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Resident Evil 7 : le retour gagnant ?
L'horreur version Amérique profonde !

NOTE DE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
La sortie d’un Resident Evil constitue toujours un petit évènement dans le monde vidéoludique ou du moins suscite de fortes attentes chez les gamers aguerris. Il faut dire que la licence fait résolument partie des légendes de cette industrie du divertissement et a posé les bases du survival horror sur lesquelles se sont appuyés de nombreux hits comme Outlast, Silent Hill ou plus récemment Until Dawn. Cependant, les adaptations cinématographiques « what the fuck » essentiellement destinées à promouvoir la plastique avantageuse de Mila Jovovitch, et des derniers opus délaissant l’atmosphère horrifique pour le tir aux pigeons avaient peu à peu relégué Resident Evil au rang de franchise moribonde. Mais les légendes ne meurent jamais et ce tout nouvel épisode, septième du nom, pourrait bien séduire à nouveaux les amateurs de sensations fortes et replacer la saga sur le tout devant de la scène.

Un virage à 180°

Depuis l’excellent quatrième épisode, le gameplay proposé par les Resident Evil (ou Biohazard pour les anglophiles) avait délaissé l’exploration fébrile d’environnements angoissants,  émaillée de quelques montées d’adrénaline, pour de l’action pure et dure transformant tout cela en jeu de massacre à base de headshots.  Le summum de cette logique avait été récemment atteint avec Umbrella Corps qui cédait clairement aux sirènes du jeu de shoot compétitif. Nous étions rendus bien loin des impératifs de mystère et d’angoisse inhérents à tout survival horror qui se respecte. Au point de perdre en route tout un contingent de joueurs un peu désespérés par l’orientation arcade prise par la série. Affirmons-le d’entrée, Resident Evil 7 procède à un virage radical et revient aux sources qui ont fait le succès des premiers épisodes. Dès les premières minutes, on comprend que les développeurs de Capcom ont revu intégralement leur copie pour proposer un vrai jeu horrifique dans lequel l’action, sans être absente, ne vient pas gommer la tension et les frissons épidermiques qui s’imposent. C’est aussi une rupture nette dans le schéma scénaristique qui relie les différents opus. Je vais être honnête : cela fait bien longtemps que je me suis perdu dans les méandres et les entrelacs de cette trame dans laquelle viennent s’entrechoquer les destins croisés de Chris Redfield, de Jill Valentine ou de Wesker, le bad boy de service. Or, si l’action de Resident Evil 7 est bien censée se dérouler peu après les événements du sixième épisode, l’histoire proposée ici ressemble bien plus à une sorte de stand alone totalement indépendant.

Portrait of an american family

Vous incarnez donc Ethan Winters, un américain lambda dont la femme a étrangement disparu depuis quatre années sans aucune explication. Mais voilà que de nouvelles pistes vous laissent à nouveau espérer que Mia est encore vivante. Celles-ci vous mènent alors dans une vieille ferme délabrée au fond d’une Louisiane poisseuse et désolée digne de la première saison de True Detective. Après s’être glissé clandestinement dans une maison semblant être laissée à l’abandon, vous retrouvez enfin Mia, séquestrée dans une cellule insalubre. Mais ces retrouvailles ne se dérouleront pas comme prévues. Mia semble en effet sous l’emprise d’un élément pathogène la transformant de manière épisodique en véritable furie sanguinaire dotée d’une force herculéenne. Un knockdown puis une mutilation par machette plus tard et vous vous retrouvez au beau milieu d’une étrange tablée regroupant les propriétaires de la plantation à savoir la famille Baker, véritables dégénérés disposant qui plus est d’un étrange pouvoir de régénération cellulaire. Du père goguenard et imprévisible jusqu’au dernier rejeton pervers en passant par la grand-mère qui végète dans sa chaise roulante, tous ces adorables citoyens s’avèrent totalement timbrés et vous comprenez immédiatement que le challenge sera de leur échapper et de fuir une ferme qui pourrait très bien devenir votre tombeau. Et si au passage, vous pouviez trouver le moyen de soigner Mia et de l’extirper des griffes de ces fous furieux, ce ne serait pas plus mal…

La prochaine fois, je vais aux Bahamas…

Le gros point fort de ce Resident Evil réside dans une ambiance particulièrement oppressante et angoissante.  Pour commencer, la famille Baker propose une sacrée galerie de déglinguos finalement bien plus inquiétants et effrayants que ne pouvaient l’être de simples zombies. Sans sombrer dans des considérations philosophiques de bas étage, le fait d’être confronté à des êtres humains au comportement irrationnel et monstrueux et non à de simples mort-vivants parvient à rendre plus crédible et immersive votre aventure. Finalement, hormis quelques capacités extraordinaires, les membres de la famille Baker peuvent parfaitement s’assimiler à des serial killers comme l’histoire criminelle américaine en regorge. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que les scénaristes se soient largement inspirés du terrible Ed Gain, le fameux boucher texan ayant lui-même inspiré Tobe Hooper pour son Massacre à la tronçonneuse. Mais c’est également le choix de cette Louisiane poisseuse et de cette plantation à l’abandon qui contribue à instaurer une atmosphère particulièrement anxiogène. Tout ici semble délabré, pourri, toxique dans tous les sens du terme… Et la ferme Baker est bien plus vaste que l’on pourrait le penser avec de multiples passages secrets et des souterrains menant à de nouvelles et terribles découvertes.

Un gameplay au service de la peur

Qu’on se le dise, Capcom a profité de ce nouvel opus pour largement dépoussiérer un gameplay antédiluvien  qui commençait à grincer aux entournures. Qui ne se rappelle pas de ces fameux temps de chargement à chaque ouverture de porte ou du système de visée clairement handicapant de la saga. Sans parler des caméras fixes qui, tout en conférant à l’ensemble un caractère cinématographique, occasionnaient une certaine confusion dans les déplacements ainsi qu’un relatif manque de souplesse. C’est pour cette raison que ce Resident Evil 7 est le premier épisode de la série à adopter une vue à la première personne. On pouvait légitiment craindre que cela ne dénature l’esprit Biohazard mais en vérité, il n’en est rien ! C’est tout simplement une indéniable réussite tant l’immersion dans l’horreur semble décuplée. Rappelons au passage que Resident Evil 7 a précocement été présenté comme le support ludique idéal à l’exploitation du Playstation VR. Si l’on ne doute pas que l’utilisation du casque à réalité virtuelle magnifie l’expérience de jeu (au point de la rendre éprouvante émotionnellement comme de nombreux témoignages l’affirment), le grand frisson est bien au rendez-vous et quelques effets scriptés sauront vous faire sursauter à plusieurs reprises. Quant aux combats dont il faut rappeler la présence discrète, ils bénéficie également de cette vue FPS bien plus confortable et précise.

Réfléchir ou mourir

Si certains changements radicaux ont été effectués pour notre plus grande horreur, un Resident Evil se doit de proposer son lot d’énigmes, de portes à déverrouiller et de mécanismes à assembler. Tout au long de votre exploration, il s’agira donc de collecter des objets parfois incongrus et de raisonner intelligemment afin d’en déterminer la fonction. Bien souvent, un item particulièrement anodin ne trouvera son utilité que bien plus tard dans le jeu. Ce principe vous oblige bien souvent à de nombreux allers et retours certaines pièces de l’imposante demeure devant être visitées plusieurs fois. Cela peut sembler bien laborieux d’autant que la gestion de l’inventaire reste toujours assez épineuse et vous oblige à déposer certains objets dans des caisses de stockage éparpillées ça et là. Mais en vérité, la diversité des lieux et des ambiances proposées ainsi que quelques moments clés comme les affrontements directs avec les membres de la famille Baker, empêchent tout sentiment de lassitude. Bien évidemment, certains mécanismes peuvent sembler un peu abusifs dans leur logique combinatoire mais après tout, il fallait tout de même conserver un peu de l’esprit de la série…

C’est peut-être d’ailleurs le seul véritable reproche que l’on peut adresser à Resident Evil 7. Le studio de développement a tant renouvelé la licence que l’on se demande parfois si l’on a un véritable Resident Evil entre les mains et non un survival horror totalement indépendant. Ici, peu de Zombies mais quelques créatures hybrides ; pas plus de Umbrella Corp même si l’on devine en filigrane l’influence de la célèbre firme sur les événements liés à la famille Baker. Certes, certains gimmicks sont bien présents mais globalement c’est l’ensemble du jeu qui semble avoir été repensé et modernisé. A chacun de savoir s’il est prêt à sauter le pas et à admettre que la saga avait besoin d’un nouvel élan.

Testé PS4 (Testé en configuration classique sans VR)

NOTE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Resident Evil 7 est une sacrée bonne surprise. Au lieu de proposer un nouvel opus paresseux et reprenant les grandes lignes des épisodes précédents, Capcom a préféré sortir de sa zone de confort pour proposer une toute nouvelle expérience horrifique au background et à l’ambiance savamment travaillés. Mais surtout Resident Evil 7 parvient de nouveau à faire peur malgré une seconde moitié d’aventure un peu moins prenante. Si en plus, vous disposez du casque VR, nul doute que Resident Evil 7 fera partie de votre ludothèque.
ON A AIMÉ !
- L'horreur est de retour !
- Une atmosphère dérangeante et malsaine.
- Un casting déjanté.
- L'apport de la vue FPS
- Un gameplay dépoussiéré.
ON A MOINS AIMÉ...
- Un bestiaire relativement réduit.
- Une seconde partie un peu plus convenue.
- Est-ce bien un Resident Evil ?
Resident Evil 7 : le retour gagnant ?
Resident Evil 7
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Genre : Survival horror
Support(s) : PC, PS4, Xbox One
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 24/01/2017

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