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MaXoE Festival 2018 : La Sélection Cinéma – Catégorie Comédie dramatique
Une petite nouvelle fait son entrée

Troisième et dernière catégorie de la sélection cinéma du MaXoE Festival 2018, la catégorie comédie dramatique, qui n’existait pas l’année dernière. Une catégorie fortement marquée par le Festival de Cannes (dont une Palme d’Or) puisque seul le film consacré à l’ex-patineuse Tonya Harding n’y a pas été présenté.

The Square, de Ruben Östlund

« The Square est un sanctuaire où règnent confiance et altruisme. A l’intérieur, nous sommes tous égaux en droits et en devoirs ». Une installation d’art contemporain dont la vocation est le vivre ensemble. Telle est l’ambition de Christian, conservateur du musée X-Royal de Stockholm, convaincu que la bienveillance doit être la pierre angulaire de la vie de chacun. Jusqu’à ce qu’il se fasse dérober portefeuille et téléphone en tentant d’aider une femme se faisant agresser dans la rue. L’agression est évidemment une mise en scène et les toutes les belles croyances de Christian volent en éclats lorsqu’il décide de confronter ceux qui l’ont dépouillé. Traçage du téléphone, lettres de menaces, … Tout est bon pour récupérer son bien. Et cette situation l’occupe à un point tel qu’il en devient négligent dans son travail. Avant que tout ne vire au désastre.

Grâce à sa mise en scène d’une implacable et d’une impeccable maîtrise, Ruben Östlund joue avec le spectateur autant qu’avec la caméra, mettant habilement en lumière les contradictions de notre société. Une société qui se veut tolérante, ouverte, à l’écoute. Et qui révèle ses instincts de vengeance les plus primaires au moindre incident. Ce tour de force qui expose (tel un musée d’art contemporain) la frontière ténue entre civilisation et sauvagerie a valu à The Square la Palme d’Or de la 70e édition du Festival de Cannes. Une Palme largement méritée à notre avis.

 

Le Musée des Merveilles, de Todd Haynes

1977, Minnesota. Ben vit chez sa tante depuis le décès de sa mère. Son père ? Il n’en a aucun souvenir et sa mère a toujours refusé de lui parler de lui. Un jour qu’il fouille dans les affaires de son ancienne maison, il tombe sur un vieux livre édité par le Musée d’Histoires Naturelles de New-York. A l’intérieur, un mot adressé à sa mère, signé « Danny ». Un orage violent survient, et la foudre tombe sur la maison. Ben est frappé, est conduit aux urgences, et se rend compte qu’il vient de perdre l’audition. Il voit la gare par la fenêtre de sa chambre d’hôpital, et décide de s’enfuir, direction New-York afin de retrouver ce mystérieux Danny. Dont il espère être le fils.

1927, New-Jersey. A l’aube du cinéma parlant, Rose, sourde depuis l’enfance et vivant avec un père peu aimant se réfugie dans le cinéma muet. Et plus précisément celui de l’actrice Lillian Mayhew, qu’elle idolâtre. En lisant le journal, Rose apprend que l’actrice sera bientôt sur les planches, à New-York. Elle décide de fuguer pour aller la voir.

A cinquante ans d’écart, deux destins qui se croisent. Ceux de deux jeunes enfants, fugueurs, en quête d’étoiles. Et qui sont atteints du même handicap. Voilà le sujet du conte qu’adapte Todd Haynes (dont la critique complète est ici) Un joli conte (tiré du roman de Brian Selznick, l’auteur de Hugo Cabret), avec quelques magnifiques moments de grâce. Mais un conte pour enfants. Ainsi, si Todd Haynes et Brian Selznick loupent un peu le coche question scénario, en ne lui donnant pas assez de hauteur, le cinéaste se rattrape largement niveau mise en scène, passant des années 20 aux années 70 avec une fluidité surprenante et restituant les époques avec une précision extrême.

 

Moi, Tonya, de Craig Gillespie

1994, quelques semaines avant les Jeux Olympiques d’hiver de Lillehammer. Nancy Kerrigan, patineuse américaine, est blessée au genou avec une barre de fer au moment des qualifications américaines. Très rapidement, les soupçons se portent sur l’entourage d’une autre patineuse américaine : Tonya Harding. Si son ex-mari est bien derrière l’agression, Tonya a toujours nié en être à l’origine. Mais peu importe. La folie médiatique est lancée et la jeune femme est livrée en pâture à la presse et à la populace.

Grâce à ce film, et surtout grâce à Margot Robbie dont la performance est impressionnante, il est possible de jeter un autre regard sur ce fait divers, et surtout sur cette jeune femme victime du milieu dont elle venait et du tribunal médiatique auquel elle a été livrée. Un tribunal l’ayant aimé durant une minute – celle qu’aura duré son triple axel – avant de la haïr et de la faire haïr de tous. C’est cette vérité là et pas une autre que cherche à montrer Craig Gillespie dans sa réalisation. Une réalisation qui nous a beaucoup plu, en témoigne ce Films en Vrac.

 

L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam

Un chevalier errant et son fidèle écuyer avancent sur leur monture dans le désert espagnol. Le chevalier aperçoit au loin ce qui semble être des géants. Il part au galop. Son fidèle écuyer tente de le stopper. Aucun géant à l’horizon, seulement des moulins à vent contre lesquels se bat vainement l’homme qui se fait alors emporter par une aile de l’un des moulins et… Coupez !

Toby, le réalisateur de la publicité, stoppe la scène. Aujourd’hui cynique, capricieux et légèrement narcissique, il était il y a dix ans un jeune cinéaste ambitieux et idéaliste qui rêvait de 7e art mais se retrouve à travailler pour le compte d’un publicitaire peu commode. Le soir même, lors du dîner avec son équipe, un événement lui rappelle cette époque insouciante : il retombe par hasard sur son film de fin d’études, une adaptation du Don Quichotte de Cervantès. En visionnant le DVD, il réalise que l’endroit choisi pour sa publicité se trouve être très proche du lieu de tournage de son premier film. Il décide de s’y rendre, afin d’y retrouver l’ambiance de l’époque, et surtout ses acteurs. En particulier son Don Quichotte. Il finit par recroiser sa route et se rend compte que l’homme, cordonnier de son état, se prend toujours pour le chevalier errant de Cervantès, confondant fiction et réalité. A tel point qu’il prend Toby pour son fidèle écuyer Sancho Panza, et l’emmène dans un périple des plus épiques.

Lorsque Terry Gilliam a débuté ce projet il y a bientôt trente ans, son idée première était d’adapter le plus fidèlement possible l’œuvre de Cervantès. Se rendant rapidement compte que l’œuvre en question est inadaptable – et surtout infilmable – tant elle est fleuve, il décide de mêler le personnage de Don Quichotte au monde moderne. Quelques décennies plus tard, L’Homme qui tua Don Quichotte s’est nourri des déboires de son réalisateur, du temps qui a passé, de l’actualité récente, … et devient le miroir du périple du cinéaste. Un périple au résultat bluffant et qui prouve que personne ne peut tuer Don Quichotte.