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Festival des Arts Martiaux 2018 : Casses rythmées, des coulisses au spectacle
Les Maîtres maîtrisent le show !

Cette année encore, Tadam et Bourbon Kid, tous les deux pratiquants d’arts martiaux vietnamiens (et de savate pour Bourbon Kid) ont tapé l’incruste au Festival des Arts Martiaux pour découvrir ou redécouvrir plus de 30 disciplines. Vos deux dévoués (et chanceux) serviteurs ont pu assister aux répétitions et l’accueil de l’équipe organisatrice a été plus que chaleureuse. Il faut dire qu’on était un peu (très) déçus de ne pas avoir le droit de filmer cette année (exclusivité SFR oblige). Et cette année encore vous avez pu suivre les répétitions en direct sur notre compte Twitter @MaXoE. Maintenant, place au dossier complet !


Les répétitions d’après Bourbon Kid

Assister aux répétitions est un sacré privilège pour deux petits lyonnais comme nous. Nous sommes devant le tapis, les répétitions ont commencé, le timing est précis ainsi que les gestes techniques de chaque discipline.

Jeu de lumière, musique, entrée et sortie sont les ingrédients en plus qui permettent la réussite du festival.

Le moment que je préfère est lorsque je peux flâner dans la salle d’échauffement où je peux interviewer les démonstrateurs (ou plutôt « taper la discussion » d’après Tadam et augmenter sa collection de selfies).

Les représentants de la boxe française étaient d’une humeur débordante. C’était leur première apparition au Festival, et ils étaient accompagnés de la Savate défense et de la canne française. Il n’y avait que des boxeurs titrés nationaux et internationaux : Enoch Effah, Rim Ridane… Et pour la partie défense : José, Ludovic et Christian. Tous des athlètes accomplis qui représentent notre disciplines made in France.

De plus, cette année est exceptionnelle : notre école Tay Son Do Dao est sur le tapis, 23 ans après leur dernière représentation.

L’Aïkido

L’équipe Russe, comme d’habitude a fait le spectacle. C’est difficile de faire du synchronisé, mais ils y arrivent (presque) parfaitement !

Nous avons aussi assisté à un beau duo par Leo et Issei Tamaki. Une démonstration toute en fluidité qui a été religieusement regardée (et admirée).

Les arts martiaux chinois

Nous avons assisté ici à du bon et du moins bon. Les moines de Shaolin présents comme presque chaque année, se sont démarqués des années précédentes par des casses impressionnantes, notamment avec celui qui cassait des pavés avec ses doigts comme nous on coupe du saucisson avec un couteau. Sauf que ce n’était pas un saucisson, et qu’il n’avait pas de couteau.

Le champion du monde Léo Bénouaich et son équipe nous ont fait une démonstration classique. Mais ils auraient pu faire un effort sur leur tenue. C’est un festival quand même, c’est du spectacle.

La surprise est venue de Maître Yuanlimin qui nous a fait une superbe démonstration de Kung-Fu Wudan. Il a même laissé Bourbon Kid sans voix ! Un superbe tao, plein de grâce et d’énergie. Il était seul sur le tatami et il n’avait besoin de personne d’autre.

La savate et la canne de combat

Comme l’a déjà précisé Bourbon Kid, la boxe française ou savate était présente pour la première fois au festival, ainsi que la savate défense et la canne de combat. La canne française avait déjà fait une prestation en costume d’époque. Cette fois-ci, ils ont fait une première partie en costard-cravate en commençant lentement avant d’accélérer et de nous en mettre plein la vue. La deuxième partie était en tenue de combat. Parce que oui, il y a des compétitions de canne. Et il faut être souple (et jeune) pour faire ce qu’ils font. Même si Bourbon Kid vous dira que non, la jeunesse n’est pas nécessaire, mais personnellement je me vois mal faire ce qu’ils font !

La savate défense nous a fait une jolie démonstration costumée. Certaines personnes sont faites pour jouer la comédie, et un des participants était à fond dans son rôle de lascar. C’était très amusant !

L’école Tay Son Vo Dao

De belles casses éxécutées par Maître Chau et Edward Tabet ont impressionné le public. J’ai entendu quelqu’un demander s’ils avaient des prothèses au moment de la casse des tuiles avec deux doigts et un autre s’exclamer « il est fou » sur un ton horrifié quand le pied de Maître Chau s’est retrouvé en sandwich entre plusieurs tuiles… Les spectateurs ont apprécié leur prestation et pour nous pratiquants de cette même école, c’est très agréable à entendre !

Je regrette toutefois le manque de présence féminine en action…

Les arts martiaux japonais

Le Kyokushinkai est présent comme à chaque fois à ce festival. Les combats sont toujours impressionnants, surtout quand on entend le bruit des coups portés. Ils ont aussi fait de belles casses. Par contre, les passages en groupe étaient un peu simples. C’est toujours impressionnant de les entendre crier tous ensemble. Mais ils ont déjà fait mieux lors des précédentes éditions.

Comme chaque année, Maître Aosaka et son équipe nous ont fait une belle démonstration du Shorinji Kempo. Et ce qui a le plus impressionné le public, ce sont les face à face où les coups sont portés pour de vrai, ceux où l’opposant porte un casque à bulle pour se protéger le visage, ce qui permet aussi d’entendre le bruit des coups. Et comme chaque année Maître Aosaka et son équipe ont rencontré le succès.

Eux aussi présents chaque année, avec un numéro renouvelé à chaque fois, le Kempo Bulgare (ou Bulkempo) séduit toujours. Son fondateur, Velin Hadjolov, s’est même laissé aller à un peu d’humour, ce que le public a forcément apprécié ! Jusqu’ici la danseuse n’avait qu’un rôle décoratif, là, elle avait une place plus importante.

Maître Seiyu Nakamura nous a présenté le Kobudo d’Okinawa ainsi que ses armes traditionnelles dont la rame, le trident, le bouclier… C’était varié et j’ai beaucoup aimé le côté traditionnel, presque « historique ».

Le jiujitsu brésilien était représenté par deux combattantes américaines : Leticia Ribeiro et Beatriz Mesquita. Elles nous ont fait une belle démonstration qui montrait qu’il n’est nullement nécessaire d’avoir des muscles imposants pour pratiquer.

Le challenge Bruce Lee ou les arts martiaux artistiques

Bourbon Kid et moi-même n’aimons toujours pas ce challenge, malgré les années qui passent et malgré les démonstrateurs qui changent à chaque fois. Mais cette année, c’était pire que les années précédentes. Comparer des adultes avec des enfants n’est pas chose aisée. On voit l’expérience et la maturité des adultes, leur présence sur scène. Et on voit les enfants, qui ont appris leurs mouvements par coeur mais qui manquent de présence et de maturité. C’est pour ça que je ne valide pas de mettre dans un même concours des adultes et des enfants. Pour moi Soraya Wahjudi était gagnante. Elle était fluide, puissante et technique. L’autre participant adulte Roman Volak a malheureusement fait tomber son arme, mais ce n’était pas son seul défaut, il criait un peu trop à mon goût. Personne ne lui a dit que crier après le coup ne sert à rien ?

Casey Calabert a fini en 1/2 finale de l’émission La France a un incroyable talent 2017. A mon avis, c’est la seule raison pour laquelle il a remporté ce challenge. Sa prestation n’avait rien d’exceptionnelle et il manquait totalement de présence et de charisme. Il a fait du Kung-Fu, rien d’autre. L’autre enfant, Max Miller était peut-être moins technique mais on ressentait qu’il avait plus d’expérience. Et si on veut absolument comparer des adultes avec des enfants, je me souviens d’une petite écossaise qui, elle, malgré son jeune âge, avait mérité sa première place. Elle était impressionnante…

Le Penchak Silat

Comme chaque année, l’académie de Franck Ropers était présente. Et il nous ont fait une démonstration classique. Je ne serai pas contre quelque chose de différent pour la prochaine fois. Nous avons aussi assisté à une belle prestation de Silat Open Circle par Alvin Guinanao avec des positions basses, de la fluidité.

Mais j’avoue que j’ai surtout retenu la prestation De Cecep Rahman et son équipe. Si ce nom ne vous dit rien, c’est que vous n’avez pas vu le film The Raid 2 que je vous conseille fortement. Pas pour son histoire mais par ses combats !

Gatka

Et comme chaque année, le festival s’est terminé en musique, par une prestation vive et entraînante. Sauf que cette année, nous avons découvert le Gatka, ses armes originales, ses tenues virevoltantes et son rythme endiablé ! C’était la découverte du festival, l’art martial inconnu (de nous, en tout cas). Le Gatka a été créé par les Sikhs au 18e siècle qui étaient à l’époque en lutte contre l’empire Moghol.

Et le reste…

Comme les autres fois, nous ne vous parlons pas de toutes les prestations. Pas parce que nous ne les avons pas aimées (même si certaines…), pas parce que certains sont là à chaque fois et qu’ils font la même chose à chaque fois (quoique…). Mais parce qu’on ne pas forcément parler de tout. Je vais quand même parler du Muay Boran. Leur prestation était… Intéressante, je ne vois pas d’autre mot. L’idée de raconter une histoire était bonne, très bonne même. Mais le personnage principal était tellement musclé que les gens n’ont eu d’yeux que pour sa musculature, ils ont raté l’histoire et c’est bien dommage. Et est-ce que je vais parler de la casse faite en grand écart facial entre deux chaises ? Non, il ne vaut mieux pas… Même si j’ai une petite photo…

Au final, cette 33ème édition du Festival des Arts Martiaux est dans la lignée de la précédente édition. Du connu, du moins connu, de l’inconnu même et beaucoup de casses impressionnantes. Merci aux organisateurs pour la qualité de leur accueil.

Et sinon, à quand une visite de Master Ken, fondateur de l’Ameri-Do-Te ?

https://twitter.com/MaXoE/status/977611504735473664