Gears of War – E-Day : Un très bon retour

La série lève enfin le voile sur le Jour de l’Émergence

Il aura fallu attendre près de sept ans pour enfin découvrir le Jour de l’Émergence de la série Gears of War. Comme beaucoup de softs avant lui, la célèbre franchise tenait à mettre en lumière le début des événements marquants de la guerre contre les Locustes. XBOX signe avec ce volet une véritable beauté de vitrine technologique mais pour autant, l’essence de la saga est-elle bien présente ? Quid du scénario et du gameplay ? On vous en parle au cours de cette critique.

Note de MaXoE Vote des lecteurs
8 / 10

Gears of War, c’est une série que l’on affectionne particulièrement, autant pour ses personnages, que son Lore et bien évidemment son gameplay qui ont fait le sel de la saga. Mais aussi pour ses doublages emblématiques ! Une première trilogie très appréciée par les fans et la communauté, parfois au contraire de certains des volets suivants. Et c’est bien dommage parce que le récit encadré par les progénitures de nos héros a certes de l’allure et une trame plutôt bien ficelée (même s’il faudra attendre GoW6 pour la véritable finition), mais demeure moins charismatique que Marcus par exemple. Toutefois, Gears of War 4 et Gears 5 ont su apporté de la nouveauté à un gameplay déjà bien rodé, on pense notamment à une ouverture pour passer à un pseudo monde ouvert ou plutôt de grandes zones semi-ouvertes. De son côté, E-Day, bien que préquelle à tous ces événements, entend aussi porter sa pierre à l’édifice.Le cauchemar commence

Comme nous le disions en amont, ce récit relate le Jour de l’Émergence -soit quatorze ans avant le premier GoW-, et ainsi l’arrivée de la Horde Locustes. Pour situer le contexte, nous retrouvons Marcus Fenix et Dominic « Dom » Santiago dans leurs jeunes années, alors que les Guerres Pendulaires ont pris fin il y a peu.

Seulement, plutôt que de célébrer et de continuer à s’interroger sur leur avenir, une entité inconnue -que nous connaissons depuis sous le nom de Locustes- commence à massacrer et détruire une bonne partie de la ville de Kalona. Les deux soldats, ainsi que le cadet Lucas Reyes, et la vétérane Mags Carter, cherchent à repousser l’invasion avec leurs moyens et celles de leurs allié(e)s. Une nouvelle guerre sans précédent débute alors…

Forcément, quiconque a déjà posé un jour les mains sur un volet Gears of War connaît déjà les tenants et aboutissants de cette épopée. Pour autant même en connaissance de cause, la curiosité, la mise en scène générale, les réactions face à l’envahissement et l’axe spectaculaire nous ont donné envie de découvrir cet « envers du décor ». Relater le Jour de l’Émergence apporte toutefois quelques facilités, notamment sur notre Lanzor préféré qui aurait mérité un traitement moins expéditif, tant cette arme est importante pour la série. Mais pour le reste, on retrouve cette essence « Gears » que l’on apprécie tant entre ce quota de vengeance, cette brutalité, cette fraternité ou encore cette noirceur et tout ce qui se tourne autour de cette guerre.

De plus, les membres du quatuor ont eux-mêmes leur propre moment de lumière et il est intéressant de constater les blessures psychologiques de ces soldats de guerre. D’ailleurs, on regrette juste un peu que certains pans ne soient que cachés dans des documents facultatifs à dénicher alors qu’ils apportent une profondeur supplémentaire et certaine pour s’attacher encore plus aux personnages; et ce d’autant que le rythme général du récit est plutôt bon dans l’ensemble.

Joussif, nerveux avec des nouveautés

C’est donc dans cette période et ce contexte aux allures très cauchemardesque -parfois on se croirait même dans un jeu Survival-Horror- que l’on parcourt le terrain de jeu qu’est Kalona. Alternant entre passages linéaires avec une certaine grandeur, à des quartiers plus ouverts avec en plus des collectibles à dénicher, des missions annexes à réaliser ou encore des équipements/mods à trouver. Et donc plutôt qu’un apparat hivernal et de multiples lieux dans Gears 5, ici nous avons affaire à une ville tout ce qu’il y a de plus classique, et même si les dégâts des lieux sont visibles au fil de l’avancée de la trame, forcément, on s’aperçoit de certaines redites -contexte oblige- ce qui pourra agacer les réfractaires de l’urbain.

Les développeurs ne nous ont pas laissés sur un terrain de jeu tel quel, mais en ont profité pour amener du neuf en plus des spécificités de gameplay, déjà très fun et appréciable, connu au fil de la franchise, incluant le cover-shooter, de belles pétoires styles Lanzor, Kaomax, et consorts, en bref un armement assez efficace en somme. Mais on a aussi le fait de pouvoir transformer ses armes et donc les améliorer de façons diverses et variées pour modifier son style de jeu à sa guise. Des choses que nous vous laisserons découvrir par vous-mêmes, mais qui n’entachent absolument pas le plaisir de jeu, bien au contraire.

Kalona n’est pas en reste et profite d’un Level Design taillé en conséquence afin d’être plus vertical et permettre à nos protagonistes de se mouvoir encore plus aisément et même se servir de sauts -et pas juste par-dessus les obstacles en cover-shotter comme on le faisait traditionnellement. Avec ça, on met plus de stratégie en place sur le contournement ou le fait de prendre les opposants à revers, voire de demander à nos allié(e)s, on peut jouer jusqu’à deux en local via split-screen ou jusqu’à quatre en ligne, de se « planquer » façon sniper pour dégommer les cibles les plus embêtantes et difficiles à déloger. D’ailleurs le bestiaire reste franchement sympa avec quelques « nouveaux » -même si forcément limité-, et le feeling pad en main est carrément jouissif et nerveux avec encore plus de moments viscérale, de gore et d’agilités pour nos soldats dus aux nouveaux mouvements.

Multi : Horde Siege,…

Faisons un petit détour par les modes de jeu Multijoueur présents sur le soft. Nous avons donc un mode Versus en 4vs4 -muni de plusieurs cartes- proposant des parties classées, du Team Deathmatch profitant désormais d’une réapparition dynamique, Demolition, ou encore Conquête étant une évolution du Roi de la Colline.

Vient ensuite le mode Horde, la Horde Siege correspondant au remplissage de plusieurs objectifs avant évacuation pour trois escouades de quatre personnes; ce qui rappellera forcément d’autres jeux du même style, d’autant que l’on a accès à des spécialités telles que l’Assaut, plutôt adepte des affrontements à moyenne portée, le Médecin pour les soins, et bien sûr le Sniper ou Tireur d’élite pour les longues distances.

Il y a évidemment des spécificités propres que l’on vous laisse découvrir, mais aussi trois choix de « missions » Horde afin de répartir plus équitablement le temps disponible devant vous. D’ailleurs à ce sujet, les novices et les habitué(e)s du mode Horde un peu plus traditionnel et classique, le retrouvent avec une dizaine de vagues à repousser, même si dans les faits, on le trouve trop proche de Horde Siege.

En bref, avec les nouveautés dédiées au gameplay, on profite de maps avec une bonne dose de verticalité, et des ajouts très appréciables. À voir sur le long terme avec des rajouts de cartes -vu que Horde est peu fourni, à force cela fait répétitif-, mais pour le moment, on adhère tout de même. On attend quand même de retrouver également un mode Horde tout à fait classique, question d’habitude et de feeling sans doute.

 

Absolument superbe

À présent, comme le veut la tradition, parlons de la partie graphique, technique et sonore. En quelques mots, on peut dire que ce nouvel opus, entièrement réalisé sous le moteur Unreal Engine 5, est une pure claque, encore plus qu’avant, alors que le travail était déjà splendide.

Clairement le soin apporté est magistral, le titre pullule de détails et de cohérence face aux événements et cette arrivée impromptue des Locustes via une ville à moitié détruite et les horreurs qui en découlent, des cadavres, de l’hémoglobine, sans oublier la flopée d’effets pyrotechniques en tous genres, effets de lumières, vision de nuit et des personnages aux traits bien modélisés et soignés.

Précisons au passage que l’on peut choisir entre trois modes graphiques, à savoir la Qualité en 30FPS ou alors le mode Performance à 60FPS, un must pour ce genre d’expérience, cela va sans dire. Le troisième mode, lui, propose un condensé des deux premiers avec une fréquence à 40FPS à condition d’avoir le matériel requis.

Avec ce très beau tableau, la partie sonore l’est tout autant. Pour E-Day, les thèmes musicaux proviennent d’Adam Lastikwa, dont on déjà côtoyé les travaux sur Gears 5 – Hivebusters (le DLC scénarisé), ou encore la série Netflix « Travelers ». Ici, nous sommes complètement conquis avec des musiques comme on les aime (bien rythmées, pêchues ou plus calmes), profitant même d’élans de basses électriques par exemple. En bref, une excellente partition.

Pour finir, la version française n’a pas été laissée de côté. Effectivement, celle-ci est bien présente et sans fruit de l’IA. Autant dire que les amateur(trice)s de la langue de Molière seront ravis; et ce même si l’absence de Thierry Mercier et José Luccioni (interprétant respectivement Dom et Marcus), tous deux nous ayant quittés il y a quelques années, se fait sentir. Si le casting général tient la route en restant de qualité, avec un Dom plus jeune et appréciable dans ses intonations (sa nouvelle voix fait le job), le « remplaçant » de Marcus, même s’il réussit à tenir son rôle, ne peut échapper à la comparaison, et ce d’autant que son ton a du rester proche de son prédécesseur. Rassurez-vous, vous vous y ferez à la longue. En somme, c’est du bon travail global.

Testé sur Xbox Series X avec un code fourni par l’éditeur

Note de MaXoE Vote des lecteurs
8 / 10

Dire qu’on l’attendait est un doux euphémisme. Avec E-Day, ce retour de Gears of War est tout simplement marquant ! Non content de s’offrir une plastique de rêve, le soft apporte un récit à la fois sombre et forcément mature que l’on suit sans aucun déplaisir, tant on fut happé par le travail fourni (mise en scène, moments sombres,…) et la qualité globale narrative (doublages inclus). À cela s’ajoute les nouvelles prises de risque, il faut comprendre par là que les mouvements inédits de nos soldats, ainsi que les pétoires rendent l’ensemble encore plus jouissif qu’avant et tout aussi nerveux. Il y a bien quelques petites retouches à faire, mais on passe très facilement outre tant on qualifie ce nouvel opus d’excellent mais aussi de concurrent sérieux au titre de notre prochain MaXoE Festival.

On a aimé !

  • OST
  • Visuels sublimes
  • Ambiance
  • Narratif
  • Les ajouts du gameplay
  • Jouissif et nerveux comme d’habitude
  • Jouable en split-screen (à deux) ou en ligne à quatre
  • Les zones à explorer
  • L’essence Gears est bien là

On a moins aimé...

  • Bestiaire un peu limité malgré tout
  • Certaines « redites » pourront déranger
  • On aurait aimé un vrai retour de classiques de certains modes Multi
ÉditeurXBOX Game Studios
DéveloppeurThe Coalition
GenreTPS
Support(s)PC, Xbox Series
Nombre de Joueur(s)1 / 1 à 2 / 1 à 4 / 1 à 12
Sortie France06/10/2026