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This War Of Mine : The Little Ones
Voyage au bout de l'enfer

NOTE DE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
A force de s’étriper frénétiquement dans le dernier FPS à la mode ou d’incarner un soldat ultime dont l’efficacité au combat et son refus de mourir est à la hauteur de son absence de scrupules, on en oublierait presque que la guerre n’est pas un jeu et que les populations civiles en sont les premières victimes. C’est cette terrible réalité qu’ont choisi de nous rappeler les développeurs de l’étrange This War of Mine : the little ones, véritable ovni dans la ludothèque de la PS4.
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This_War_of_Mine_The_Little_OnesNoir, c’est noir…

This War of Mine est un jeu initialement programmé pour le marché du PC et bénéficie désormais d’une adaptation remaniée pour la PS4 et la Xbox One. Et en effet, quelques minutes suffiront pour constater que le type de gameplay proposé par le soft est largement sous-représenté dans l’univers des consoles. Il s’agit d’un jeu de gestion dans lequel il vous faudra veiller sur de simples civils confinés dans un habitat des plus vétustes et tentant de survivre au milieu d’une ville en guerre. Une sorte de Sims mais un poil plus déprimant où l’enjeu n’est pas de séduire la voisine et de fonder un petit foyer modèle entre moquettes épaisses et bibelots rares mais plutôt de trouver quelques conserves pas trop périmées pour ne pas crever de faim ou quelques livres pour servir de combustible. Parce qu’en plus, l’action se déroule en Pologne et que très rapidement, le froid vient s’ajouter à la faim…Alors, pour paraphraser Blake Edwards : qu’as-tu fait à la guerre, papa ?

Vaincre, c’est survivre

Ce qui frappe d’entrée lorsque l’on découvre This War of Mine, c’est le parti pris graphique.  Ici point de modélisation 3D à couper le souffle ou de textures ultra réalistes mais une 2D à l’ancienne représentant votre habitat de fortune en vue de coupe, le tout dans un noir et blanc aux effets crayonnés aussi austère que poétique.

Vous débutez donc avec trois survivants, chacun étant doté d’un petit background et d’un talent spécifique. L’un sera un habile cuisinier, l’autre un déserteur rompu au combat ou bien encore une menue jeune femme habituée à faire profil bas et à se faufiler discrètement. Vous découvrez avec eux votre refuge constitué de quelques pièces plus ou moins en ruines et dotées d’un confort pour le moins spartiate. Pas de lits, pas même une table mais une pauvre chaise branlante, une installation électrique souffreteuse qui suffit à peine à alimenter un vieux frigo désespérément vide… Il est clair qu’il va falloir se remuer pour rendre cet environnement un peu plus acceptable sous peine de ne pas survivre au-delà de quelques jours. Car c’est bien de survie dont il s’agit ! A partir de maintenant, il faudra se ravitailler, trouver de la nourriture, de l’eau, des matériaux afin de fabriquer des meubles, réparer une gazinière ou fabriquer un poêle… Ainsi votre première tâche sera de fouiller la maison de fond en comble afin de récupérer quelques éléments essentiels : un peu de bois, des pièces mécaniques usagées ou encore des antibiotiques. Malheureusement, l’accès à certaines zones est rendu impossible à cause d’éboulements. Il faut alors déblayer, entreprise longue et difficile lorsqu’on n’est pas équipé d’une pelle. En effet, chaque action prend un certain temps matérialisé par une icône qui se remplit peu à peu. Et tout en haut de l’écran, à côté d’un thermomètre qui affiche une température encore acceptable (pour combien de temps ?), l’horloge tourne et malheureusement pas en temps réel. Ça défile très vite et il vous faudra « valser » entre les différents personnages pour leur assigner un travail et ainsi optimiser la journée avant la tombée de la nuit. Rassurez-vous tout de suite, l’absence de souris et de clavier ne pose aucun problème et les commandes du paddle vous permettent de switcher assez naturellement entre les personnages et les différents menus.

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Mes nuits ne sont pas plus belles que vos jours

A partir de maintenant, le jeu obéit au cycle jour-nuit et se divise en deux phases qui se répéteront au fil des journées de confinement. La nuit, on choisit un collecteur chargé de visiter d’autres habitations et de ramener le maximum de bricoles et en particulier de la nourriture. Pendant ce temps, il faudra choisir qui dormira (dans un lit, c’est tout de même plus réparateur) et qui montera la garde afin d’éviter toute visite nocturne. Car ne vous méprenez pas, vous n’êtes pas les seuls dans cette foutue ville à lutter pour sa survie. Durant la phase nocturne, le gameplay change clairement d’orientation et abandonne la gestion pure pour l’infiltration et même un peu l’action. Sur une map, vous choisissez tout d’abord le lieu que vous désirez visiter. Cela va d’une école abandonnée à une maison mitoyenne ou un garage. Au fur et à mesure, de nouveaux bâtiments viendront compléter la carte. Sous chaque lieu est indiqué à titre indicatif le type d’équipements que vous êtes censé y trouver mais surtout une appréciation du risque encouru qui va d’une simple recommandation à la prudence à l’avertissement mortel. En début de partie et pour votre première collecte, vous partez un peu à poil, pas même un simple couteau… Pas la peine de tenter le diable et autant visiter un endroit a priori calme. Durant ces phases, la vue de coupe est toujours de rigueur et vous découvrez alors un nouveau lieu. L’horloge tourne et là encore, il faut fouiller, déblayer et collecter le plus possible. Il apparaît rapidement que ces opérations nocturnes seront bien plus efficaces avec une pelle, un pied de biche ou même un outil de crochetage pour déverrouiller certains meubles ou briser quelques portes. Voilà bien de qui occuper la maisonnée la journée suivante ! Lorsque l’habitation visitée est déserte, cette opération de collecte est particulièrement simple. Il faut juste surveiller l’heure pour rentrer dans les temps. Evidemment, lorsque les lieux sont occupés, tout cela est bien différent. Des petits repères représentant des zones de bruits vous indiquent dans quelle pièce a lieu un déplacement. Difficile de savoir s’il s’agit d’un pauvre vieillard errant comme un miséreux dans ce qui lui reste de son ancienne maison ou bien d’un pillard équipé d’un couteau, d’un pistolet ou pire d’une carabine. C’est là qu’il s’agit de s’infiltrer prudemment et d’éviter autant que possible le moindre affrontement. Car This War of mine se veut en ce sens particulièrement réaliste. Le moindre tir et c’est souvent la mort ou au minimum une blessure qui s’aggravera rapidement. Les bandages sont particulièrement recherchés et rares dans une ville en état de siège ! Et si vous anticipez trop la menace, vous risquez d’éliminer un personnage a priori inoffensif. « Où est le problème ? » me direz-vous. « C’est un jeu de survie ; à la guerre comme à la guerre… » Et bien justement non car il faudra également veiller à l’état psychologique de vos survivors sous peine de les voir sombrer dans une grosse déprime.

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Trauma

Il est temps d’aborder l’un des aspects les plus intéressants du jeu. La nécessité de survie ne vous affranchit pas obligatoirement de toute éthique et de tous sens moral. Aller cambrioler les maigres réserves d’un jeune couple ou les médicaments de retraités malades est loin d’être sans conséquences. En effet, si l’un de vos protégés passe en mode tristesse, il vous faudra garder un œil particulièrement vigilant sur son évolution psychologique sous peine de le voir finir prostré dans son lit et de refuser quelque tâche que ce soit. Et de la déprime à la dépression, il n’y a pas grand-chose : une attaque nocturne, une mauvaise collecte n’assurant pas un bon repas et vous vous réveillez un beau matin avec un personnage en moins, votre suicidaire étant passé de la réflexion à l’acte.. Une bouche de moins à nourrir mais aussi deux bras en moins et accessoirement des difficultés à assurer les tours de garde. En vérité, de nombreuses sessions s’achèvent non pas en raison de morts violentes mais suite à une lente, progressive mais irrémédiable débandade collective : la mélancolie suicidaire est un virus tout aussi mortel que la guerre elle-même.

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Littles ones mais big emmerdes

Comme vous pouvez le constater à la lecture de ces quelques lignes, le jeu regorge de possibilités et multiplie les paramètres à prendre en compte, le tout dans une atmosphère au final très prenante. Il faut avouer que la musique d’ambiance sait instaurer un climax sombre et désespéré… Evidemment, le jeu possède un caractère assez répétitif et propose un looting parfois excessif, certaines améliorations s’avérant assez dispensables. Mais, la difficulté (ah oui, c’est difficile) et le caractère immersif du soft finissent par vous accrocher, ces petites et fragiles existences devenant vraiment attachantes. Et pour ne rien gâcher, la sortie retardée sur PS4 vous permet de bénéficier d’une catégorie de persos supplémentaires à savoir les littles ones, ces enfants premières victimes des conflits meurtriers. Capricieux, sensibles, peu productifs, ils sauront vous donner du fil à retordre, un nounours pour les consoler devant dès lors aussi important qu’un gilet pare balles ou des fournitures électriques. Mais si vous arrivez à apprivoiser ces petites âmes, elle sauront égayer votre maisonnée voire participer un peu au projet collectif de survie. De toutes les manières, vous n’avez guère le choix. Si par malheur l’enfant dont vous assurez la protection venait à mourir, rien ne saura vous sortir d’un traumatisme aux conséquences aussi dramatiques qu’irrémédiables.

Testé sur une version PS4

NOTE MaXoE
9
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

This war of mine : the little ones ne respire pas la détente ou la bonne humeur. Rarement un jeu n'aura abordé un sujet aussi grave et délicat avec autant de réalisme. A tel point que d'anciennes victimes de conflits réels comme celui de l'ex-Yougoslavie ne tarissent pas d'éloges devant l'initiative et reconnaissent avoir vécu les mêmes difficultés et surtout les mêmes dilemmes. Après Soldats inconnus, This War of mine vient de nouveau prouver aux détracteurs du jeu vidéo que ce média ne détourne pas forcément les esprits pubères de la réalité, il la leur rappelle dans toute sa potentielle horreur.
ON A AIMÉ !
- une patte graphique en cohérence avec le thème
- un jeu pas comme les autres
- un sujet sérieux traité avec intelligence
- l'implication psychologique
- on veut immédiatement tenter de faire mieux après un échec
ON A MOINS AIMÉ...
- la survie implique des actions répétitives : dormir, manger, collecter
- un looting parfois abusif
- franchement, rien d'autre à condition d'accrocher...
This War Of Mine : The Little Ones
This War Of Mine : The Little Ones
Editeur : Deep Silver
Développeur : 11bit Studio
Genre : gestion de survie
Support(s) : PS4, Xbox One
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 29/01/2016

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