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Yorgos Lanthimos : La renaissance du cinéma grec
Un cinéaste à découvrir d'urgence !

Le cinéma grec nous fait tout de suite penser au géant Théo Angelopolos qui à travers sa filmographie nous racontait l’histoire de son pays ce qui lui a valu notamment une Palme d’or en 1998 pour L’éternité et un jour. A Costa-Gavras aussi, le plus français des réalisateurs grecs,  nous proposant depuis 1965 un cinéma engagé (Z , l’aveu, Hanna K, Le couperet, Amen,…). On pense aussi  à Zorba le Grec (1964) de Michael Cacoyannis avec le magnifique Anthony Quinn et les  yeux superbes d’Irène Papas… Mais connaissez-vous Yorgos Lanthimos ?

En France, on découvre ce jeune réalisateur (également scénariste et producteur) en 2009 avec Canine qui reçoit le Prix Un certain regard au Festival de Cannes.

 

Une sorte de huis clos qui nous plonge dans une famille aisée où les parents privent du monde extérieur leurs trois enfants adultes, deux filles et un garçon. Les enfants ne connaissent le monde extérieur qu’à travers les leçons de leurs parents. Les téléphones sont cachés, la télévision interdite et pas de radio. Les choses vont se compliquer lorsque les enfants vont avoir envie de liberté et la tentative des parents d’offrir un monde idéal à leurs enfants va devenir glauque.

Canine nous propose un cinéma brut et provocant qui sort de l’ordinaire, avec de longs plans fixes, comédiens parfois non-cadrés, dialogues laconiques, alternant scènes crues et absurdes. Ces choix de mise en scène sont peut-être là pour ne pas nous laisser indifférents et nous faire réagir. Canine parle de la manipulation et de la facilité que l’être humain possède pour isoler une personne d’une vérité. Le père de cette famille peut être facilement remplacé par un patron de presse ou le leader d’un pays, et la famille par notre société.

 

En 2011, Yorgos Lanthimos s’attaque au deuil avec Alps. Nom d’une société secrète qui propose de remplacer des personnes décédées récemment par des acteurs permettant ainsi aux proches d’accepter peu à peu ces disparitions. Alps remporte le prix du Meilleur scénario à la Mostra de Venise  en 2011.

 

Quatre ans plus tard avec The Lobster, Yorgos Lanthimos signe son premier film au casting hollywoodien (Colin Farrell, John C. Reilly, Lea Seydoux, Ben Wishaw, Rachel Weisz…). Grâce à The Lobster, Lanthimos va s’ouvrir à un public plus large. Premier film anglophone pour Yorgos Lanthimos et changement radical de mise en scène, place aux travellings, profondeurs de champs, ralentis et autres effets visuels.

Dans une société qui n’accepte pas le constat d’échec, toute personne célibataire est arrêtée puis transférée dans un hôtel luxueux. Passé un délai de quarante cinq jours, si cette personne ne trouve pas l’âme sœur, elle est transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit dans les bois et rejoint un groupe de résistants.

Toujours en choisissant le comportement humain comme trame de fond, le réalisateur grec nous présente ici son film le plus « dystopique ». En mélangeant humour noir et cruauté, The Lobster nous propose une vision difficile de ce qu’est l’amour.

Deux mondes opposés. D’abord les célibataires, enfermés dans cette prison luxueuse gothique appelée l’Hôtel, lancés dans une course contre la montre pour former un couple en un temps imposé. Et face à eux, les Solitaires, sorte de communauté de réfractaires vivant dans les bois où, contrairement aux règlements de l’Hôtel, l’amour et les sentiments sont totalement proscrits.

Oubliez les robots et les voitures volantes, The Lobster est un film de science fiction dans un cadre réel. Et cela, comme souvent chez Lanthimos, pour faire réagir le spectateur. A l’heure où notre vie amoureuse est dictée par les sites de rencontres, outils abstraits nous enfermant sur nous-mêmes, le film met les sentiments réels au centre de notre société. Nous sommes obligés de créer des liens véritables pour continuer une vie normale, ou presque…

Traitant de cette obsession humaine, la vie amoureuse, avec humour et loufoquerie, The Lobster est surement le meilleur film pour découvrir le travail de Yorgos Lanthimos. Le film a été récompensé du Prix du Jury du Festival de Cannes en 2015.

 

En 2017, nouvelle collaboration avec Colin Farrell pour La mise à mort du cerf sacré. L’acteur joue le rôle de Steven un brillant chirurgien, marié à Anna (interprétée par Nicole Kidman) avec laquelle il a deux enfants Kim et Bob. Un jour, Steven présente à sa famille un jeune garçon, Martin, qu’il a pris sous son aile depuis quelques temps. Ce dernier s’immisce progressivement au sein de la famille et devient de plus en plus menaçant, jusqu’à conduire Steven à un impensable sacrifice.

Oublions l’humour de son précédent film. Inspirée de la tragédie grecque Iphigénie à Aulis d’Euripide, La mise à mort du cerf sacré nous impose une ambiance anxiogène. Pendant presqu’une heure, nous croyons à une simple histoire de vengeance. Le jeune Martin semble simplement profiter de la générosité de cette famille bourgeoise… Mais arrive la deuxième partie du film, et  nous allons être bousculés, éjectés de notre confort de simples spectateurs. Nous devenons les témoins des décisions terribles et irrémédiables que les personnages vont devoir prendre. La mise en scène très travaillée viendra confirmer cette sensation de malaise. A la fin du film nous nous posons la question suivante : « Et moi qu’aurais-je fait ? »

La mise à mort du cerf sacré a reçu le prix du scénario au Festival de Cannes 2017.

 

Prévue pour Janvier 2019, la sortie de The Favourite, qui a remporté récemment le Grand prix du Jury à la  Mostra de Venise.

Un drame en costumes, avec entre autres Rachel Weisz et Emma Stone, qui nous plonge durant le règne de la reine Anne, dernière monarque de la Maison Stuart, où les femmes de la cour vont s’opposer dans la course au pouvoir.