, sorte d’archange vengeur, mystérieuse, déterminée, fatale … La relation qu’ils vont entretenir est savamment orchestrée par les auteurs et elle ne tombe jamais dans le convenu. On découvre aussi encore plus notre ami Ethan, qui se veut insensible mais qui a de plus en plus de mal à le rester. On les suit, avidement, sans relâcher la BD à aucun moment dans cette cavale haletante au service de la vengeance mais aussi de l’humanité. Le dessin est toujours aussi propice à ce genre d’histoire. Bref, c’est du tout bon !

Scénario : Ed Brubaker – Dessins : Sean Phillips – Delcourt – Contrebande – 144 pages – août 2023 – prix 16,50 €

 

LAZARUS T8, FRACTURE 

Voilà enfin la suite de Lazarus. Vous ne pouvez pas faire semblant de ne pas connaître, nous avons couvert tous les tomes : 123456 et 7. Et si vous jetez un oeil à ces chroniques vous verrez que j’adore la série. Il faut dire que Greg Rucka a réussi à construire un monde incroyable fait de maisons, de familles qui ont pris le pouvoir sur le monde. Ces familles ont installé un système de castes avec l’élite, en dessous on trouve les citoyens et tout en bas les serfs qui essaient de survivre. On suit plus particulièrement la famille Carlyle qui est en conflit ouvert avec les Hock, ce sont les deux clans les plus puissants du globe. La BD s’articule autour d’un personnage très attachant : Forever Carlyle. C’est un Lazare, une sorte de super guerrier, symbole de puissance et bras armé pour les conflits. Le récit de cet album démarre en Mer du Nord. Les marins d’un bateau de pêche découvrent un corps inerte flottant sur l’eau. Une fois repêché, ils découvrent un jeu homme au visage tuméfié et dont la température corporelle est tombée bien trop bas. 

Arrivé à terre, les marins qui sont tous de la même famille, décident de le ramener chez eux pour le soigner. Cela se fait sans déclaration auprès des autorités locales, cela serait probablement trop dangereux pour le rescapé car nous sommes dans un territoire gouverné par la famille Bittner. Et il se trouve que cette personne repêchée n’est autre que Jonah Carlyle, soit-disant mort par la main de Forever qui l’a finalement épargné sans en parler à son père. Jonah va peut-être pouvoir reprendre une vie normale mais c’est sans compter l’extension du conflit qui va bientôt gagner cette belle contrée. 

Quel plaisir de retrouver cette série. C’est toujours aussi bien. Déjà, j’adore le trait, sombre à souhait, les visages sont marquants, les paysages sont magnifiques. Et puis on commence à voir les mystères être dévoilés. Quel plaisir ainsi de voir Forever élaborer un plan destiné à démasquer les vrais méchants de l’histoire. On arrive enfin à comprendre comment le monde en est venu à ce système de familles. L’action va bon train et les personnages sont toujours aussi fouillés. En bref, c’est encore du tout bon ! 

Scénario : Greg Rucka – Dessins : Michael Lark – Urban Comics – Urban Indies – 216 pages – juillet 2023 – prix 21 €

 

LODGER

Bienvenue dans le monde des Lapham. Je vous en ai déjà parlé car ils officient dans la série Stray Bullets dont j’ai chroniqué le tome 1. Ici, on se retrouve à Blossom, bourgade américaine de 1400 âmes. Il fait nuit et une vieille dame se repose tranquillement dans son lit. Un homme, Carl, la rejoint rapidement et n’a pour elle que des gestes tendres et affectueux. Il lui annonce la bonne nouvelle : le fils de la vieille dame va enfin lui rendre visite avec ses filles. Elle part donc heureuse pour un sommeil qui semble définitif… Toujours à Blossom, on se retrouve en compagnie de Ricky autrement appelée Miss Griffes par son entourage. Car oui elle a un sacré caractère justement. Elle poursuit un homme depuis qu’elle a 12 ans. Sa tâche est facilitée par le fait que l’homme en question maintient un blog comme une sorte de cahier de vie.Voici un récit qui est parfois dur à suivre. En effet, on met un peu de temps à bien comprendre ce qu’il se passe. Notre fuyard endosse de multiples personnalités et apparences. Parallèlement la ‘voix off’ nous livre son blog dans lequel il n’utilise pas les vrais prénoms des personnes concernées par les événements. Vous voyez un peu les noeuds que cela peut faire dans la tête ? Mais, petit à petit, on raccroche les wagons et on vit pleinement ce comics bourré de noir. Oui le propos n’est pas gai, il parle de vengeance, de traumatismes de l’enfance mais aussi de folie. Autant celle de celui qui fuit que de celle qui le poursuit. Les Lapham semblent donc s’intéresser au psyché humain, à ses mécaniques profondes et au moment où celui-ci bascule dans l’irrationnel. C’est le genre de comics que l’on aime lire deux fois, pour mieux en déceler tous les détails et les références. Du côté du trait, c’est le style David Lapham, bien à lui, brut de décoffrage. 

Scénario : Maria Lapham, David Lapham – Dessins : David Lapham – Delcourt – Contrebande – 128 pages – Septembre 2023 – prix 15,95 €

 

GOTHAM CITY : ANNÉE UN

Je vous invite à un voyage dans le temps. Nous voilà en 1961, à Gotham bien sûr. Le journal The Blade titre en une : « Où est la princesse de Gotham ? ». Il s’agit d’Helen Wayne, fille de Richard Bruce Wayne et de Constance Wayne, grands-parents de notre Bruce chauve-souris. Ce journal est sur le bureau de Slam Bradley, détective privé de son état. On frappe à la porte de son bureau et c’est une jeune femme qui vient voir notre privé. Elle lui demande de livrer une simple lettre à la famille Wayne contre une modique somme d’argent. Cela l’intrigue et le pousse à effectuer la livraison. Arrivé chez les Wayne, il est passé à tabac par les hommes de main de la famille, ils sont persuadés que Slam sait d’où vient la lettre…

Quel beau polar. On nous plonge ainsi dans une Gotham dénuée de toute criminalité et, justement, Tom King nous conte les événements qui ont tout changé. J’ai adoré la vue très acide de l’auteur sur cette Gotham qui est finalement manipulée par des personnes peu recommandables. On découvre ainsi un couple Wayne qui n’a rien à envier aux pires des ordures. J’ai adoré le personnage de Slam Bradley, à la fois rugueux et coeur tendre. Tous ces acteurs s’épanouissent dans un scénario aux petits oignons, noir et ciselé. Et puis il y a le trait de Phil Hester qui imprime une ambiance parfaite. 

Scénario : Tom King – Dessins : Phil Hester – Urban Comics – DC Deluxe – 208 pages – octobre 2023 – prix 21 €

 

KILLADELPHIA LIVRE II

Et voici le deuxième livre de l’oeuvre de Barnes & Alexander. Vous vous rappelez, je vous en avais parlé ici. Mieux que cela, la BD avait fait partie de la sélection du MaXoE Festival de cette année. Comme vous le savez, la ville de Philadelphie a sa communauté de vampires et elle est grandissante. Mais la cohabitation entre humains et vampires est impossible, ces derniers veulent tout simplement dominer la ville. Jimmy Sangster s’est juré de les combattre et cette fois il est seul, son père, vampire lui aussi, n’est plus là pour l’aider. Il a une adversaire de taille, Abigail qui veut mener la fronde des vampires et pour cela elle va utiliser Jupiter, une créature qui effraie même les suceurs de sang. 

J’avais adoré le tome 1 et ce deuxième livre ne relâche pas la pression, bien au contraire. Les humains semblent vouloir contre-attaquer mais la détermination des vampires n’est pas une mince affaire. On assiste ainsi à la guerre entre deux mondes, à armes inégales bien sûr. Ce qui m’a plu aussi dans cet ouvrage, ce sont les nombreux retours en arrière qui permettent de mieux comprendre les motivations des uns et des autres. Et au milieu, toujours les mêmes thèmes qui agitent notre monde depuis la nuit des temps : l’incompréhension de l’autre, l’instinct de survie, le besoin de dominer. Tout cela est orchestré avec maestria par nos auteurs, autant du côté du scénario que de celui du dessin. Et puis le cliffhanger final ne peut que nous rendre impatients de lire le tome 3.  

Scénario : Rodney Barnes – Dessins : Jason Shawn Alexander – Huginn & Muninn – 192 pages – octobre 2023 – prix 24,95 €

 

LE PASSEUR

Une société aseptisée, ça vous dit ? Elle règle tous les problèmes. Les familles sont composées artificiellement : un homme, une femme et deux enfants. Ceux-ci ne sont pas les descendants naturels de leurs parents, ils ont été procréés par des femmes dédiées à cette tâche dans cette communauté. Les enfants grandissent dans un monde sans excès, sans travers. A chaque étape de leur jeunesse, on les libère un peu plus avec de nouvelles possibilités comme celle, basique, de pouvoir faire du vélo. Et puis quand ils atteignent douze ans, on leur choisit une activité professionnelle. Jonas, le personnage principal de la BD, se voit affecter le rôle de receveur de mémoire. C’est un rôle unique au sein de la communauté qui permet à celui qui l’endosse d’avoir accès à la mémoire de l’humanité, mémoire totalement déconnectée de la communauté. 

Cette histoire est parue d’abord sous forme de roman et elle est adaptée directement par son auteur Lois Lowry. Je n’avais pas lu ce bouquin et donc j’ai découvert cette histoire avec un regard totalement neuf. On y découvre donc une vision dystopique de l’Humanité. Les pages sont en noir et blanc pour renforcer le sentiment d’aseptisation et ça marche à merveille, j’ai parcouru ce comics avec une boule dans le ventre. Cette société fait peur (surtout l’inconscience de ses membres) et c’est bien l’objectif de l’auteur. Heureusement, petit à petit on se réjouit de l’éveil de Jonas, de sa prise de conscience. L’auteur ne porte pas de jugement sur cette société, il la décrit comme un futur possible et chacun se posera les bonnes questions. Mais le destin de Jonas ne peut nous laisser indifférents, il est la preuve que la connaissance, que la prise en compte de notre Histoire sont des choses essentielles à l’accomplissement individuel et collectif. 

Scénario : Lois Lowry – Dessins : P. Craig Russel – Steinkis – Philéas – 184 pages – octobre 2023 – prix 21,90 €

 

KILLING TIME

La First National Bank à Gotham. Un homme à la carrure impressionnante traverse la rue sous une pluie battante et entre dans la banque non sans briser, avec son poids, la dernière marche de l’escalier qui mène dans le bâtiment. Et pour cause, il s’agit de Killer Croc et il vient tout simplement dévaliser l’établissement. Quelques jours auparavant, un des gardiens de la banque s’est laissé tenter par une danseuse dans un club de nuit. On pourrait penser que tout cela n’a pas de lien mais c’est tout à fait le contraire. Tout semble calculé à l’avance car, au moment du hold-up, Le Sphinx pénètre dans le bureau du directeur de l’United Gotham Bank, un autre établissement de Gotham. La femme de ce dernier est prise en otage par Catwoman, complice du Sphinx, … 

Voilà le genre de comics qu’on finit d’une traite. Le début paraît un peu classique et tout d’un coup les choses se complexifient grandement. Tom King joue avec le temps, il nous propose des flash-backs permanents à un rythme régulier, lent au départ et presque épileptique à la fin. Cela aurait pu me désarçonner mais sa façon de faire est parfaite, on arrive parfaitement à suivre le récit. Encore mieux, c’est peut-être le seul moyen à même de nous dévoiler tous les rouages de ce casse incroyable et ce non moins incroyable complot. Il se penche aussi sur le psyché de nos héros et vilains, on se délecte de leurs hésitations et trahisons. Tout cela pour un objet qui n’a finalement que peu d’importance, j’y vois ainsi une forme de thème autour de la folie de l’Homme à s’attacher à des objets dénués de sens. Cette histoire se parcoure avec un très grand plaisir, jusqu’à la dernière page. C’est très habile, tortueux, imaginatif et formidablement bien dessiné. On ne voit pas le temps passer ! 

Contenu vo : Contenu : Batman Killing Time #1-#6

Scénario : Tom King – Dessins : David Marquez – Urban Comics – DC Deluxe – 192 pages – octobre 2023 – prix 19 €

 

SOLO T6, LA FIN D’UN CERCLE INFINI D’OSCAR MARTÍN

Non, c’est n’est pas la première fois que je vous parle du travail d’Oscar Martin. Vous pouvez relire mes chroniques des tomes 123 et 45 et des différents spin-off qui ont suivi : Chemins Tracés 1 et 2Solo Alphas. Oui, vous ne rêvez pas, déjà 8 albums de la série chroniqués sur MaXoE. Et on ne va pas s’arrêter en si bonne voie. Voici le dernier tome sorti, tome qui signe la fin du cycle 2 (on ne sait pas à ce jour s’il y aura d’autres aventures dans cet univers). On se rapproche de l’affrontement final, les humains veulent reprendre toutes les terres, les prédateurs ne jouent pas toujours en équipe, les proies font tout pour survivre. Et au milieu de tout cela il y a Legatus, le chien, accompagné de sa communauté éclectique. Il a réussi à faire cohabiter les genres mais il doit se préparer à la grande guerre, elle est imminente. Il doit cependant abandonner leur camp pour partir en croisade contre les fermes qui élèvent des esclaves destinés à l’abattoir. Cela risque de mettre sa communauté en danger. 

C’est une ode à la paix. Tout dans cette série a été construit pour en arriver là : la guerre ne fait que détruire les âmes et corrompre les coeurs. Cette guerre que nous sert Oscar Martín se veut sans concessions, elle est rude, elle est infâme. Il veut nous montrer tout ce qu’elle déclenche, car même au sein des différentes parties impliquées, il y a des luttes intestines. Je ne vous raconte pas la fin mais elle est pleine d’émotion, l’auteur revient à une sorte de philosophe, celle-là même qui m’avait marqué lors de la lecture du tome 1. Une chouette fin de cycle qui nous tient en haleine de bout en bout et qui joue avec nos sentiments. Encore un coup de maître. J’espère que l’auteur continuera à développer cet univers que j’adore ! 

Scénario & Dessins : Oscar Martín – Delcourt – Contrebande – 160 pages – octobre 2023 – prix 18,95 €

 

GRAFITY’S WALL

Nous voilà à Mumbai, en Inde. La ville est aussi grouillante qu’une fourmilière, tout le monde s’affaire ici et là. Au milieu de cette foule, il y a Suresh, alias Grafity, c’est un artiste, il graffe tout ce qu’il trouve et cela ne plaît pas à la police. Et justement, il se fait prendre la main sur la bombe de couleurs et se retrouve au poste. Alors que l’inspecteur le cuisine et lui fait la morale, son pote Jay, baratineur de première, vient à sa rescousse. Il finit par graisser la patte du policier pour que Suresh puisse s’en aller. Seulement cet argent ne lui appartient pas, c’est celui de Mario, le caïd du coin qui apprécie guère que l’on dilapide ainsi son oseille… 

Je vais être honnête avec vous. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, la faute, sûrement, à mon habitude des comics américains avec leurs codes bien établis. Le dessin aussi m’a déstabilisé et puis l’histoire manquait d’épaisseur … Enfin, c’est ce que je croyais, au fil des pages, j’ai d’abord pu goûter à l’originalité de ce trait : son côté très touffu nous aide à plonger dans le tumulte de la ville. Et puis ce sont finalement des histoires qui se croisent et se recroisent qui nous sont livrées ici, elles se mêlent avec beaucoup d’habileté. On suit les aventures de nos héros avec passion et tendresse et puis, surtout, cette BD ne manque pas de philosophie, on y parle de l’importance de l’art et du bon sens de la jeunesse. Enfin, il y a surtout un message important : il ne faut jamais perdre espoir ni renoncer à ses rêves !

Contenu vo : Grafity’s Wall TPB

Scénario : Ram V – Dessins : Anan RK – Urban Comics – Urban Indies – 136 pages – juillet 2023 – prix 17 €

 

DARK RIDE

Après BirthrightJoshua Williamson et Andrei Bressan s’associent à nouveau pour nous plonger dans un roller-coaster meurtrier baigné de sombres secrets familiaux.

Devil Land est le premier parc d’attractions au monde sur le thème de l’horreur. Il abrite l’attraction la plus effrayante jamais créée : « Mon âme au diable ». Mais lorsque Owen Seasons, fan depuis toujours, y débute sa première journée de travail, il découvre les véritables horreurs qui se déroulent en coulisses. Le travail de ses rêves pourrait bien se transformer en son pire cauchemar !

Si vous êtes fan d’horreur, je ne peux que vous conseiller ce comics ! Ce premier tome pose les bases de l’histoire : enquête, meurtre et horreur vous attendent au cours de ces quelques chapitres. On a envie de découvrir les aboutissements et les secrets qui se cachent derrière la construction de ce parc, et les personnages principaux ayant tous une forte personnalité, nous captivent par leurs discussions et leurs confrontations. Pour sublimer le tout, les dessins sont en parfaite adéquation avec le genre et réussissent à transmettre la peur de manière claire.

En conclusion, ce premier tome est une réussite et j’ai hâte de pouvoir lire la suite pour comprendre les différents mystères qui entourent Devil’s Land. Si vous aimez les histoires d’horreur, foncez lire Dark Ride !

Scénario : Joshua Williamson – Dessins : Andrei Bressan – Delcourt – Contrebande – Mars 2024 – 128 pages – 15,95 €

 

SOLO LYRA

Lyra, rate de son état, vit dans une communauté avec son frère et sa mère. Cette mère, malheureusement, souffre d’une maladie incurable et son frère, lui, a un léger retard cognitif. Pour le reste, c’est la même routine que l’on constate partout dans le monde de Solo : il faut chasser pour survivre. Un jour funeste, sa mère décède, il est temps alors pour Lyra et son frère de quitter la communauté car ils sentent qu’ils doivent chercher leur destin ailleurs. Le plus dur reste à venir, le climat est hostile et les rencontres sont dangereuses. Lyra doit, en plus, gérer son frère … Un beau jour, ils tombent sur un vieil homme encerclé par des bêtes féroces. Lui sauver la vie va changer leur existence. 

Mais comment fait-il ? Comment fait-il pour toujours tutoyer l’excellence ? Et pourtant, à  chaque fois, je me dis que cette fois l’usure va peut-être arriver, que le filon se tarit ! Mais non pas du tout ! Le récit est mené tambour battant et le duo qui nous est présenté ici est terriblement attachant. On suit leurs pérégrinations avec passion et on découvre encore une fois la finesse d’Oscar Martin dans les thèmes soulevés. Il ne donne jamais de leçons non, mais l’univers de Solo lui permet de poser des questions, délicatement. Et le frère de Lyra est un magnifique vecteur d’empathie, de bienveillance et de tolérance. Il sait aussi asséner des coups de poing dans le bide, histoire de nous réveiller un peu. Le tout est servi par un trait extrêmement précis de Leonel Alexis Castellani. Vous n’avez pas le choix, vous devez avoir tous les tomes de la série Solo ! 

Scénario : Oscar Martin – Dessins : Leonel Alexis Castellani – Delcourt – Contrebande – 85 pages – janvier 2024 – prix 15,50 €


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