A l’occasion de la sortie du dernier Call Of Duty qui revient à ses premiers amours, à savoir la deuxième guerre mondiale, nous vous proposons de revenir sur ce moment de l’histoire et comme d’habitude nous allons le décliner selon les thématiques qui nous sont chères : la BD, le cinéma, les jeux vidéo, la musique et puis plein d’autres choses bien sûr.  Il fait suite au précédent Focus que nous vous avions proposé sur la Grande Guerre. Notre ... En savoir plus !
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La BD steampunk du jour : Le voyage extraordinaire T1 & 2 de Filippi & Camboni

Le voyage extraordinaire de Filippi et Camboni offre un univers steampunk dans lequel les enfants jouent un rôle majeur. Cela permet de déverser sur ce monde frappé par une guerre sans fin un lot de poésie par le regard encore naïf de ceux qui le découvrent de façon parfois abrupte. Jules Verne reste la référence de cet univers qui offre une richesse de décors qui laisse sans voix. Une série à découvrir pour sa légèreté et la récréativité qu’elle offre…

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voyage extra couvDans le premier volet de cette série fantastique qui baigne dans le steampunk, nous avions fait la connaissance d’Emilien et de Noémie, deux jeunes enfants bricoleurs émérites, pensionnaires d’un institut plutôt rigide. Nous étions en fin d’année et Noémie retrouvait ses parents qu’elle n’avait pas revus depuis un certain temps… Emilien quant à lui s’inquiétait de la disparition de son père qui devait participer au concours Jules Verne dédié aux inventions avec sa machine submersible. Accompagné d’Amélia, leur nouvelle préceptrice, de Terrence et de Winfrey, les deux enfants décident de quitter l’Angleterre pour s’inscrire avant la date limite au concours auquel voulait participer le père d’Emilien, sachant que cela pourrait les remettre sur sa piste…

Avant de traverser la Manche, Emilien est hébergé par sa tante Isabella qui, tout heureuse de revoir son neveu, lui réserve, ainsi qu’à ses amis, le plus bel accueil. Le havre de paix dans lequel vit Isabella, retirée des agitations de ce monde, offre un repos bien mérité à notre petite troupe qui va vivre dans les heures qui viennent de nombreuses péripéties. Londres bombardée offre en effet un visage bien sombre, car il faut savoir que nous sommes de plain-pied dans le premier conflit mondial et plus précisément en 1927 – donc dans un monde uchronique – et que la guerre entre les alliés et l’Allemagne fait rage. Ce conflit se trouve complexifié par l’intervention d’une troisième force qui utilise des robots géants pour frapper au hasard et sans distinction l’un des deux camps. Peut-être pour exposer de façon criarde aux yeux du monde les aberrations d’un passage à l’acte militaire pour régler des questions géopolitiques.

Après bien des frayeurs vécues pour rejoindre le continent, Emilien et ses amis arrivent sur Paris qui offre un visage mixte de luxuriance végétale et de technologies urbaines poussées à leur paroxysme sans que cela ne rompe pour autant l’harmonie qui semble se dégager de la ville, comme si l’équilibre fragile entre sciences et nature avait trouvé là son modèle de mise en œuvre. Arrivés à temps pour l’inscription au concours Jules Verne, où ils héritent du box B4 pour leur machine, Emilien, Noémie, Amélia, Terrence et Winfrey ne pourront pourtant pas profiter de la journée pour se reposer avant le grand départ et ils ne sont pas au bout de leurs surprises…

Cette série orchestrée par Denis-Pierre Filippi arrive à concilier tout à la fois un monde encore naïf et préservé (la végétation parisienne des Buttes Chaumont en est l’expression même) à l’image d’Emilien et Noémie et la présence d’une technologie qui trouve dans les villes des capacités de développement sans véritablement limites. L’équilibre qui doit s’opérer entre les deux prouve la fragilité de ce monde mais aussi permet d’entrevoir une harmonie possible qui permet de concilier poésie et mécanismes complexes. Pourquoi pas ! Ce monde très marqué par l’univers construit par Jules Verne, à l’image des couvertures des deux premiers volets, repose sur un dessin qui sublime la trame. Car si le scénario habilement composé avec son lot de suspenses et de rebondissements donne à cette série une touche qui la singularise, le dessin lui permet de nous en mettre plein les yeux. L’influence Disney se lit dans la patte de Camboni qui donne de l’expressivité à ses personnages sans lourdeurs. Les décors extérieurs exposés en plongée ou contre-plongée permettent de densifier un univers riche qui déborde parfois des cases. Un modèle de réussite dont nous attendons avidement la suite…

Filippi & Camboni – Le voyage extraordinaire T1 & 2 – Vent d’Ouest – 2012 & 2013 – 13, 90 euros l’un