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Cult of the Lamb : Le Seigneur des Agneaux !
Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs…

NOTE DE MaXoE
8
VOTE DES LECTEURS
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Dévoilé pour la première fois l’année dernière lors de l’événement Gamescom, Cult of the Lamb nous avait laissé une forte impression : son visuel cartoon, son mélange entre Roguelike et Gestion, et son univers sombre n’y étant pas étranger. Dans tous les cas, une chose est sûre, après l’avoir eu entre les mains, on peut vous dire que vous ne verrez plus l’expression « doux comme un agneau » du même œil… Est-ce un bon ou mauvais signe ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir tout de suite ensemble.

Cult of the Lamb est la quatrième production des développeurs de Massive Monster. Ce studio indépendant, basé à la fois en Australie et au Royaume-Uni, a été fondé en janvier 2016. L’équipe aime mettre l’accent sur des titres utilisant une certaine ingéniosité, personnalité, créativité, avec un petit côté sournois (vengeance, tenter de survivre difficilement,…).

On leur doit Unicycle Giraffe, soft jouant sur la physique, paru sur mobiles en 2019, le Plateformer Hardcore Never Giver Up, titre également disponible depuis 2019, mais cette fois sur Switch et Steam, ainsi que leur premier jeu sorti en 2018 sur l’ensemble des supports : The Adventure Pals mettant en avant cette fois-ci la Plateforme et l’Aventure.

Pour leur dernière production, Cult of the Lamb, les développeurs nous proposent une histoire de sacrifices, et de vengeance, deux thèmes mis en avant sous une direction artistique cartoon des plus réussie, mélange entre mignonnerie et axe sanglant…

Culte, sacrifice, vengeance

Dans cet univers sombre, ceux que l’on nomme les « Prélats », sorte de gardiens/divinités, régissent en maître. Pour éviter qu’une prophétie malsaine -selon eux- ne se réalise, ils sacrifient tous les agneaux sans aucune distinction.

Aujourd’hui, c’est au tour du dernier d’entre eux, de trépasser sous la lame d’un bourreau. Mais tandis qu’il perd la vie, l’animal est envoyé dans l’au-delà, où il y rencontre « Celui qui Attend », le diable, ou divinité, crainte et bannie autrefois par les Prélats.

Ce mystérieux personnage veut faire de l’agneau son Porte-Couronne. En échange, l’ovin -qui ressuscitera d’entre les morts- devra créer un culte tout puissant en son nom, et donc accueillir des adeptes, les guider d’une main de maître (en étant bon ou tyran), mais aussi se débarrasser des Prélats, ceci afin de venir en aide à son sauveur. Bien qu’il n’ait pas d’autres choix, notre agneau accepte volontiers, signant aussi l’occasion pour lui de se venger.

Enrobée dans un écrin cartoon, disposant d’une D.A très flatteuse pour la rétine, cette histoire est pourtant composée de noirceur, avec son culte, ses sacrifices, ses emprisonnements, son possible cannibalisme, ou encore les responsabilités du gourou/chef. Si le but est connu d’emblée, avec des connaissances de l’univers s’étoffant au fil de l’avancée et de discussions scénaristiques, c’est à vous de constituer vos enseignements, et de prêcher la bonne/mauvaise parole en utilisant des lois et doctrines qui siéent le plus à la manière d’établir votre culte. Allez-vous opter pour un havre de paix en étant aimé de tous, ou inspirer la crainte ? Peu importe votre choix, « Celui qui Attend », n’attend pas justement.

Un mélange Roguelike et Gestion complémentaire

Mais avant d’être respecté, et/ou même craint de tous, il faut s’armer de patience, en évoluant sur deux fronts distincts. D’un côté, nous avons de l’Action/Roguelike se déroulant dans des donjons, et de l’autre, une partie Gestion de ressources et de culte, tout ceci relié à un cycle jour/nuit, ainsi que trois jauges spéciales (foi, faim, infections/maladies).

Même s’ils sont volontairement dissociés, ces deux genres de gameplay fonctionnent très bien ensemble avec une certaine complémentarité, au point de devenir rapidement addictifs, même si l’on note actuellement de petites lacunes. Par contre, là où cela pourra tiquer ou interpeler les adeptes des deux styles, c’est un manque de profondeur, et de confort (système d’automatisation de certaines tâches absent) à l’heure actuelle, aussi bien pour la partie Roguelike que Gestion, et ce malgré la volonté de bien faire de Massive Monster. Cult of the Lamb est donc un titre accessible avec un contenu généreux, mais se débloquant un peu trop rapidement.

Une partie gestion prenante 

Commençons par la partie Gestion, le plus gros morceau de l’aventure. Une fois arrivé au camp servant de base, il est l’heure de promouvoir votre culte, et de réaliser des constructions. Comme dans les jeux du genre, il suffit d’être en possession de piécettes, de minerais, ou encore de bois pour poser la base de plusieurs édifices : des lits rudimentaires pour les adeptes (à recruter), une cuisine au feu de bois, des lopins de culture, une église, des mines, une prison, etc…. Tous ces éléments permettent d’instaurer un certain « bien être » dans la communauté établie.

D’ailleurs cette communauté, parlons-en ! Chaque adepte reconverti au culte possède ses propres bonus et malus tels que des sensibilités aux maladies, des doutes sur la foi, etc… Mais comme chaque pensionnaire, il faut lui fournir un toit, le nourrir et faire en sorte qu’il vénère le gourou (l’agneau donc), ceci afin de ne pas empiéter sur les doctrines et les lois du culte.

Bien sûr, ces « brebis » peuvent être mises à contribution, et c’est même indispensable pour la réalisation de plusieurs tâches quotidiennes, tâches que vous devrez réaliser par vous-même pendant un certain temps du début de l’aventure (avant autonomie, et autosuffisance de vos adeptes) : récolter du bois, des baies, se rendre aux mines, se reposer, ou tout simplement prier, et ainsi faire prospérer le culte chaque jour un peu plus. Tout ceci a pour but de montrer que vous êtes le chef, et que vos membres ne se rebellent pas contre vous, même si, rassurez-vous, il sera possible de les en dissuader de plusieurs manières.

Pour garder une grande estime dans leur cœur, il faudra répondre à leurs sollicitations : quêtes annexes (rapporter des objets, faire de la cuisine, des « blagues »,…), besoins nutritifs, confort personnel, et bien sûr la foi/dévotion. Mais aussi veiller à ce qu’ils ne tombent pas malades à cause d’excréments, ou même de l’odeur de putréfaction des cadavres, car oui, les membres de votre culte vieillissent, et trépassent à un moment ou un à autre.

Mais vous pouvez aussi vous servir de ces états de fait dans l’établissement de lois, de doctrines et d’infrastructures. Parmi les doctrines présentes comme le maintien de l’ordre, le bien matériel, ou même le travail, il faut faire des choix.

Par exemple, si vous pensez ne pas être en mesure de contenter tout le monde, vous pouvez prévoir de payer des pots-de-vin aux plus récalcitrants, ou au contraire, de leur extorquer ce qu’ils possèdent pour remplir vos caisses, et créer de nouveaux bâtiments,… Il est aussi envisageable de les faire devenir végétarien, ou alors cannibale, et donc qu’ils se nourrissent des défunts,… de sacrifier des membres, ou de danser autour d’un feu, etc…, etc…

Le culte de vos rêves peut donc être aussi bien paisible, libre, en toute gaieté, que totalement sanglant et sauvage, un choix que l’on apprécie grandement d’ailleurs, tout en sachant que malgré les choix effectués, il faudra toujours que les adeptes du culte soient en harmonie avec leur guide, même par leur foi.

Cette dévotion, récupérable par les prières des membres, ou les divers rituels comme mentionnés plus haut (danser, sacrifice,…) est un point essentiel pour ouvrir des branches à des arbres de compétences, c’est avec eux que vous allez pouvoir débloquer des bâtiments (prison, toilettes, confessionnal,…), et à l’église, les améliorations se feront pour augmenter le pouvoir de notre agneau (PV supplémentaire définitif, armes maudites empoisonnantes,…). Tout est vraiment là pour satisfaire le moindre de vos désirs, même si comme nous en parlions plus haut, certaines fonctionnalités se débloquent un peu trop rapidement à notre goût.

On peut aussi citer quelques tâches pouvant devenir, selon sa patience, aussi bien un sentiment d’immersion supplémentaire que rébarbatif à la longue, par exemple la bénédiction manuelle en allant, à chaque nouvelle journée, prononcer une bénédiction à chaque adepte. Dans tous les cas, découvrir son culte et sa petite bourgade évoluer, grandir et se métamorphoser, a de quoi satisfaire, et éviter la lassitude.

Et du Roguelike plus classique et efficace

En plus de cette partie proposant de multiples choix à faire/gérer dans le système de Gestion, ainsi que la réalisation de mini-jeux, il y a comme nous le disions, de l’Action/Roguelike. Cela consiste à se rendre au cœur de donjons pour se débarrasser des hérétiques et des Prélats, tout en rapportant, au passage, des denrées/ressources indispensables au bon maintien du camp.

Mais avant « d’entrer en guerre », on vous conseille toutefois de gérer le maximum de tâches possibles de la journée en cours au camp, surtout par rapport au cycle jour/nuit, et aux motivations des adeptes. Effectivement, le temps continue à défiler lorsque vous vous rendez dans les donjons, et à ce moment-là, il n’est malheureusement pas possible de voir les différents indicatifs (foi, faim, maladie pour rappel), ce qui laisse une certaine surprise, bonne ou mauvaise, à votre retour.

Mais vous allez aussi devoir faire des choix parmi les « grands itinéraires » à chaque visite de donjons. Par exemple, plutôt privilégier un chemin rapportant des denrées alimentaires, ou alors se diriger vers un sauvetage d’adepte, ce dernier pouvant aider au camp (avec tous les points positifs/négatifs qui en découlent), mais aussi partir en missions dangereuses ? À vous de voir.

Toujours est-il qu’à chaque passage, chaque donjon, à la construction aléatoire, se compose de plusieurs salles adjacentes étant connectées entre elles. Ces pièces, rappelant d’anciens opus The Legend of Zelda (dans les donjons en vue d’hauteur), Hades, ou encore The Binding of Isaac, renferment aussi bien des PNJs, ces derniers pouvant être des adeptes à sauver, que des « marchands » offrant/vendant des sortilèges, et/ou des armes, ou même un « voyant » confiant des cartes de tarot.

Plus qu’un simple gadget, ces cartes -à choisir et aléatoires- contiennent des bénédictions temporaires pour chaque visite en cours. Il peut s’agir d’un multiplicateur de dégâts, d’octroyer des PVs supplémentaires, d’augmenter la vitesse de frappe, etc… Un système de bénédictions/malus bien utilisé que l’on retrouve régulièrement dans les Roguelike/Roguelite tels que Revita, Hades, entre autres.

En plus de ces PNJs, les autres salles disposent de pièges (piques,…), et bien sûr d’ennemis à pourfendre. Face à ces insectes, chauves-souris, et autres bestioles, les joutes sont dynamiques et très facile d’accès, on utilise habilement les esquives contre des projectiles et des attaques, on assène des coups en fonction de notre armement, et de nos sortilèges. D’ailleurs, que ce soit pour l’un ou l’autre, chaque élément varie un peu le dosage du gameplay. Il est évident qu’une hache, faisant plus de dégâts qu’une petite dague, est moins rapide que cette dernière, de même certaines magies (dits maléfices) s’effectuent par un lancer à distance, ou même au corps-à-corps. Alors même si le soft n’est pas là pour réinventer le Roguelike, les sensations sont bonnes et c’est là le principal, dommage cependant de trouver quelques soucis de lisibilité quand les ennemis se fondent derrière le décor.

Une DA Sublime

Synonyme de noirceur, de barbarie, ou même de gaieté et de mignonnerie, Cult of the Lamb accroche facilement avec son ambiance visuelle cartoonesque, et sa direction artistique. D’ailleurs, et là c’est un petit compliment à Massive Monster, on retrouve un petit aspect à la Paper Mario sur cette patte graphique. Les plans de jour comme de nuit sont parfaitement retranscrits, et la vie du quotidien se fait sentir avec de belles animations, cutscenes, et destruction des éléments du décor.

Les squelettes de nos opposants jonchent le sol, les incantations magiques, le bois, les caisses, les fleurs, l’herbe, les frappes alliées/ennemies, tout a été réalisé dans un certain soin du détail. On regrette juste, comme on l’a déjà mentionné dans la partie précédente, quelques soucis de lisibilité, principalement lorsque nos adversaires se cachent derrière le décor. Un quasi-sans-faute donc. Pour finir, précisons que les textes sont bien évidemment traduits dans notre belle langue de Molière.

Testé sur Xbox Series X

NOTE MaXoE
8
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Dernier jeu de Massive Monster distribué par Devolver Digital, Cult of the Lamb montre encore une fois que la scène indépendante a un sacré savoir-faire. Alors oui, les habitué(e)s des Roguelike et de la Gestion pourront lui reprocher de ne pas aller jusqu’au bout dans ce qu’il propose, mais en même temps, en restant sur cette base, cela permet d’instaurer une très grande accessibilité dans ces deux facettes. On s’amuse dès les premiers instants à développer notre petite base, à traverser des donjons, et à chouchouter les adeptes, -éventuellement les martyriser-, le tout dans un état d’esprit non choquant. Une belle surprise, d’autant que les développeurs sont déjà à l’œuvre pour de futures mises à jour.
ON A AIMÉ !
- Voir son culte grandir et l’orienter comme on le souhaite
- La direction artistique
- La partie gestion (communauté,…)
- Contenu généreux
- Des combats dynamiques
- Peut devenir rapidement addictif
ON A MOINS AIMÉ...
- Quelques soucis de lisibilité
- Certain(e)s trouveront un manque d’automatisation/profondeur de certaines tâches
- Manque d’un véritable endgame
Cult of the Lamb : Le Seigneur des Agneaux !
Cult of the Lamb
Editeur : Devolver Digital
Développeur : Massive Monster
Genre : Action, Roguelite, Roguelike, Gestion
Support(s) : PC, PS4, PS5, Switch, Xbox One
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 11/08/2022

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