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La BD du jour : The End de Zep

Zep n’est pas que l’auteur de Titeuf qui accompagne depuis 25 ans cette année les jeunes lecteurs au travers d’un héros attendrissant. Attiré dans les griffes de la nouvelle maison Rue de Sèvres il y a cinq ans maintenant, le dessinateur y développe des récits destinés à un public plus adulte sous la forme de romans graphiques abordant des thématiques de société. Avec The End il s’intéresse à un domaine dont la compréhension échappe encore au plus grand nombre, celui de la capacité des arbres à se défendre, à s’adapter aux changements de la qualité de l’air ou des agressions qu’ils peuvent subir. Un récit surprenant et maitrisé.

Au début des années 80 dans la savane du Transval en Afrique du sud, des antilopes koudous meurent sans raison apparente. Les recherches effectuées démontrent qu’elles seraient empoisonnées par des feuilles d’acacias qui deviendraient soudainement mortelles en raison d’un taux de tanins anormalement élevé. De cette découverte les chercheurs ont déduit que les arbres communiquaient entre eux pour se protéger. En partant de ce fait divers Zep met en scène Théodore Atem, un jeune homme venu rejoindre, en Suède, une communauté scientifique implantée dans la réserve de Doksla qui étudie la communication des arbres entre eux et avec l’homme. Théodore travaillera quelques semaines sous l’impulsion d’un brillant professeur qui a réussi, à partir d’une feuille d’érable fossilisée, à établir ce qu’il nomme le Codex Arboris, autrement dénommé journal de la Terre qui n’est autre qu’un témoignage édifiant capable de remettre en cause nombre de théories scientifiques.

Encore une fois Zep nous surprend avec un récit qui puise sa matière dans l’une des préoccupations actuelles de pas mal de botanistes, d’écologistes et par extension des tous les passionnés de nature. Les arbres seraient capables de communiquer entre eux, de se protéger mutuellement en modifiant leur composition naturelle. Des chercheurs ont ainsi démontré qu’en réaction au changement climatique les arbres auraient la capacité de réduire le nombre de stomates (lieu de passage des gaz) présents sur leurs feuilles. Chaque jour de nouvelles découvertes scientifiques sont faites sur les arbres, leurs capacités à communiquer entre eux, à se protéger. Zep en a fait le sujet central de son album. Un album qui doit aussi nous pousser à réfléchir sur la place de l’homme dans son environnement et l’action négative ou positive qu’il entretient avec la nature. Il le fait en dopant son scénario d’une pincée d’espionnage et d’anticipation post-apocalyptique qui nous immerge dans un récit qui nous touche une fois refermée la dernière page.

Zep – The End – Rue de Sèvres