
Pourtant au départ, cela ne semblait pas forcément gagné. On ne parle pas de nos ressentis/impressions, mais plutôt du temps de développement global de ce soft développé par les équipes de RE (Resident Evil) et Devil May Cry. Effectivement, Pragmata s’était fait connaître au cours de l’année 2020, pour une sortie programmée deux ans plus tard (2022). Seulement l’année de sa prétendue disponibilité, une année supplémentaire a été requise (2023), avant de finalement être de nouveau repoussé pour sortir aujourd’hui en cette période de la mi-avril 2026. On le sait, certaines fois les multiples reports ne présagent rien de bon, et d’autres fois la belle surprise est totalement de taille. Pour rentrer dans cette dernière catégorie, dans un premier temps il fallait un axe narratif accrocheur, pour cela cette nouvelle IP (Pragmata) utilise deux « approches » : le lien qui se crée/forme entre le duo de personnages (les rendant attachants au fil du temps) ce qui est d’ailleurs le point central, mais aussi un contexte autour de l’IA (Intelligence Artificielle).
Un duo attachant
Cette aventure prend place dans un univers SCI-FI où l’Humanité a découvert un nouveau minerai sur une station lunaire. Minerai qui une fois raffiné, permet tout simplement de réaliser tout un ensemble de répliques à l’aide d’imprimantes 3D, avec les imperfections qui en résultent. Néanmoins, lorsque le contact est perdu avec la station, une équipe est envoyée sur place, incluant un certain Hugh. Après quelques péripéties, ce dernier se voit d’ailleurs sauvé par une androïde à l’apparence d’une fillette qu’il nomme Diana ; les deux êtres deviennent ainsi acolytes. Pendant qu’ils cherchent à en savoir plus sur les événements, ils tentent aussi de trouver un moyen de quitter la station alors que l’IA contrôlant les lieux cherche à les en empêcher, en leur étant particulièrement hostile…
C’est donc dans ce contexte que l’on arpente plusieurs endroits au cœur de cette station lunaire tout en en apprenant plus sur l’univers/Lore par le biais de documents à découvrir. Au vu de la construction générale du titre alliant modernité et ‘à l’ancienne’ (linéaire avec pas mal d’embranchements et éléments annexes), on prend à cœur de tout chercher afin de ne pas en rater une miette. Mais c’est aussi et surtout la relation complice qui s’installe entre le duo de protagonistes principaux, Hugh et Diana, qui nous a convaincus.
Sans évidemment entrer dans les détails, non seulement les deux s’aident mutuellement au sein du gameplay et de combats intelligents et techniques, mais en plus on trouve que le studio a réussi à construire quelque chose d’authentique et de touchant dans cette relation. Les deux étant à l’opposé de par leur nature et caractère, d’ailleurs Diana a été « façonnée » de manière crédible, telle une véritable fillette découvrant le monde.
Mélange TPS/Puzzle original et rafraîchissant
Crédibilité, c’est ce qu’il fallait dans un second temps pour le gameplay global. Et de ce côté-là, si l’on trouve un mélange entre ‘à l’ancienne’ et de la modernité dans la structure générale, les affrontements dont nous allons parler en premier dans cette section, incluent une très belle touche d’originalité, représentant ainsi l’un des grands atouts du soft par son mélange entre TPS/Puzzle.
La base reste ainsi commune avec une visée et des tirs sur les adversaires, rien de sorcier donc, sauf que les développeurs ont eu l’ingénieuse idée d’y inclure une session « puzzle ». Concrètement, lorsque l’on effectue des rafales sur nos opposants, les dégâts peuvent être très faibles, c’est là qu’intervient le « hacking ». Différent de ce que l’on a pu voir avec Akimbot (plus d’ordre du QTE), ici le hacking se gère sur un quadrillage, c’est-à-dire que l’on avance case par case pour former des nœuds et ainsi affaiblir les ennemis de multiples façons dans l’optique de les pourfendre plus facilement; tout ceci en temps réel.
Il n’est pas nécessaire de lier toutes les cases pour un bon nœud, néanmoins les impacts seront moindres qu’avec des nœuds complets pleinement formés et réfléchis, car il est impossible de repasser sur la même case plusieurs fois. On ne le cache pas, les débuts peuvent être assez timides puisqu’il faut réussir à s’organiser en se déplaçant autour de l’ennemi (pour veiller à ne pas recevoir de coups) tout en réalisant des nœuds avec les commandes dites traditionnelles du pad de la partie droite. Par contre au bout de plusieurs essais, puis tout au long de l’aventure, on prend vite le coup de main jusqu’à faire des enchaînements de plus en plus rapidement, et encore on vous laisse des surprises sous le coude. Intelligents et techniques, on a fortement apprécié cette feature d’autant que celle-ci évolue dans ses spécificités au fil du jeu. Mais chut, nous n’en dirons pas plus sur cette partie hacking.
Hormis ces affrontements, les environnements que l’on visite de type « linéaire » de mais avec pas mal d’embranchements afin de ne pas amener la routine, ni la lassitude, permettent l’exploration et la recherche de collectibles, de coffres, de matériaux et autres objets, ou encore de réaliser des défis plus ou moins délicats. Il existe aussi un HUB : le Refuge, servant à la fois aux améliorations de l’équipement, à assister à des discussions entre le duo ou encore une feature de cartes à jeton, les récompenses étant utiles, tout comme celles des défis. Nous n’entrerons pas dans les détails afin de vous laisser le loisir de la découverte, d’autant qu’il y a quelques bonus bien intéressants; mais là encore, on ne vous gâchera pas la surprise.
Bonne ambiance globale
Avec ce gameplay plutôt stratégique, et ce duo bien attachant, nous avons aussi apprécié l’empreinte SCI-FI (Science-Fiction) qui en découle. Qu’on se le dise, l’oeuvre, réalisée sous le moteur RE Engine (encore une fois) n’a pas été prise à défaut au cours de nos sessions, aucune chute de framerate à signaler -même avec les divers effets visuels présents à l’écran-.
Inutile d’en parler pendant des heures, le complexe lunaire, comme les environnements traversés (dont une reconstitution d’un lieu connu se voulant réellement imparfait) n’ont pas échappé à un soin particulier, tout en respectant le contexte de la place de l’IA au sein de l’Humanité.
La bande-son, plutôt discrète généralement, accompagne bien l’ensemble, surtout dans les moments de complicité de notre duo. Pour finir, sachez que le soft est disponible en version française intégrale (voix et sous-titres), mais aussi dans d’autres doublages tels que le japonais, l’anglais, le chinois ou encore l’espagnol.
Testé sur PS5 avec un code fourni par l’éditeur
