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La BD du jour : Penss, les plis du monde de Jérémie Moreau (Delcourt)

Observer le monde pour mieux le comprendre. C’est l’un des messages délivrés par Jérémie Moreau dans Penss, qui poursuit, après une saga nordique saluée unanimement par la presse et les lecteurs, son exploration des époques de l’histoire. Son héros s’inscrit à contre-courant des modes de son temps où la chasse, qui offre un combat singulier entre l’homme et l’animal est synonyme de virilité. Lui préfère tirer de la terre, et des plantes et arbres qui y poussent de quoi survivre dans un équilibre fragile mais riche de perspectives…

Penss est un jeune homme préhistorique différent des autres. Il voue une véritable passion pour l’observation de la nature qui l’intrigue et le pousse à se couper des autres membres de son clan. Réfugié avec sa mère dans une grotte à l’approche de l’hiver, il se refuse à chasser comme le font les autres hommes de son temps. Sa mère meurt dès lors très vite de faim, et pour survivre, il devra se résoudre à manger sa chair dans l’attente des meilleurs jours. Lorsque le printemps arrive il décide de poursuivre son étude de la flore qui l’entoure, pour comprendre comment poussent les plantes, les légumes et les arbres qui pourraient suffire à vivre sans avoir à se lancer dans de grandes campagnes de chasses hypothétiques et parfois dangereuses pour les hommes. Il fait très vite l’observation que le monde se résume à des plis. La plante à venir qui, au début, n’est que graine s’ouvrira et se déploiera pour prendre sa taille adulte. A partir de cette idée, l’homme préhistorique, en passe de maitriser et domestiquer l’agriculture, possède en lui cette capacité à perpétrer et à donner la vie.

Jérémie Moreau possède cette capacité à se renouveler sans cesse. Graphiquement mais aussi dans les thèmes qu’il se propose d’aborder. Avec Penss, il reprend une partie de la philosophie de Leibniz pour l’appliquer à son héros préhistorique. Un héros qui va, le premier, bousculer les évidences et se remettre en cause. Qui va surtout comprendre le sens de la vie, perpétuel recommencement, d’une fragilité extrême mais d’une richesse rare. Il faut savoir prendre le temps. Observer l’environnement qui nous entoure pour en comprendre toutes les nuances. Son héros sait s’arrêter, contempler la nature : ses couleurs changeantes, ses formes, ses lumières. Pour mettre en forme cette contemplation le dessinateur travaille en couleurs directes, qui permettent de donner peut-être plus de matière, d’organique à son récit. Un album qu’il faut se donner le temps de lire et de relire pour en saisir toutes les subtilités. Un cru de grande garde.

Jérémie Moreau – Penss, les plis du monde – Delcourt


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