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Le nuage de microbes de chaque individu forme une véritable carte d’identité

Si vous êtes un phobique des microbes, ne lisez pas la suite. Vous saviez déjà que certaines surfaces sont couvertes de microbes laissés là par d’autres humains, comme par exemple les poignées et barres dans un bus. Vous saviez aussi qu’il faut mettre sa main devant sa bouche quand on éternue, pour ne pas asperger votre interlocuteur avec vos microbes. Mais saviez-vous que chaque humain est entouré de son nuage personnel de microbes ?

nuage_de_microbesDes chercheurs de l’Université de l’Oregon ont eu une idée peu ragoutante, mais intéressante. Pour schématiser, ils ont fait entrer des participants dans une pièce remplie de boites de pétri, et les ont laissé là pendant deux heures.

Comparé une pièce vide, les participants ont émis un véritable nuage de microbes. Mais ce n’est pas tant la quantité que la qualité de ces microbes qui a intéressé les chercheurs. Ils ont réalisé qu’en étudiant le génome des microbes, leur signature biologique en quelque sorte, il était possible de déterminer quelle pièce avait accueillis un participant.

Ils se sont alors posé une autre question : et si ces microbes aériens étaient spécifiques à chaque individu ? Est-ce que notre nuage de microbes pourrait faire office de carte d’identité ?

Pour répondre à cette question, ils ont simplement comparé le génome des microbes aériens de chacun de leurs sujets. Pour la plupart des sujets, la type de microbes était globalement le même, mais leur concentration était différente.

En se basant sur la concentration de certains microbes spécifiques, ils ont ainsi pu savoir à quel participant correspondait tel ou tel nuage. Une véritable signature aérienne donc.

Les chercheurs concluent en disant que quoi que l’on fasse, nous sommes en contact avec les microbes de notre famille, de nos connaissances, mais aussi de parfaits inconnus que nous croisons. Mais rassurez les phobiques, car il est très probable que nous ayons évolué pour vivre avec ces microbes, et qu’ils nous soient même nécessaires.

Quoi qu’il en soit, ça n’est pas une excuse pour ne plus se laver les mains.

 

Meadow et al. (2015), Humans differ in their personal microbial cloud. PeerJ 3:e1258; DOI 10.7717/peerj.1258
Hanae Armitage (2015), You’re surrounded by your own personal cloud of microbes. Science