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Focus Polar et Thriller : Un genre largement présent dans l’univers des séries TV
Après le grand, place au petit !

Le MaXoE Festival touche à sa fin, et avec lui son Focus Polar. Après s’être intéressé au genre sur grand écran avec différents dossiers thématiques, mais également via les comics, les BD et les jeux vidéo, il semblait difficile de passer à côté de ce qui prend peu à peu le pas sur le 7e art : les séries TV. Et ce d’autant plus que les polars et autres thrillers y sont légion.

Le petit écran regorge de séries TV policières de qualité. Du polar d’anticipation à l’espionnage en passant par la série judiciaire, il y en a pour tous les goûts. Certaines de ces séries font d’ailleurs partie de la sélection « Séries TV » du MaXoE Festival de cette année (Le Bureau des Légendes, Engrenages, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert et Ad Vitam). D’autres comme Fargo avaient fait l’objet d’une sélection antérieure. D’autres encore – à l’image de la série Top of the Lake de Jane Campion – s’étaient retrouvées en tête d’affiche de nos ‘Instantanés’ lors de leur projection au Festival de Cannes

Récentes ou plus anciennes, encore en production ou déjà achevées depuis quelques années, les séries policières n’ont pas fini de faire le bonheur du petit écran. Et voilà de quoi compléter votre collection !

Le célèbre personnage d’Arthur Conan Doyle a connu de nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles qui n’auront pas toutes laissé un souvenir impérissable. Lorsqu’en 2010 la série Sherlock est arrivée sur BBC One, cette adaptation moderne des aventures de Sherlock Holmes a pourtant tout de suite trouvé son public. La première saison a même remporté le BAFTA Award de la meilleure série dramatique. Il faut dire que les très expérimentés scénaristes de la série, Steven Moffat et Mark Gatiss que les fans du Doctor Who connaissent bien, ont décidé de faire de Sherlock Holmes (Benedict Cumberbatch) un détective consultant évoluant dans le Londres d’aujourd’hui, ayant pour colocataire le docteur Watson (Martin Freeman), un ancien médecin de l’armée britannique blessé en Afghanistan.

Le duo, qui connait parfois quelques remous, fonctionne à merveille, les histoires empreintes de modernité sont suffisamment complexes pour satisfaire les plus exigeants et le rythme est haletant, avec beaucoup d’humour et un esprit décalé très ‘british’. Le tout est soutenu par un soin particulier apporté à une réalisation sans faille. Les acteurs sont remarquables et la musique de David Arnold et Michael Price vient parfaitement compléter l’ambiance. Après des années (que dire, des décennies !) d’adaptations décevantes, ce Sherlock très contemporain n’a pourtant jamais semblé aussi proche du Sherlock créé par Conan Doyle, faisant l’unanimité aussi bien auprès du grand public que des holmésiens pur jus. Un regret cependant : qu’il n’y ait eu que trois épisodes par saison pour seulement  quatre saisons dont la dernière a été diffusée en 2017…

 

La série How to get away with murder (Murder en France) est arrivée en 2014 sur ABC et la cinquième saison a été diffusée en février 2019. Depuis, une saison 6 a été confirmée. Un succès pour la série produite par Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy ou encore Scandal) et Peter Nowalk, avec dans le rôle principal l’excellente Viola Davis (Fences, The Help…) qui a d’ailleurs remporté un Emmy et un NAACP Image Award pour son interprétation d’Annalise Keating.

Keating est une professeure de droit pénal réputée, charismatique et impitoyable, qui sélectionne cinq de ses étudiants les plus prometteurs afin de l’aider dans les affaires dont elle s’occupe en parallèle dans son cabinet. Mais rapidement, on découvre que la professeure au fort caractère est aussi manipulatrice, et que les étudiants semblent eux aussi avoir quelques secrets. Les morts plus ou moins accidentelles vont s’enchaîner, les mensonges et les non-dits prennent alors le dessus sur leurs études et leur vie privée. Au fil des saisons, les affaires se suivent, s’intriquent et tous sont désormais liés par une complicité forcée dont ils ne peuvent se défaire au risque de tout perdre. Les intrigues sont bien montées, les personnalités intéressantes et l’ambiance pesante. Si l’on est tout de suite happé par la première saison, celles qui suivent restent à la hauteur malgré quelques inévitables flottements et longueurs. Le suspense est bien là, avec une réalisation maîtrisée : chaque saison débute par la fin, puis le déroulé de chaque épisode constitué de flash-back ajoute un effet puzzle à l’histoire. À ne pas manquer pour les amateurs de thrillers et séries judiciaires.

 

Si le genre de la série policière est largement dominé par les anglais, les américains et les français – s’ajoutent à la liste True Detective (HBO) et ses saisons aux intrigues distinctes, ou encore Mindhunter  (Netflix) et les origines du profilage – les scandinaves le développent aussi, et plutôt bien. Ils sont en effet à l’origine de l’excellente série Bron, une série suédo-danoise débutée en 2011 et qui en arrive à sa quatrième saison. Son point de départ ? Des crimes aux alentours du pont de l’Øresund reliant Copenhague et Malmö et obligeant les forces de police suédoises et danoises à collaborer. Au regard de son succès, la série connut une transposition américaine – The Bridge – dont l’intrigue se déroule à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, ainsi qu’une adaptation franco-britannique : Tunnel.

Beaucoup plus récemment – puisque la série, présentée en avant-première au Festival de Cannes cette année, est diffusée sur Amazon Prime depuis le 14 juin – le cinéaste danois Nicolas Winding Refn s’est tourné vers le petit écran afin de proposer un objet assez particulier avec Too Old to Die Young. Souhaitant s’affranchir de la contrainte du cinéma qui oblige une certaine limite de temps, Nicolas Winding Refn a profité du format de la série télévisée pour réaliser un film de treize heures. Un film de treize heures divisé en dix épisodes allant d’une heure à une heure trente chacun et qui suivent le quotidien violent d’un officier de police dans les bas-fonds de Los Angeles confronté tour à tour à des tueurs à gages, des yakuzas, des cartels mexicains, la mafia russe et des gangs d’adolescents assassins.

Une fois encore chez Refn, c’est ici la mise en scène qui prime. Une mise en scène jusqu’au-boutiste à l’esthétique toujours aussi travaillée et qui étire le temps à l’extrême. À l’image de ce qu’il fait au cinéma, il faut s’accrocher pour en être tant la proposition est dérangeante ; et en même temps, bien que pouvant rebuter, elle reste terriblement addictive. Si les premiers épisodes peuvent parfois agacer par leur lenteur, la beauté de la mise en scène alliée au mystère omniprésent autour du personnage de Miles Teller réussissent à prendre le dessus et à susciter l’envie de lancer le suivant. L’ensemble bouscule autant qu’il fascine, offrant finalement au spectateur une expérience unique.