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Cinéma / DVD
Gatsby le Magnifique : « Who is this Gatsby ? »

Appréciation de MaXoE
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Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Douze ans ce sont écoulés depuis que l'excellent Moulin Rouge ! avait fait l'ouverture du Festival de Cannes. Son réalisateur - Baz Luhrmann - revient inaugurer ce rendez-vous du 7ème Art avec une nouvelle adaptation du célèbre roman de F. Scott Fitzgerald. Pour l'occasion, il retrouve Leonardo Di Caprio dix-sept ans après lui avoir offert le rôle de Roméo. Cette fois-ci, c'est à un autre amoureux fou que l'acteur prête son talent. Magistralement !

Gatsby Leo Une 

Gatsby Affiche

New-York. Été 1922. Le trafic d’alcool – conséquence de la prohibition – bat son plein aux côtés de la montée du jazz et d’une certaine libération des mœurs. C’est dans cette atmosphère bien particulière et vaporeuse que débarque Nick Carraway (Tobey Maguire), un ancien étudiant de Yale dont l’ambition était de devenir écrivain. Mais ayant conscience que cette condition d’artiste ne lui permettra pas de vivre correctement, il se résigne. Il trouve donc un emploi dans la finance. Et devient agent de change. Ce qui lui permet de payer la petite masure qu’il s’est dégoté dans la zone résidentielle très huppée de Long Island. Plus précisément à West Egg. 

East Egg. De l’autre côté de la baie. Dans une demeure luxueuse, Nick retrouve sa cousine germaine – Daisy (Carey Mulligan) – qui a épousé l’un des plus beaux partis de la ville, si ce n’est du pays, Tom Buchanan (Joel Edgerton). Le mari est volage, et la cousine semble s’être soumise à cet état de fait, passant le plus clair de son temps avec son amie golfeuse professionnelle – Jordan Baker (Elizabeth Debicki). C’est par eux que le nouveau venu entend parler pour la première fois de son voisin, un millionnaire connu sous le nom de Gatsby (Leonardo Di Caprio). Il vit dans une maison (plutôt un palace même) plus que somptueuse dans laquelle il donne régulièrement des réceptions plus grandioses les unes que les autres. Et où le tout New-York se retrouve (acteurs et actrices en vogue, hommes politiques, financiers, etc.) pour en profiter. 

Un jour, Nick Carraway reçoit une invitation de cet homme plus qu’intrigant. Qui est-il vraiment ? D’où lui vient toute cette fortune ? Les rumeurs les plus folles courent à son sujet et Nick va tenter de démêler le faux du vrai afin de dissiper le mystère qui entoure Jay Gatsby. D’autant que sa jeune et belle cousine ne semble pas être indifférente aux choix du gentleman. Comme si cette opulence était là pour attirer son attention. A elle. Comme si la volonté d’engranger une telle fortune lui était destinée. A elle. Comme si l’endroit où il a élu domicile lui avait été dicté. Par elle. Ou pour elle…

Gatsby Maguire

 

Une mise en scène baroque…

A l’instar de la démesure de son personnage principal, tout dans ce film est extravagant. On y retrouve aussi l’empreinte de son réalisateur. Ce qui avait fait la particularité de Moulin Rouge ! Un jeu sur les couleurs, avec des teintes extrêmement vives. Autant au niveau des décors que des costumes. Et tout ceci atteint son paroxysme lors des fêtes excentriques données par Jay Gatsby. Elles sont tout simplement grandioses ! Et d’autant plus sublimées par une 3D ni trop, ni trop peu présente. Elle est au service du film. Et non pas l’inverse comme cela peut être le cas parfois. 

Mais plus que ces seules réceptions, c’est l’esthétisme général du film qui est tape-à-l’œil. Cela pourrait être un défaut. Et cela ne plaira sans doute pas à tout le monde, car l’univers de Baz Luhrmann reste très particulier. Totalement insolite, oui. Et surtout totalement assumé. Tout va très vite. Les plans sont furtifs. La caméra tourne dans tous les sens. Ce côté que l’on pourrait qualifier de « bling bling » est clairement affiché. Tout comme une multitude d’anachronismes, principalement au niveau de la bande-originale. A l’image de Moulin Rouge ! (encore !) – où du Police version tango côtoyait du Queen ou encore du Elton John eux aussi revisités, alors que l’histoire se déroulait à l’aube du XXème siècle – l’on retrouve des titres plus qu’actuels. Le fait que du Beyoncé Knowles ou encore du Lana Del Rey viennent s’ajouter au jazz de l’époque peut surprendre. Pourtant, cette BO produite par le rappeur Jay-Z se marie finalement plutôt bien à l’ensemble.

Quant aux acteurs, eux aussi ont – pour l’essentiel – adopté un jeu se faisant le reflet de cette ambiance fantasque. A la limite du théâtral. Seul le personnage de Tobey Maguire reste dans la sobriété. Ce qui s’explique par le fait qu’il évolue dans un milieu auquel il n’appartient pas. Il conserve donc une certaine distance, d’autant qu’il est le narrateur omniscient du scénario. C’est lui qui le déroule devant les yeux du spectateur. Il est donc un personnage à part entière puisqu’il prend place dans l’intrigue, mais en même temps l’œil extérieur qui vient analyser les événements a posteriori. Et nous livre tout le désenchantement du monde qu’il découvre. Car cette histoire n’est rien de moins – au sens théâtral du terme – qu’une tragédie…

Gatsby Leo Mulligan

 

 … pour un drame Shakespearien

Avec Gatsby le Magnifique, Baz Luhrmann montre une fois de plus où se situe son créneau. Sur le terrain des relations amoureuses. Si possible compliquées, voire tragiques. C’est en tout cas un thème récurrent chez lui. Tant dans La Trilogie du Rideau Rouge – dont font partie Moulin Rouge ! ainsi que son adaptation contemporaine de la célèbre pièce de William Shakespeare, Roméo + Juliette – qu’au niveau d’Australia.

Ici, cela passe d’abord par le narrateur. Et le ton est donné dès les premières minutes du film. Il est psychologiquement entaché par ce qu’il a vécu à New-York au point de devoir se faire soigner. Et sa thérapie va passer par le fait d’écrire son histoire, ou plutôt l’histoire de ce Gatsby dont il a fait la connaissance et qu’il continue à considérer comme l’une des personnes les plus enclines à l’espoir qu’il n’ait jamais connu.

Car oui, notre Gatsby (le magnifique) est plein d’espoir. Il est d’un optimisme sans faille. Optimiste dans l’amour qu’il porte à Daisy. Optimiste dans le fait qu’ils se retrouveront forcément un jour. Et sa chute n’en est que plus cruelle. Leonardo Di Caprio campe ce rôle à la perfection. La première demi-heure, il se fait attendre. Désirer même. On ne l’aperçoit que furtivement. Une ombre. Une chevalière. Rien de plus. Puis, il se révèle au personnage de Nick Carraway en même temps qu’au reste du monde. Il évolue avec une aisance folle. Et pourtant, le voilà tout à coup extrêmement gêné lorsqu’il revoit Daisy après toutes ses années. Toutes ses années où il a fait fortune pour elle. Où il a acquis cette demeure de l’autre côté de la baie où elle vit pour garder un œil sur elle. Où il a donné ses opulentes soirées dans le seul but qu’elle le remarque. Mais après le malaise, les cinq ans de séparation disparaissent et la passion est là. De nouveau. Intacte. Enfin, c’est ce qu’il croit. Et ce qu’il croira jusqu’au bout.

 

Appréciation de MaXoE
9Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Encore une fois donc, Di Caprio époustoufle par son talent. Par cette manière si subtile de passer d’un état à un autre. Rien que pour lui, le film est une réussite. Quant au réalisateur, il signe ici une adaptation sur laquelle il appose clairement sa marque. Tout est maîtrisé de bout en bout. Et le reste des comédiens sert parfaitement cela. Après, le style plaît, ou il ne plaît pas !
ON A AIMÉ !
- L'esthétisme si particulier
- Le rythme
- Le côté Shakespearien
- Les acteurs
- Leonardo
ON A MOINS AIMÉ...
- Un ou deux plans inutiles
The Great Gatsby
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Baz Luhrumann
Scénario : Baz Luhrmann et Craig Pearce, d'après le roman de F. Scott Fitzgerald
Casting : Leonardo Di Caprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan, Joel Edgerton, Elizabeth Debicki,...
Durée : 2h 22min
Genre : Drame
Sortie en France : 15/05/2013
Sortie aux Etats-Unis : 10/05/2013
Musique : Jay-Z
Distribution : Warner Bros.
Production : Bazmark Films et Red Wagon Productions