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Need for Speed The Run : épisode bâclé !

NOTE DE MaXoE
4 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Test de Need for Speed The Run à l'occasion de sa sortie sur Playstation 3, Xbox 360 et PC.

Sorti il y a un an, Need for Speed Hot Poursuit appartenait à cette catégorie de jeux qui ont su susciter la surprise auprès des joueurs. Bénéficiant d’une durée de vie honorable, d’un solide mode multijoueur en ligne, d’une bonne technique et d’excellentes sensations de vitesse, Need for Speed Hot Poursuit opérait un tournant dans la série, un certain retour aux sources pour renouer avec le succès mais aussi, et surtout, la qualité. 

Pourtant, plutôt que de surfer sur la vague de succès du premier Hot Poursuit, EA a décidé d’opérer de nouveaux changements en confiant le bébé à un autre studio, EA Black Box, lequel, tout en s’inspirant de Hot Poursuit, a cherché à innover en incluant un pseudo scénario et quelques autres artifices…

 

Un scénario en carton

EA Black Box a cherché à innover en liant le mode principal « The Run » à un scénario à même de justifier l’enchaînement des courses. L’intention était louable, malheureusement il faut bien reconnaître qu’en plus d’être nul il est absolument inutile. 

Vous incarnez Jack, un pilote d’enfer qui a accumulé des dettes auprès des mauvaises personnes. Fugitif, une femme mystérieuse lui propose un deal qu’il ne saurait refuser : participer à une course sauvage à travers les Etats-Unis, d’Ouest en Est afin d’empocher la rondelette somme de 25 millions de dollars et ainsi faire disparaître son ardoise. Unique sortie de secours et chance de survie pour Jack, il accepte… Vous voilà alors parti pour The Run jusqu’à New York  ! 

L’histoire n’est pas bien originale et on aurait pu s’en contenter pour justifier cette succession de courses, malheureusement les développeurs ont décidé d’aller plus loin en ponctuant le jeu de cinématiques toutes plus soporifiques et insipides les unes que les autres. Rien de bien choquant en soi, les courses constituant le coeur du jeu, mais assez déplorable pour être souligné.

 

Un contenu un peu chiche

The Run, mode principal du jeu, est un enchaînement de courses à travers les Etats-Unis. C’est une bonne surprise car cela garantit une grande diversité des environnements : urbains, désertiques, grandes plaines, parcs naturels, etc… Cependant tous les tracés ne sont pas mémorables. Il faut également souligner une certaine disparité dans l’intérêt des environnements. 

Si les courses dans les montagnes enneigées sont vraiment intéressantes et agréables à jouer, de même que les courses dans le parc naturel, celles en milieu urbain le sont beaucoup moins. Que l’on se trouve à Cleveland, Chicago ou Las Vegas, on a vraiment l’impression d’être sur les mêmes tracés, dans des villes sans âme avec des parcours à l’architecture très simple et sans surprise.

Ce n’est pas bien gênant pendant une bonne moitié du jeu dans la mesure où les courses ont principalement lieu en milieu naturel, cela le devient cependant plus à compter du dernier tiers… 

Need for Speed The Run constitue une régression à de nombreux égards par rapport à Hot Poursuit. Tout d’abord n’espérez plus incarner la police, vous devrez vous contenter de Jack tout au long du jeu. Et puisqu’on parle de police, sachez que cette dernière est devenue totalement inutile. Alors que dans Hot Poursuit elle vous rendait parfois la vie infernale, ici c’est à peine si on la remarque. Vous aurez tout au plus le droit à un ou deux barrages au cours d’une même course (souvent aucun) et à plus aucune attaque de cette dernière : oubliez donc les herses, les plaquages, les décharges électriques ou encore les hélicoptères. 

Du point de vue des tracés, là où on a peut être gagné en diversité des environnements, on a beaucoup perdu en terme de qualité des parcours. Tout d’abord les courses sont globalement moins longues, ou du moins prolongées de manière artificielle. Par ailleurs l’architecture des tracés est, la plupart du temps, assez quelconque : des lignes droites et des tournants avec presque plus de passages alternatifs, lesquels sont toujours disposés de manière à être empruntés naturellement. Dans Hot Poursuit, il était bien souvent nécessaire d’anticiper et de bien connaître les parcours pour en tirer parti un maximum. Dans Need for Speed The Run, les « raccourcis » étant tellement peu nombreux et évidents que le jeu perd beaucoup en stratégie et donc en saveur. Autant certains niveaux d’Hot Poursuit étaient marquants, autant ceux de The Run seront vite oubliés. 

Enfin, tout le jeu repose sur un système étrange : rattraper votre retard. Il ne s’agit donc pas de courses classiques dans lesquelles vous commencez en même temps que tout le monde, mais de courses au cours desquelles il s’agira de rattraper successivement vos différents compétiteurs. Vous commencez 200ème The Run, le but étant d’arriver premier à New York. Ne vous attendez cependant pas à une quelconque liberté de ce point de vue là. Vous aurez un objectif chiffré lors de chaque course, objectif que vous devrez atteindre sans qu’une bonne performance puisse influencer en quoi que ce soit le déroulement du jeu. Il faut par exemple arriver dans les 150 premiers à Las Vegas, objectif que vous atteindrez en entrant dans la ville mais pas avant, aussi bon que vous soyez ! Le système présente plus d’inconvénients que d’avantages puisqu’il limite la portée et la durée des duels. 

Autre point noir, comptez quelques heures, environ quatre, pour terminer le mode solo. C’est bien peu alors même que des DLC sont déjà prévus. 

Ne crions cependant pas au scandale, le mode « Challenge series » permettant de prolonger l’expérience de jeu. Comme son nom l’indique, ce mode est constitué d’une multitude de challenges, des courses avec un chrono vous permettant de remporter des médailles et de gagner de nouveaux véhicules pour The Run. Il constitue finalement un prolongement intéressant du mode principal et devrait vous amuser pendant quelques heures.

Need for Speed The Run marque cependant un point, tout comme Hot Poursuit en son temps, en intégrant très bien un classement en ligne pour chaque course, vous permettant de comparer automatiquement vos meilleurs temps à ceux de vos amis.

Le mode multijoueur en ligne est quant à lui assez simple et limité, mais garantira aux amateurs du jeu quelques heures supplémentaires d’amusement. Il est bien dommage et incompréhensible que Need for Speed The Run ne propose pas de mode multijoueur en écran-splitté. Cela semble malheureusement être devenu une habitude pour la plupart des jeux.

 

Une technique en dents de scie et une liberté sacrifiée

Need for Speed, du moins certains épisodes dont Hot Poursuit, s’illustre notamment par des courses infernales au cours desquelles l’exploitation optimale de toute la surface du jeu s’avère cruciale et passionante. Et cela d’autant plus que les courses peuvent se montrer parfois particulièrement musclées avec le cumul des adversaires, de la police et de la circulation. Pourtant, par négligence ou faute de temps, il en va tout autrement dans Need for Speed The Run, ce qui constitue le défaut principal du jeu.

En vous écartant parfois à peine de la route (un mètre ou deux), votre bolide sera considéré comme « hors zone »  ce qui entraînera un respawn, comme si vous aviez fait un accident… Imaginez-vous en pleine course, doublant un adversaire par la droite en dépassant sur la terre battue et être automatiquement sanctionné par un respawn (intempestif) au dernier point de passage… Cela peut même se produire lorsque vous décidez de couper un virage en passant un petit peu sur le terre-plein central. C’est extrêmement frustrant car cela signifie non seulement que vous n’avez aucune liberté de mouvement mais, de surcroît, que vous serez pénalisé et vous énerverez tout au long des courses puisque vous perdrez des « vies » et du temps alors même que votre conduite serait irréprochable. Cela constitue un défaut affligeant, totalement incompréhensible et impardonnable pour un jeu de course arcade sorti en 2011 !

Du côté des défauts techniques, on pourrait également mentionner les cut-scènes d’introduction : la conduite commence pendant la cut-scène, il peut donc arriver qu’à la sortie de cette dernière, vous fonciez droit dans un poteau ou commenciez tout simplement la course en étant mal orienté. Ce n’est pas très gênant, surtout une fois qu’on s’en est rendu compte, mais c’est un détail assez irritant pour être mentionné.

S’agissant de la prise en main, un temps d’adaptation est nécessaire et celle-ci comporte quelques lacunes. Les bolides ne répondent pas au doigt et à l’oeil, ce qui peut parfois être un peu frustrant. Il est conseillé de jouer en vue intérieure qui offre beaucoup plus de précision et de sensations de vitesse. La vue extérieure est quant à elle à éviter tant la maniabilité devient alors pénible et les sensations de vitesse inexistantes. Seul petit bémol en vue intérieure : aucun rétroviseur ! Une fois que vous saurez conduire convenablement votre véhicule, vous passerez alors quelques bons moments malgré les lacunes du jeu, du moins en environnement naturel. 

Pour terminer, le nouveau moteur graphique de DICE « Frostbite 2 », réputé au travers de son utilisation dans Battlefield 3, est également utilisé pour Need for Speed The Run. Malheureusement, on est loin du compte avec une modélisation des personnages d’un autre âge et une technique en dent de scie pendant les courses. Dans l’ensemble, le jeu est plutôt beau mais certaines textures laissent à désirer avec une herbe et des feuillages de qualité médiocre. Le jeu reste plutôt joli à regarder mais en-dessous de Hot Poursuit pourtant sorti il y a un an…

 

En conclusion 

Need for Speed The Run était très attendu par les amateurs de la série mais n’est malheureusement pas à la hauteur. Probablement la faute à un timing trop serré pour développer correctement le jeu mais aussi la faute à un éditeur ayant probablement cherché à voguer sur la vague de succès d’Hot Poursuit à moindre frais. Il en ressort une bouillie difficile à digérer… Les amateurs de courses arcade passeront quelques bons moments mais seront également frappés par les limitations du jeu et son manque de punch et de finition. Avec une police inexistante, des adversaires fantômes et toutes les limitations techniques du titre, difficile d’être satisfait après l’excellent Hot Poursuit.

Need for Speed The Run est donc un jeu sans saveur, sans adrénaline et sans originalité qui disparaîtra malheureusement bien vite de nos mémoires.

 

Test réalisé à partir d’une version Playstation 3. 

NOTE MaXoE
4 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Need for Speed The Run nous déçoit par son manque total de saveur et ses limitations techniques. Bien en-dessous de Hot Poursuit, il ne vous laissera pas un souvenir inoubliable !
ON A AIMÉ !
- la diversité des environnements
- la sensation de vitesse en vue intérieure
ON A MOINS AIMÉ...
- une maniabilité qui laisse à désirer
- scénario pathétique
- parcours peu intéressants
- l'absence totale de liberté de déplacement
- la trop grande fragilité des véhicules
- le mode solo trop court
Need for Speed The Run
Editeur : Electronic Arts
Développeur : EA Black Box
Genre : Course
Support(s) : PS3, Xbox360
Nombre de Joueur(s) : Jusqu'à 8 joueurs en ligne
Sortie France : 17/11/2011

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