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Way of the Samurai 4 : ça sent le tournesol, non ?

NOTE DE MaXoE
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VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
D'abord, un grand bravo à ceux qui ont saisi le titre. Au Japon, on trouve régulièrement de nouveaux jeux qui n'obéissent à aucun canon occidental. On peut ainsi parler des jeux "de drague", de ceux qui font vivre une vie de lycéen, ou de concepts divers et variés qui ne voient jamais le jour chez nous. Les particularismes nippons sortent donc rarement de leurs frontières, ce qui fait dire que le jeu vidéo japonais est au creux de la vague. En réalité, cela signifie simplement que ce qui fait leur identité ne franchit pas les océans. Toutefois, certains éditeurs conservent la foi, aidé en cela il est vrai par la très belle santé du manga dans certains pays comme la France, et voilà pourquoi certains jeux arrivent jusque dans nos étals. Way of the Samurai est de ceux-là.

 Acquire est un studio de passionnés. Pères du premier Tenchu sur la Playstation, ils ont ensuite initié une série assez méconnue mais pourtant très apprécié des amateurs de promenades ludiques hors des sentiers battus, Way of the Samurai (WOTS). On s’y retrouve en général dans la peau d’un ronin, qui va devoir mener sa vie comme il l’entend, un peu comme dans divers titres très référentiels mais eux aussi plutôt confidentiels, comme Shenmue ou Yakuza. De beaux modèles dont WOTS n’est pas tout à fait digne, mais la liberté des jeux a toujours été au coeur du gameplay, ainsi que les multiples fins possibles.

Après un WOTS 3 sorti pour la première fois sur XBOX 360 et localisé, Spike a décidé de limiter les frais en revenant au marché traditionnel de la PS3, en japonais sous-titré anglais. Choix regrettable tant nombre de joueurs refusent de jouer à un jeu dans la langue de Justin Bieber, mais que l’on peut comprendre par le risque du pari, tout en applaudissant Spike de continuer à sortir cette saga.

Ainsi donc, vous êtes un samurai, un ronin, sans histoire et sans avenir, qui arrive dans le village de pêcheur de Ahimana, en 1856. La population est fort agitée, tiraillée entre des anglais qui viennent en masse s’installer dans le village tout en apportant des sciences et techniques nouvelles, comme les armes à feu que les japonais n’ont découvert qu’avec les immigrants portugais, des xénophobes qui veulent étanchéifier les frontières et chasser les anglais, et bien sûr l’administration qui veut surtout que la paix règne. A ce tableau s’ajoutent en plus trois soeurs, dignitaires locales et filles du bras droit du Shogun, adepte d’une justice… sadique.

Parmi tous ces camps, vous serez, déjà, libre d’en choisir un… ou aucun. Soutiendrez-vous la cause anglaise? Les xénophobes? D’autres intérêts? Déciderez-vous de rester à l’écart de ces troubles, et de fonder votre propre dojo pour ensuite recruter des élèves et les protéger de vos rivaux? Ou bien vous tournerez-vous vers les crimes et assassinats, ou bien le vol ? Les choix sont nombreux, et les possibilités très variées.

La variété est d’ailleurs au coeur du jeu. On distingue quatre grands types d’armes : les katanas, les lances, les mains nues et les fusils, qu’il faudra débloquer. Pour chaque arme, vous pourrez, en les apprenant ou en abattant quelqu’un qui s’en sert, acquérir de nouveaux styles. Chacun correspond à une façon de se battre à part, et on peut en compter plusieurs dizaines, sachant que plus on se sert d’un style plus on débloque de techniques. On peut aussi choisir de ne pas tuer ses ennemis, en utilisant par exemple le plat de sa lame. On pourra se plaindre de ce que votre héros peut prendre vingt coups d’épée avant de mourir, mais ce serait alors oublier que le système de combat est agréable, basé sur des ruptures de rythme pour tenter de déséquilibrer l’adversaire avant de lui asséner un coup fatal. Le iaijutsu, l’art du combat au dégainé, est à cet égard l’un des plus représentatifs et intéressants du jeu. Par ailleurs, vous pourrez parfois entrer en mode Harvest Spring, qui rend vos coups surpuissants quelques secondes, avant de vous laisser un genou à terre un instant. A utiliser avec parcimonie, donc, mais on nage alors en plein shambara. Et n’oublions pas, tout de même, qu’en mode difficile, les combats deviennent parfois très tactiques, surtout contre les « boss », et vous obligeront à bien avoir le timing et le mouvement de chacun de vos coups présents à l’esprit, alors que votre personnage, de son côté, devient assez fragile. D’où l’intérêt d’être bien armé et bien préparé avant d’affronter ce mode, seul moyen de débloquer certains bonus…

Dont acte…

De la même manière, les armes sont innombrables, certaines n’étant accessibles que par la forge, les objets aussi, les costumes, les coupes de cheveux et les accessoires également. Et si certains peuvent benoitement être achetés, certains items ne seront accessibles qu’en remplissant certaines conditions…

Vous pourrez également pêcher pour vous nourrir, ou bien encore séduire une jeune femme pour profiter de sa couche au terme d’un mini-jeu totalement absurde et absolument hilarant, bruitages à l’appui.

De plus, le jeu suit une chronologie fixe : ainsi, à chaque partie, le même événement aura lieu au même endroit à la même heure. A quoi cela sert-il ? C’est là que le jeu prend tout son sel.

Supposons que vous ayez fini le jeu pour la première fois. Il y a de grandes, de très grandes chances que cette fin soit frustrante, et arrive du reste assez vite. Vous obtiendrez un certain nombre de points de samurais liés à vos choix et à votre comportement. Attention, toutefois, nous jouons au Japon, aussi certains comportements sont déplacés, comme par exemple fouiller un corps avec ses mains. On préfèrera lui mettre un coup de pied pour vider ses poches. Ça parait bizarre mais le tabou de la chair morte est très vivace au Japon. Ces points de samurai pourront servir pour débloquer de nouveaux accessoires, de nouveaux événements, de nouveaux visages, et même un mode de difficulté supplémentaire.

Ensuite, vous pourrez recommencer une partie en conservant votre matériel, votre argent, vos techniques, etc. Aussi, vous pourrez être plus hardi et tenter des choses plus impressionnantes, découvrir de nouveaux événements que vous auriez raté, et essayer de démêler l’écheveau du petit village. Un jour sans fin 2.0 en somme. Le tout pour essayer d’arriver à une nouvelle fin.

Et soyons clairs : si certaines fins sont facile d’accès, d’autres en revanche sont beaucoup plus tordues et exigeront de bien connaitre le jeu et son déroulement. Fort heureusement, le menu est assez bien pensé, et un petit calendrier tiendra le compte des événements que vous avez vécus durant toutes vos parties. Du reste, il faut insister sur le lien assez malin qui unit les différents scénarios, et changer de camp donc de point de vue éclaire à chaque fois les événements d’une lumière différente. A cet égard, d’ailleurs, les personnages, sans être des merveilles de psychologie, sont parfois assez bien construits, même s’ils ne donneront leur pleine saveur que pour la « vraie » fin du jeu…

Dangereux mais efficace

De plus, certains choix d’une partie vous serviront dans les suivantes : supposons (attention, léger spoil à suivre) que vous décidiez de permettre à l’école d’anglais de s’ouvrir. Votre personnage saura désormais parler anglais pour cette partie et les suivantes, vous autorisant à parler avec les anglais non nippophones…

Si cela ne suffisait pas, on trouve même quelques quêtes annexes, dont certaines, exécutées auprès de plusieurs PNJ, pourront vous donner accès à des armes exceptionnelles voire à des quêtes ou à des pans entiers du scénario ! Une telle profusion satisfera sans l’ombre d’un doute les adeptes de la collection acharnée…

Notons également que vous pouvez envoyer votre personnage online défier vos adversaires, et que le gagnant remportera une copie de tout l’arsenal de son adversaire. Anecdotique, mais pas désagréable.

Derniers points agréables, la forge vous permet de réassembler des pièces d’armes pour en obtenir de plus puissantes, et pourquoi pas différents mots-clés qui lui donneront des capacités particulières, hélas pas toujours très claires, et la carte, qui permet des déplacements éclairs.

Il y a très largement de quoi faire, à telle enseigne qu’il est possible que vous ne visitiez même pas les neuf petites zones que comportent le jeu lors de la première partie. De plus, aucune partie ne ressemble à une autre, à part certains événements centraux, et une tentative pourra durer deux à huit heures. Notez au passage que si vous mourez, vous reviendrez à la fin de la dernière mission réussie, la mort « accidentelle » n’étant pas toujours une fin en soi. Par ailleurs, vous pourrez sauvegarder en vous faisant prendre en photo par un anglais, l’un de ces détails qui font le charme du jeu.

Un jeu parfait donc ? Hélas non.

D’abord, la technique laisse franchement à désirer. Textures immondes, visages inexpressifs, décors assez pauvres, loadings trop longs, le jeu aurait fait bonne figure sur PS2…

Ensuite, on n’évite pas malgré tout une forme de répétitivité, fort heureusement compensée par le fait que certaines quêtes peuvent être exécutées à travers plusieurs parties. Cela étant, même si les combats sont nombreux, cette répétitivité tiendra surtout à votre façon de jouer : en apprenant à maîtriser de nombreux styles, on renouvelle l’expérience et on augmente sensiblement la difficulté.

Certains minis-jeux, comme la séduction, sont difficiles à appréhender en ce qu’ils semblent parfois s’en remettre au hasard, et c’est dommage.

Certains looks sont… particuliers.

Plus embêtant, l’IA est vraiment étrange. Ainsi,  vous pouvez tabasser une femme en pleine rue en ne risquant pas grand chose, et dans l’hypothèse où vous déclencheriez l’ire des badauds il suffit de quitter une zone pour que vos poursuivants ne vous suivent plus et deviennent amnésiques…

Par rapport au précédent WOTS, on perd onze fins, mais surtout un peu de liberté. Certains PNJS sont immortels hors de certains contextes, et il est par exemple impossible de tuer les photographes. Dans le 3, nous pouvions tuer les baladins qui faisaient les sauvegardes, quitte à ne plus pouvoir sauvegarder, et s’il nous prenait la fantaisie de massacrer totu le monde, c’était possible. Inutile mais possible. Hors parfois dans le 4 vous aurez très envie de tuer un PNJ, et vous ne pourrez pas le faire, ce qui est frustrant.

Enfin, et c’est ce qui décevra le plus certains fans, il y a un peu trop d’éléments délirants. On a un village japonais agréable, une vie qui pourrait être quotidienne, mais parfois, certains personnages, certaines situations sont vraiment grotesques. WOTS a toujours cultivé un côté un peu crétin de temps en temps, mais dans celui-ci il y a trop de ces éléments.

NOTE MaXoE
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Malgré tout, WOTS reste un jeu tout à fait à part, pour les amateurs de ces histoires de ronins qui cherchent à se faire un nom ou à survivre, dans une atmosphère shambara. Marqué par des défauts liés à la faiblesse de son budget, WOTS est un ovni, adressé certes aux fans de la collection dans les jeux, mais aussi à tous ceux qui pourront se laisser tenter par ces histoires parallèles que l'on recommence encore et encore pour en découvrir toute la richesse. Un jeu rare, donc, très riche et très foisonnant, qui pourra séduire ou rebuter...
ON A AIMÉ !
- Scénario riche, adossé à des faits historiques
- Le concept des jeux parallèles, rendu plus lisible par le nouveau calendrier
- La forge
- les styles de combat, très précis et qui réjouiront les amateurs
- la séduction
- Un joli sentiment de liberté
- Musiques agréables
ON A MOINS AIMÉ...
- Technique imparfaite
- Tutorial très léger
- Trop délirant parfois
- Moins libre que son prédécesseur
- IA à la ramasse
- Des DLC? Vraiment?
Way of the Samurai
Editeur : NIS America
Développeur : Acquire
Genre : Inclassable
Support(s) : PS3
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 04/10/2012
Sortie Japon : 03/03/2011

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