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Des champignons pour contrôler la météo
Ou comment les spores catalysent la formation des gouttes de pluie

mushroomS’il y a un fantasme techno-scientifique à la mode, c’est bien celui du contrôle du climat. Ah, on aimerait pouvoir contrôler le temps, la température, voire même les intempéries !

Et bien sachez que nous ne sommes pas les seuls à vouloir faire ça. Et on est à la bourre, car certains savent déjà comment faire.

De quoi parlons-nous là ? Des petits hommes verts ? De dieux barbus en toge, tirant des éclairs du haut de leur nuage ? Non, nous parlons des champignons.

Si vous n’êtes pas un mycologue averti, vous savez probablement peu de choses sur les fungi, et c’est bien excusable tant on en entend peu parler (si ce n’est dans des recettes de poêlées automnales). Mais notre ignorance ne les empêche pas d’être, au sens propre, omniprésents.

Par exemple, saviez-vous que des millions de tonnes de spores sont chaque année dispersées dans l’atmosphère. Oui, dans l’atmosphère, c’est-à-dire très loin au-dessus de leur petit pied de champignons (et des nôtres).

Pour réaliser cet exploit, les champignons catapultent leurs spores en l’air, en prenant soin de d’abord l’enrober d’une goutte d’eau condensée. Cela s’opère grâce à un produit chimique dont les spores sont enduites, une sorte de sucre appelé Mannitol qui a la capacité d’absorber l’humidité de l’air. Puis l’eau s’évapore en tractant les spores avec elle, qui se retrouvent alors la tête dans les nuages.

Comme la spore qui décolle

Une fois la haut, on pensait que les spores profitaient simplement de la vue jusqu’à la prochaine averse. Mais des chercheurs d’Oxford (Ohio, USA) sont allé observer nos spores jusque dans leur intimité nuageuse, les soupçonnant de pouvoir provoquer la pluie.

Ils ont utilisé la méthode au nom peu poétique de « Microscopie électronique à balayage environnemental », qui permet d’étudier les propriétés d’éléments biologiques non traités, autrement dit de spores dans de la vapeur d’eau. Pour simplifier, cela consiste à reproduire en intérieur un nuage soyeux, que l’on peut ensuite farcir à loisir de spores de champignons, puis de regarder ce qu’il s’y passe.

Ils ont ainsi découvert que le Mannitol qui sert au catapultage des spores est toujours présent une fois dans les cieux. Même dispersées, éloignées les unes des autres, nos graines de champignons vont continuer d’attirer et d’absorber l’eau alentour.

Des gouttes plus grosses vont se former. Ces gouttes vont en rencontrer d’autres, elles aussi agrégées autour de spores, formant des gouttes encore plus grosses, et ainsi de suite jusqu’à l’inexorable chute : l’orage.

Du décollage à la goutte de pluie

En résumé, les spores sont un parfait catalyseur de formation de gouttes de pluie dans les nuages. Elles pourraient ainsi fortement contribuer aux précipitations, surtout comme le disent les chercheurs dans des écosystèmes riches en champignons.

Et pour nous, qui ne sommes ni champignons ni spores, qu’en est-il ? Les auteurs insistent sur les problématiques de climat et d’écologie. Leur étude pourrait notamment être importante pour accroitre les chances de sauver les forêts qui dépendent de fortes précipitations.

Morale de l’histoire : sauvez un arbre, plantez un champignon.

 

Mushrooms as Rainmakers: How Spores Act as Nuclei for Raindrops. Maribeth O. Hassett , Mark W. F. Fischer , Nicholas P. Money . PLOS One, October 2015. DOI: 10.1371/journal.pone.0140407