Cet opus 2026 a été développé par Screen Burn, anciennement connu sous le nom de « No Code ». Fondé en 2015 à Glasgow en Écosse, le studio tente de fusionner la narration, l’atmosphère et le gameplay dans l’optique de réaliser des softs fascinants. Pour cela, il cherche également une conception sonore et une direction artistique de premier choix. Un mélange entre l’esprit expérimental des titres indépendants et la qualité de production des AAA.
Les membres de l’équipe ont déjà un portfolio à leur actif avec Stories Untold et Observation, les deux titres ayant été à la fois reconnus comme « jeux de l’année » auprès de la presse en ligne et écrite, mais aussi pour un BAFTA en 2017 pour Stories Untold, et celui du meilleur jeu britannique en 2020 pour Observation. En collaboration avec leurs nouveaux partenaires Annapurna Interactive et Konami, Screen Burn nous livre donc leur vision de Silent Hill avec un opus original : Silent Hill Townfall.
Cap sur l’Écosse
À l’instar des locaux du studio, le soft se déroule aussi en Écosse, plus particulièrement dans la ville fictive de St Amelia. On y incarne Simon, réveillé au large des côtes avec une perfusion encore plantée dans son bras. Il a donc atterri à St Amelia, bourgade portuaire abandonnée, mais pas pour autant en paix. Pourquoi est-il ici ? Que s’est-il passé ? Quels sont les secrets de cette ville en proie à un épais brouillard ? Où sont les habitant(e)s ?
Ces questions, et plus encore, se démêlent de manière cryptique au fil de l’avancée et de trouvailles, en résultent une écriture forcément mature avec des thèmes forts et tout ce qui fait le sel des œuvres du genre. En tout cas, les développeurs ont réussi leur coup en proposant une ville fictive très proche du réalisme avec une ambiance totalement happante. Ainsi l’atmosphère ambiante, la mise en scène, et même le son arrive pleinement à nous immerger et nous mettre dans l’angoisse -rappelant au passage un certain aspect Lovecraft-.
Plus immersif
En dehors de la petite expérience de The Short Message, il s’agit finalement du véritable premier opus Silent Hill à pouvoir être joué en vue subjective (FPS). Un choix assumé, qui ne plaira peut-être pas à tou(te)s, mais qui permet justement de se sentir plus happé par ces moments sombres et angoissants à travers cette évolution dans St Amelia. En bref, les développeurs ont gardé un certain respect de la franchise en apportant leur propre vision, et cela fait du bien.
Progresser dans cet univers fictif rempli de brumes, c’est bien évidemment résoudre une flopée d’énigmes à travers des recherches de documents et autres codes secrets à mettre en lumière. Sans évidemment émettre le quelconque spoils, on a vraiment aimé cette partie d’inspection et de trouvaille grâce à des puzzles vraiment bons et gratifiants lorsque l’on arrive à les résoudre. Ceux-ci demandant de bien se creuser les méninges, même si d’autres énigmes s’en retrouvent elles moins à la hauteur et donc moins convaincantes.
De plus, et là c’est une bonne chose, l’exploration disponible est à la fois assez linéaire mais aussi empreinte de liberté. D’ailleurs selon certains éléments que nous omettrons volontairement pour ne pas spoiler, il existe une certaine rejouabilité plaisante si l’on souhaite découvrir le moindre secret que recèle le soft. Et justement pour découvrir ces derniers, on arpente St Amelia avec prudence, il est possible de se « perdre », mais une carte annotée au fil de la progression est là pour nous aider à nous repérer plus facilement grâce à divers points clés.
Ce n’est pas le seul moyen pour avancer au gré de cette brume tenace ! En effet, on tombe rapidement sur ce que l’on nomme un CRTV, autrement dit une sorte de mini télé de poche, rappelant une Gameboy d’un certain éditeur japonais au passage. Complète nouveauté, cet objet peut aussi bien être pris comme facultatif en nous laissant progresser seulement à tâtons et donc nous mener sans défense directement face à l’ennemi et trépasser dans d’affreuses souffrances; soit on l’utilise. Grosso modo, en vous laissant des surprises, ce CRTV permet de rechercher certaines fréquences, ou encore d’apercevoir certaines créatures, le tout avec forcément un son grésillant et des impuretés visuelles comme à l’époque. Une excellente idée donc !
En dehors de cela, il est aussi question de faire attention aux différentes créatures en passant simplement par un axe d’infiltration très efficace, ou alors se préparer à une mêlée. Mais dans ce cas, il faut prendre en considération que les éléments disponibles (les classiques tuyaux,…) ont un seuil de durabilité n’étant pas très élevé. Alors, foncer tête baissée ou prendre de véritables précautions ? À vous de voir. Toujours est-il que les choses se corsent pleinement lorsque l’on joue en haute difficulté, dans ce cas un simple faisceau de lumière peut alerter les créatures aux alentours. On trouve juste dommage que même ce bestiaire fonctionne bien, il est un trop limité en nombre.
Très bonne ambiance
À présent, continuons par l’habituel apport visuel, technique et sonore. Disons-le d’emblée, cette perspective cinématographique rétro -avec ou sans bandes noires selon votre choix- fait directement mouche, arrivant plus facilement à nous immerger dans cet univers issu d’une retranscription de villes écossaise en la présence de la bourgade fictive de St Amelia.
En un mot, le travail sur les décors, et les détails insufflés, incluant les effets visuels dont les reflets en général (eau,…) sont absolument saisissants et bluffant de réalisme, le tout couplé à une direction artistique du tonnerre et très cohérente. Avec une mise en scène, des passages teintés de rouge/pourpres et le bestiaire global, c’est efficace au possible donc !
Musicalement parlant, en commençant par le sound design, on doit dire que l’axe rétro fonctionne à merveille, et cela inclut forcément les objets du quotidien de cette époque, tout comme le CRTV en notre possession. Du côté des thèmes sonores, la partie musicale a été réalisée par « Pilotpriest » de son véritable nom Anthony Scott Burns, avec un résultat remplissant parfaitement son rôle. Enfin, sachez que les voix sont accessibles en anglais ou japonais, et les textes sont en français.
Testé sur PS5 avec un code fourni par l’éditeur


