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Legend of Mana (2021) : Nostalgique ou pas ?
Seul(e) ou à deux

NOTE DE MaXoE
6
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Depuis un peu plus de cinq ans déjà, la franchise Mana profite d’une remise en lumière, que ce soit par le biais de remakes ou de remasters. Aujourd’hui, c’est au tour de Legend of Mana, largement considéré comme un spin-off, de se faire (re)découvrir auprès du public occidental, l’équivalent de deux décennies après sa parution au pays du Soleil-Levant et en Amérique.

Eh oui, Legend of Mana n’est pas un épisode canonique de la série mais un opus à part et bien différent de ses ancêtres tels que Secret of Mana ou encore Trials of Mana. Sorti en 1999 au Japon et en 2000 aux USA, les européens n’ont pu découvrir Legend of Mana qu’en import et donc sans traduction française malgré de superbes graphismes et une conception innovante pour l’époque.

Il est question de la création du monde à sa manière en partant de quasiment rien, le placement d’artefacts modifiant de multiples choses sur le parcours que l’on effectue. Une fonctionnalité que certain(e)s ont pu exploité dans Dark Cloud (PS2 – 2001) avec ses géosphères. Là encore, il fallait exécuter de bons placements d’objets, de constructions et de maisons afin de récupérer des récompenses ou poursuivre le fil conducteur de la trame narrative qui était connue. Mais dans Legend of Mana c’est plutôt l’inverse.

Rebâtir le monde

De prime abord, tout ce que l’on sait concerne la licence en général avec les huit esprits élémentaires dont font partie Gnome ou encore Ondine, et bien sûr l’Arbre Mana, source d’énergie intarissable de vie et de magie servant d’équilibre au monde, Legend of Mana ayant pour sa part sa propre petite introduction sur l’univers de Fa’Diel.

Il y a environ neuf siècles, l’Arbre Mana fut réduit en cendres, son grand pouvoir fut conservé dans des artefacts et autres fragments. Depuis lors, des conflits et des guerres éclatèrent dans le monde entier, car des Sages voulaient prendre et se garder ce pouvoir unique pour eux. Après plusieurs millénaires, les dernières sources du pouvoir de Mana disparaissaient, et les Hommes ne s’en souciaient plus, ils se faisaient juste la guerre pour des choses totalement insignifiantes. Aujourd’hui, c’est à vous, héro(ïne) sans passé et inconnu(e) au bataillon, de faire renaître ce monde, tel l’élu(e) de la prophétie que vous êtes.

Un concept novateur pour l’époque

À partir de cet instant, l’aventure se vit différemment en fonction de nos actions de bâtisseur(euse) et de placement d’artefacts sur une World Map. Pour simplifier, la World Map de départ est complètement vide d’environnements, villes, villages et donjons, et comme une carte au trésor, nous avons juste un plan dessiné avec trois continents et une mer les traversant. Tandis que les artefacts sont tout bonnement les futurs lieux que l’on peut disposer comme bon nous semble afin de créer notre aventure, même si, forcément, on garde un aspect linéaire sur l’ensemble. Pour imager un peu plus la chose, il suffit d’imaginer un arbre de compétences où l’on acquiert une technique, et les cases adjacentes deviennent alors disponibles. 

Tout placement doit se faire obligatoirement de manière adjacente à l’un des lieux précédemment établis, en sachant qu’en complément, plus les endroits sont éloignés de la « maison du(de l’) héro(ïne) », plus les dangers y sont nombreux. Il y a même un cycle sur la « semaine » via les huit esprits élémentaires, ce qui augmente la force des ennemis sur ces éléments, il faut donc penser à bien jeter un œil à chaque déplacement sur la Map et à posséder de la magie des esprits opposés pour en exploiter les faiblesses. Des éléments et effets que l’on ne connaît pas immédiatement mais à force de faire des « essais » on s’en sort, le soft s’avérant assez avare en explications. D’ailleurs ce n’est pas tout, car question d’essais, si le placement d’un artefact renferme villages et donjons au hasard, c’est à lui que l’on doit également l’accès à des PNJs, des discussions, des affrontements et même des quêtes dans cet univers particulier.

Cette construction de l’univers permet ainsi de découvrir une soixantaine de « quêtes », toutes racontant de petites histoires. Certaines se terminent en à peine quelques minutes montre en main, quand d’autres multiplient le temps de finition par trois ou quatre. Des missions qui, à force de mettre en avant des personnages récurrents et quelques situations intéressantes, mettent finalement en lumière trois arcs distincts : l’un étant consacré aux dragons, le second aux fées et le dernier concerne les jumis.

La découverte de l’entièreté de chaque arc n’est pas une mince affaire, il n’est pas rare de se bloquer tout bonnement l’accès à certaines parties d’histoires et ce, aussi bien par les réponses données durant des dialogues que via le placement de chaque artefact. Ce concept scénaristique lié au gameplay apporte donc un fort taux de rejouabilité et d’aventure, mais ce manque d’explications et d’indications peut frustrer. Seul un guide de jeu sera vraiment susceptible de fournir des éléments concrets et explications suffisantes, mais en contrepartie cela peut gâcher une partie de la découverte initiale.

Une partie Action-RPG classique mais des combats qui manquent de punch

Une découverte sous le signe d’un Action-RPG traditionnel où l’on discute avec des PNJs afin de glaner des informations, de rencontrer des équipiers temporaires, sans oublier de trouver des coffres disséminés çà et là, ainsi que l’achat d’équipements tels que des couteaux ou encore des épées. Par ailleurs, en ville, afin de débloquer de nouvelles petites histoires, il est impératif de revenir régulièrement sur les lieux précédemment visités dans le but de voir les changements opérés, incluant de ce fait de nombreux allers-retours imposés, et donc sans savoir, encore une fois, si des changements ont eu véritablement lieu.

Il existe un autre endroit dans lequel nous retournons également souvent : la maison de notre personnage, servant en quelque sorte de HUB avant l’heure et proposant l’attirail nécessaire à l’exploration. Outre l’accès à diverses encyclopédies couvrant les armes ou encore les artefacts découverts, nous avons également quelques annexes comme la possibilité de cultiver des fruits et légumes ou de fabriquer des instruments permettant l’utilisation de magies. Nous avons aussi la création de « golems » pouvant nous prêter main-forte lors de batailles, une forge d’équipements, ainsi que la capture et l’élevage de monstres.

Des monstres que l’on peut aussi envoyer dans « Ring Ring Land ». Cette implémentation, autrefois exclusivement réservée pour l’accessoire PocketStation (1999 – Japon), reste sympathique aujourd’hui même si elle reste globalement anecdotique dans l’ensemble. Pour faire simple, le but consiste à faire entraîner nos monstres afin de les booster pour de futurs affrontements.

Parlant d’affrontements, ceux de Legend of Mana sont assez simples à prendre en main grâce à une approche Beat’em All via un plan de jeu 2D à la Street of Rage (aller de l’avant à l’arrière). Comme pour ce genre de jeu, nous avons accès à une attaque rapide ou plus puissante que l’on peut combiner afin de réaliser quelques combos, effectuer un saut ou encore une garde.

Mais malheureusement, même s’il existe des subtilités intéressantes comme l’apprentissage de capacités/techniques avec nos actions de base, des combos cachés ou encore l’utilisation de différentes magies, les actions de bases étant largement suffisantes, nous n’y prêtons véritablement pas attention à cause d’une difficulté générale trop basse. Mais également à cause de deux autres facteurs : le grand manque de punch/sensations, et le système de hitboxes beaucoup trop exigeant. Outre le fait que nos adversaires puissent esquiver/bloquer certaines de nos frappes/capacités ne se voyant que peu dans le changement des frames de sprite, ou leur invincibilité temporaire, il est nécessaire d’être pile poil dans l’axe de nos opposants sinon la frappe passe à côté. Par contre, dans le cas contraire, l’ennemi est curieusement avantagé… Nous n’aurions donc pas été contre quelques petits changements et un déplacement plus fluide.

Un très joli style visuel

Pour son rendu global, le soft profite de sa sortie sur PS4, PC et Nintendo Switch pour se faire un lissage graphique et ainsi s’offrir une seconde jeunesse. Déjà très attrayant lors de sa sortie avec ses très beaux environnements 2D pastel, la retouche effectuée apporte un supplément aux lieux et objets dessinés à la main très agréable pour la rétine. De même pour les nouveaux artworks ajoutés, très bien réalisés. Les personnages, eux, et quelques objets interactifs, restent en « pixel art » et même si la différence se remarque, ce n’est pas gênant, tant la qualité visuelle est au rendez-vous.

À la baguette de la bande originale, nous retrouvons une compositrice d’un grand talent en la personne de Yoko Shimomura. Pour les non-connaisseur(euse)s, rappelons que cette artiste a œuvré sur de très bons OSTs comme Kingdom Hearts, Final Fantasy XV ou encore Street Fighter II. Pour ce Legend of Mana, les sonorités originales, aux différentes inspirations et instruments, sont disponibles mais profitent également d’une réorchestration avec plus d’harmonie. De quoi (re)découvrir le soft sous deux aspects musicaux différents. Pour finir, le titre bénéficie d’une traduction française spécialement ajoutée pour cette remasterisation.

Testé sur PS4 Pro

NOTE MaXoE
6
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Si ce spin-off de Seiken Densetsu mettra tout le monde d’accord sur l’attrait de ses graphismes et de son OST, il est en revanche difficile de donner une note à Legend of Mana et son concept, qui rappelons-le, était novateur à l’époque de sa sortie. D’un côté, les nostalgiques et fans de rétrogaming apprécieront le fait de pouvoir créer leur propre histoire au fil de l’aventure avec des découvertes prenantes et intrigantes via son lot de surprises, l’accessibilité des combats ou encore le fait de pouvoir y jouer à deux. Alors que d’un autre côté, les novices, et habitué(e)s de la formule initiale des Seiken Densetsu (les Mana canoniques), pourront être sceptiques et découragés par le manque d’informations aussi bien sur les mécaniques de jeu que sur les éléments scénaristiques (bloqués/débloqués), les soucis de hitboxes et le manque d’exploitation du plein potentiel des combats. Note réelle : 6.5.
ON A AIMÉ !
- Un concept original très intéressant apportant des surprises…
- Des combats faciles à prendre en main…
- De très jolis graphismes
- OST original ou réorchestré
- Spécialement en VF pour cette sortie « 2021 »
ON A MOINS AIMÉ...
- …mais sans indications il peut décourager
- …mais la trop basse difficulté et les soucis de hitboxes font que l’on reste uniquement sur les actions de bases
- Le manque d’explications générales sur les mécaniques du jeu
- Les actions effectuées bloquant ou non la suite du déroulement ne se verront qu’à l’aide d’un guide ou d’une seconde partie, ce qui pourra en frustrer plus d’un(e)
Legend of Mana (2021) : Nostalgique ou pas ?
Legend of Mana
Editeur : Square Enix
Développeur : Square Enix
Genre : Action-RPG
Support(s) : PC, PS4, Switch
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 24/06/2021

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