Générosité et durée de vie colossale sont clairement deux des maîtres mots que l’on peut donner à cette dernière expérience en date ! D’ailleurs, vous le savez si vous nous suivez, on ne le cache pas, nous sommes des adeptes de la franchise Fire Emblem depuis de très très nombreuses années, d’ailleurs nous vous avions proposé diverses critiques incluant Fire Emblem Warriors, Fire Emblem Echoes Shadows of Valentia, Fire Emblem Three Houses, Fire Emblem Warriors Three Hopes ou encore Fire Emblem Engage. C’est donc avec une certaine compétence que nous pouvons vous dire avec certitude que cet opus Fortune’s Weave est l’un des meilleurs volets de la saga.
Des récits plaisants
Ce récit mature et sombre nous emmène dans un monde en proie à l’armée des Limbes, des êtres revenus d’outre-tombe pour semer la destruction partout où cela est possible. Les morts-vivants sont sous la coupelle du dieu-démon Balor, mais dans cet empire de Dadga (en l’an 1454) subsiste un espoir : la renaissance de la Providence en Eshmel (notre avatar), le Corbeau Blanc. D’ailleurs, c’est au cœur de la capitale Dagsion, que la Déesse Fortuna nous attend, plus précisément dans un espace à la croisée du temps.
À partir de là, soit le petit groupe se lance directement à renverser Balor, et là il s’agit clairement d’un affrontement épique pour en découdre, et donc très difficile au vu des infimes possibilités disponibles, soit en choisissant un autre chemin, ou plutôt même quatre, grâce à la présence d’Obélisques dédiés à une salle des Héro(ïne)s des Jeux Olympiques survenus quelques années plus tôt (1449). Le but est ainsi d’altérer leur destin tragique et en faire des allié(e)s pour ce combat de grande ampleur.
Parmi ces guerriers(ères), il y a Cai, jeune adolescent ayant été élevé à la dure par son père, ce dernier étant condamné à mort pour un crime qu’il a commis des années plus tôt. En participant aux Jeux, son fils (Cai donc) espère pouvoir le gracier. De son côté Dietrich, épéiste de son état, a échoué à Dagda à la suite d’un naufrage, il aspire à combattre des Hommes puissants en participant aux Jeux Héroïques. Leda, jeune femme de bonne famille, participe elle aux Jeux dans l’optique de tenter de rendre justice à son père qui a été assassiné par un mystérieux assaillant, et donc le venger en l’affrontant lui-même lors de ces mêmes Jeux. Pour finir, la souveraine Theodora participe à ces Jeux Olympiques pour protéger sa patrie.
Une brochette de guerriers que l’on peut donc suivre à notre guise puisque nous les incarnons nous-mêmes en suivant leur récit respectif. Quatre choix donc, incluant forcément des divergences en fonction de chaque protagoniste, avec notamment de lourdes intrigues politiques, ou au contraire des ambiances plus classiques mais tout autant efficaces et dramatique. En résultent des épopées bien écrites et développées surtout pour les personnages principaux, ainsi que celles et ceux étant assez importants et proches d’eux (considéré comme secondaire), aux multiples personnalités.
On arrive alors à s’investir, à apprécier ce voyage, tout en assistant aux habituels rebondissements, de la densité et la richesse disponible, le tout consolidé par des cinématiques en anime, toujours aussi sublimes soit dit en passant. En outre, n’oublions pas non plus que la relation évolue entre les personnages, octroyant de jolies séquences en plus; comme d’habitude en somme. Petit bémol toutefois, parmi tous ce casting, si les premiers et seconds rôles sont donc bien écrits, on regrette juste que certains personnages (à recruter notamment) ne soient que relégués à un rang plutôt tertiaire et n’en deviennent donc que trop « transparents ». Mais à contrario, on apprécie grandement les multiples références à Three Houses, et ce n’est pas pour rien, cependant, on vous laisse découvrir cela par vous-même.
Un gameplay général généreux avec des activités, un calendrier, des combats rapides,…
Pour son gameplay, Fortune’s Weave place la barre vraiment très haute. Nous avons à la fois des éléments de tradition liée à la franchise, mais aussi la modernité que nous avons pu côtoyer par des épisodes ou Remakes plus récents par exemple. Les habitué(e)s de la saga ne seront donc pas surpris en apprenant que les affrontements de ce nouveau volet sont toujours aussi excellents et profonds -avec de belles nouveautés-, que la préparation/Gestion est encore une fois minutieuse selon la difficulté choisie, l’activation ou non de la mort permanente de chaque unité, mais aussi qu’un calendrier à date butoir régit par un système de « tours » pour gérer les problèmes au quotidien (quêtes,…), renforcer son groupe de membres, etc… ou encore que l’on puisse explorer des lieux tels que des donjons, sont présents.
De ce fait, lorsque l’on choisit un lieu accessible sur une World Map dédiée, on peut le parcourir afin de dénicher des objets, ouvrir des coffres, trouver une autre sortie et ainsi découvrir des endroits adjacents ou encore prendre l’avantage sur les ennemis afin de livrer une bataille. Non pas les traditionnelles escarmouches que l’on connaît bien, mais plutôt des combats rapides, sous la forme de joutes JRPG au tour par tour. On peut ainsi attaquer de manière traditionnelle, se servir de capacités en échange de PMs, ou encore des Enchaînements (utilisant des PE) grâce à deux membres du groupe. Le but étant d’annihiler la partie adverse, et de préférence de façon méthodique, veillez donc à bien choisir vos armes pour infliger encore plus de dégâts. Un système classique, simple et appréciable en somme -même si l’on aurait aimé davantage de possibilités- et qui peut être mis en mode automatique ou tout simplement passer pour celles et ceux voulant « perdre moins de temps » ou n’étant pas forcément à l’aise là-dessus.
Une fois sortie de ces lieux dédiés, on peut repartir vers d’autres pans d’exploration, effectuer des escarmouches et autres rencontres sur la World Map, ou alors retourner au bercail, c’est-à-dire la ville des Jeux Olympiques de Dagsion faisant office de HUB. C’est là que l’on peut rencontrer un « oiseau blanc » permettant d’obtenir des indices, d’échanger des récompenses utiles en fonction de hauts faits effectués, ou alors retourner à la salle des Obéliques pour prendre part à un autre récit du quatuor disponible. À vous donc de voir si vous préférez les entrecroiser ou vous concentrer pleinement sur l’un d’entre eux.
Mais en tout cas, sachez que la ville regorge « d’activités » en tous genres, et que cela diffère aussi en fonction du protagoniste principal du récit : quêtes annexes et autres requêtes à réaliser avant une date butoir précise, renforcement entre protagonistes autour de repas, marchands (armements, consommables,…), envoi pour une récolte de matériaux, recrutement de personnages pour le groupe avec conditions, changement de classes après un examen, entraînement, entre autres. En sachant que la plupart des actions, tout comme celles liées à la World Map consomment ce que l’on appelle des « tours » (un passage de la journée). Et qu’au bout de tous les « tours » indiqués, nous sommes confrontés à la date butoir principale liée à la quête principale. Il faut donc être extrêmement minutieux pour réaliser un maximum de choses possibles en prenant en compte le moment de la journée, mais aussi la Renommée que l’on acquiert au fil des actions réalisées, Renommée servant ensuite à débloquer les services les plus importants et connus de la franchise (promotions de classes,…).
Des affrontements toujours aussi tactiques, avec de belles nouveautés
Parlant de classes justement, celles-ci sont suffisamment variées, profondes et riches pour se faire plaisir, en sachant qu’en gardant celle d’origine, on peut évidemment profiter de plus de types d’armements : arcs, haches, lames, magies,… Par contre, plus l’on souhaite se spécialiser, et plus il faut de maîtrise dans les mêmes domaines, mais aussi certains prérequis spécifiques incluant évidemment une certaine Renommée. Avec ces bases, et les statistiques augmentant en conséquence, il faut aussi savoir que les armes disposent d’un système de durabilité lié aux capacités, tandis que la durabilité liée à la magie s’évapore à chaque utilisation. Pour autant, si une arme « usée » profite de statistiques à la baisse, il arrive parfois qu’elle soit supérieure en dégâts par rapport à d’autres, alors ne les négligez pas non plus ! Il y aurait encore beaucoup à dire dans cette partie, sauf que ce sera à vous d’en faire l’expérience par vous-même, mais comme dit tout à l’heure, l’ensemble reste suffisamment riche, profond et agréable à gérer.
Tout comme les affrontements traditionnels dits « d’escarmouches » accessibles sur la World Map ou tout simplement durant les missions principales du jeu. Concrètement, on retrouve toutes les bases et les subtilités inhérentes aux TRPGs (Tactical-RPG) et plus particulièrement les volets Fire Emblem pour un ensemble toujours aussi riche, profond et tactique.
Ainsi sur une map quadrillée, lors du tour des membres de notre équipe, on peut se déplacer plus ou moins loin en fonction de la classe des personnages, mais aussi de la topographie présente, se cacher dans les herbes/plaines permettant d’être moins exposé et donc d’esquiver plus facilement. En outre, nos placements s’effectuent également en fonction de la portée des frappes d’armes, magies et compétences incluses, ainsi que des « capacités ardentes » des personnages principaux, ces compétences inédites puisant dans la jauge de PV maximale dudit protagoniste l’utilisant -réduisant ainsi son maximum-, mais elles sont nettement plus efficaces en plus d’être des attaques de zone.
Bien entendu, la richesse étendue aux volets Fire Emblem ne s’arrête pas là, il y a le retour d’aide/soutien des Bénédictions -dont on vous laisse le soin de découvrir-, certains types d’armes ont des spécificités spéciales, les épées servant à frapper plusieurs fois, les arcs sont plus à même de « toucher » des unités volantes, sans oublier que le système d’usure (signaler plus en amont de cette critique) est toujours de mise, et l’on en passe. Là encore, on pourrait vous détailler certaines features plus en profondeur, notamment les capacités ardentes, mais il serait dommage de vous gâcher la surprise.
Superbe
Parlons à présent de l’enrobage graphique et sonore du soft. Cette fois encore, nous faisons face ) de sublimes cinématiques en anime, assez nombreuses pour notre plus grand plaisir, alors que l’ensemble in-game profite plutôt d’une réalisation 3D en Cel-Shading. Bien sûr, c’est propre, soigné, en plus d’être coloré, mais sans non plus être flashys et trop tape à l’œil. Ici c’est vraiment bien calibré, avec des portraits de protagonistes plus expressifs lors des dialogues, sans oublier des mouvements de personnages bien réalisés dans leur chorégraphie respective. Pour laisser un léger bémol, on dira juste que les lieux visitables manquent parfois d’un sentiment de vie -plutôt les donjons d’ailleurs-, mais l’ensemble reste stable avec une technique disposant d’un verrouillage à 30FPS.
Si les visuels, la D.A et les cinématiques nous ont donc plu, la partie sonore est tout simplement excellente avec des thèmes musicaux apportant une très belle immersion dans cet univers, aussi bien avec des sonorités mélancoliques que des moments plus pêchus. Enfin, sachez également que les doublages, de très bonne qualité, sont disponibles en anglais ou japonais, et les textes/sous-titres sont accessibles en français. Du tout bon en somme !
Testé avec un code fourni par l’éditeur










