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Comment une partie du stress du père peut se transmettre aux enfants

mouse-in-fearDans les repas de famille quand on parle d’un enfant, on ne cesse d’entendre des « Ah, il a la beauté de sa mère ! Mais le caractère de son père… », puis chacun y va de son explication pour traduire les secrets de l’hérédité. On oppose d’ailleurs souvent génétique et psychologique.

Alors, qui a raison ?

Prenons l’exemple de l’anxiété et du stress. Il avait déjà été montré que de jeunes souriceaux dont le père était anxieux avaient de fortes chances de l’être aussi.

De même, des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie (USA) avaient montré que le cerveau de souris était fortement influencé par le stress paternel : les gènes de l’hypothalamus, une structure sous-corticale impliquée dans le contrôle du stress, s’en trouvaient partiellement reprogrammées. Cela avait pour cause d’affaiblir les réseaux neuronaux connectés à l’hypothalamus, ceux-là même qui guident les réactions au stress.

La même équipe est allez plus loin en se posant la question du comment de la transmission de ce caractère. Alors, génétique ou psychologique ?

Ils ont analysé le sperme du père, et y ont découvert neuf micro-ARN spécifique du stress (ou « miARN », de minuscules brins très proches dans leur structure de l’ADN, et qui peuvent réguler l’expression d’un gène). Ces miARN pourraient-il modifier le cerveau du foetus, et plus tard des enfants ?

Pour le savoir, les chercheurs ont injectés des miARN dans une cellule tout juste fécondée, et ont placé ce fœtus dans une femelle exempte de stress.

Les souris nées de cette manière se sont révélées être tout aussi stressé que leur père biologique ! Les taux d’hormones du stress relevés étaient très hauts, alors même que les jeunes n’ont jamais subis d’épisode stressant auparavant. Cela signifie que leur cerveau, et en particulier leur hypothalamus, étaient dès la naissance dans le même état que ceux de leur père.

Dans ce cas, le stress a été transmis par le père.

Ce type de transmission, dite épigénétique (voir l’encadré plus bas), permet de mieux adapter sa descendance au milieu en reprogrammant temporairement leurs gènes (cela ne se transmet que sur quelques générations).

Alors finalement, est-ce génétique ou psychologique ?

Aucun des deux, ou les deux en même temps. Un environnement stressant a reprogrammé le cerveau du père, qui a reprogrammé sa descendance de façon « quasi » génétique pour la préparer à survivre à un environnement stressant. Mais les enfants de sa descendance ne subiront peut–etre pas le même sort.

Ni l’un ni l’autre donc, mais une troisième solution au milieu : l’épigénétique. Ouf, il y a encore de la place pour débattre à la fin du repas sur qui a refilé son sale caractère au petit dernier !

Les modifications épigénétiques changent la façon d’interpréter les séquences ADN grâce à des marqueurs. Ils ne changent rien aux gênes à proprement parler. En quelques sortes, si les gènes sont le livre dans lequel sont écrites les informations concernant notre être, l’épigénome est représenté par la ponctuation, par la façon de lire, et par les annotations en bord de page. Ces marqueurs s’acquièrent et se modifient tout à long de la vie, en fonction du contexte (type de nourriture, stress et pression de l’environnement, etc.). Certains marqueurs épigénétiques se transmettent à la descendance, mais ne perdurent pas plus de deux générations (ce n’est pas l’ADN). Une façon d’assouplir son code génétique en temps de crise, pour revenir à la normale plus tard.

Transgenerational epigenetic programming via sperm microRNA recapitulates effects of paternal stress. Ali B. Rodgers, Christopher P. Morgan, N. Adrian Leu, and Tracy L. Bale. PNAS 2015