MaXoE > RAMA > Critiques > Cinéma / DVD > Une affaire de famille : La Palme d’or 2018
CinéAsie / Cinéma / DVD
Une affaire de famille : La Palme d’or 2018
L'histoire de la famille des vols à l'étalage

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
20 ans après L’Anguille de Shohei Imamura, le Japon ramène la Palme d’or du Festival de Cannes 2018 avec Une affaire de famille, treizième film du réalisateur Hirozaku Kore-Eda.

Le film s’ouvre sur le jeune Shota (Kairi Jyo) et celui qui se présente comme son père, Osamu Shibata (Lily Franky). Ils se retrouvent à l’entrée d’un supermarché et se préparent à chaparder un peu de nourriture pour le repas du soir. Shota est habitué à cela, il est même devenu un expert dans la réalisation de ces petits larcins. Osamu et Shota ne font pas cela pour le plaisir, Osamu est ouvrier dans le bâtiment et sa femme Nobuyo (Sakura Andô)  travaille dans une blanchisserie. Tous deux vivent dans le petit appartement de la grand-mère, Hatsue (Kiki Kirin), leurs maigres salaires ne suffisent pas pour nourrir la famille. Alors tout le monde trouve des combines pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Aki Shibata (Mayu Matsuoka), la grande sœur de la famille, joue les escort-girl dans un club pour adultes, la grand-mère fraude les assurances pour toucher une petite pension, et donc Osamu et Shota volent à l’étalage.

Un soir, de retour de leur expédition, les deux complices recueillent une petite fille, Juri (Miyu Sasaki), qui semble être abandonnée. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu’elle comprend que ses parents la maltraitent. Malgré leur extrême pauvreté, la famille Shibata semble être heureuse. Jusqu’au jour où un incident viendra dévoiler brutalement ses secrets.

Une affaire de famille se coupe en deux parties. Dans la première on prend le temps de découvrir chaque membre de la famille et son parcours. Cette découverte se fait presque à la manière d’un documentaire. Comme si le réalisateur, Kore-Eda, avait posé ses cameras dans l’appartement d’une famille japonaise pas comme les autres. Il nous laisse percevoir, sans scènes larmoyantes ou superficielles, comment fonctionne chaque membre de cette famille pour survivre dans une société qui les a exclus. C’est l’un des nombreux chocs du film : aujourd’hui au Japon (et pas que…) même avec un travail on est parfois poussé à voler pour vivre un minimum, et donner un peu de bonheur à ses enfants. Et justement, la place de l’enfant est importante dans le film. Shota, le jeune garçon, incarne cette jeunesse un peu perdue n’ayant pas eu la chance d’aller à l’école. Mais Shota le vit bien et quand il voit d’autres gamins avec un cartable il se dit : « L’école c’est pour ceux qui ne peuvent pas apprendre à la maison » et son sourire revient.

Malgré toute cette pauvreté dévoilée, on assiste à des moments de tendresse, que ce soit autour du dîner ou à l’occasion des soins apportés à la petite Juri, qui reçoit de plus en plus d’amour et d’affection. Et ces séquences nous font sourire.

La deuxième partie du film est plus violente. La réalité va dévoiler des secrets parfois lourds et détruire le peu de bonheur existant. On change de registre avec une mise en scène plus directe, rythmée par des interrogatoires. Le quotidien déjà rude de cette  famille choisie va évoluer vers un sacrifice par amour. A partir de cet-instant là, nous nous posons la question de la signification du mot famille. Les liens du cœur peuvent-ils être plus forts que les liens de sang ?

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Au final, avec une mise en scène discrète pleine de sensibilité et des comédiens parfaits, Une affaire de famille explore les travers de la société japonaise. La difficulté de vivre malgré un travail, l’accès à l’école, la place de l’enfant au sein d’une famille violente, autant de sujets largement transposables dans d’autres pays. L’une des grandes forces du film est de ne jamais tomber dans la pitié facile, Kore-Eda mélange le drame et la comédie avec subtilité.
ON A AIMÉ !
- La mise en scène subtile.
- Le scénario humaniste.
- L'ensemble des comédiens principaux qui incarnent cette famille, avec une mention spéciale pour la petite Miyu Sasaki.
ON A MOINS AIMÉ...
- Quelques séquences de la première partie peuvent sembler un peu longues.
Une affaire de famille : La Palme d’or 2018
Une affaire de famille
Support(s) : CinéAsie, Cinéma / DVD
Réalisation : Hirokazu Kore-eda
Scénario : Hirokazu Kore-eda
Durée : 2h01
Genre : Drame
Sortie en France : 12/12/2018
Distribution : Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka, Kiki Kirin...
Production : Kaoru Matsuzaki, Yose Akihiko, Hijiri Taguchi
Informations complémentaires / A noter : Une affaire de famille a reçu la Palme d'or au Festival de Cannes 2018