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Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster : Un demi-démon qui porte bien son nom
Un retour qui n’est pas à la hauteur des qualités du soft...

NOTE DE MaXoE
7
VOTE DES LECTEURS
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Alors qu’un cinquième opus de Shin Megami Tensei est attendu pour cette année 2021, Atlus a effectué une conversion « HD Remaster » de son troisième épisode, un bon moyen de faire découvrir cette licence méconnue au plus grand nombre. Sorti en Occident sous le nom de Shin Megami Tensei - Lucifer’s Call (ou SMT3 Nocturne en dehors de l’Europe), ce JRPG revient donc plus de 15 ans après sa disponibilité sur PS2. Sa réputation de jeu au tour par tour difficile et son ambiance peuvent-elles encore séduire aujourd’hui ? Verdict dans ce test !

Revenons brièvement sur la série Shin Megami Tensei (ou SMT) ayant donné notamment lieu à la naissance et donc à l’apparition de l’excellente sous-franchise Persona. SMT, également appelé MegaTen, a vu le jour sur le sol nippon avec un premier opus paru en 1992 sur SNES. La série fut alors cantonnée au pays du Soleil-Levant pendant une bonne décennie avant que le public occidental puisse découvrir un épisode de la saga, ce qui fut le cas avec ce SMT – Lucifer’s Call (ou SMT3 Nocturne en dehors de l’Europe) en 2005 sur notre territoire. Pour l’occasion, c’était Ubisoft qui était responsable de la distribution, ce qui a valu au titre une localisation française de ses sous-titres.

La fin du monde a déjà eu lieu

Cette traduction française est évidemment disponible encore une fois aujourd’hui. Une bonne nouvelle pour que les nouveaux(elles) puissent s’y essayer et découvrir un univers post-apocalyptique fort intéressant.

L’aventure commence à Tokyo où l’on incarne un étudiant lambda muet que l’on peut nommer comme bon nous semble. Ce dernier cherche à rejoindre ses ami(e)s Chiaki et Isamu afin de rendre visite à leur professeure actuellement à l’hôpital de Shinjuku. Mais en arrivant sur place, la bâtisse se révèle curieusement vide de tout occupant.

Ce fait pour le moins étrange semble étroitement lié à une altercation étant survenue il y a quelques jours dans le parc Yoyogi et ayant provoqué plusieurs décès. Sauf que sous l’apparence d’une simple émeute entre civils et groupe d’une société, il s’avère que des membres d’une sorte de secte, adepte des sciences occultes et du culte de Gaïa, ont suivi scrupuleusement les indications des « Écritures de Miroku », un « livre » traitant d’une prophétie démoniaque. Ce dernier évoquant même la fin du monde et sa renaissance sous forme de « Conception ».

Ces éléments ne tardent pas à être vérifiés dans cet hôpital de Shinjuku. Non seulement notre personnage y fait une curieuse rencontre mais en plus il découvre que Yuko Takao, sa professeure, est aussi membre de cette organisation souhaitant reformer le monde. Peu après, une apocalypse survient et notre étudiant fait désormais partie des derniers survivants humains. Enfin il l’était jusqu’à ce qu’il devienne un demi-démon suite à l’implémentation d’un Magatama (un vers démoniaque). Comme si cela n’était pas suffisant, notre personnage est ce que l’on peut appeler un « Elu », il peut donc, à sa convenance, rebâtir le monde ou le détruire. Une lourde tâche l’attend dans ce nouveau Tokyo dévasté étant articulé sous une forme de monde sphérique régie par une « lune » très étrange.

Précisons que l’on partage réellement cette lourde tâche avec cet étudiant puisque nos choix de réponses lors de dialogues auront des répercussions sur le devenir du monde. De quoi découvrir plusieurs fins selon nos « idéaux » et ceux de plusieurs factions aux multiples philosophies… Avant d’en savoir plus et d’en voir le bout, vous allez (re)découvrir une aventure à l’ambiance et au scénario sombres et relativement matures à la fois. Alors oui, même si les débuts sont plus qu’énigmatiques, on est tout de même rapidement intrigué et accroché par cet univers fin de monde et ce qu’il dégage, ce qui ne sera pas forcément le cas des personnes beaucoup moins réceptives à ce genre d’univers.

Dommage, car ces derniers passeront à côté d’un scénario très bien écrit s’accompagnant de sous-titres français l’étant tout autant. À côté de cela, cet HD Remaster se base sur la version Nocturne japonaise/américaine, Raidou remplace logiquement la Guest-Star Dante (Devil May Cry) qui était lui présent dans la mouture européenne Lucifer’s Call. Si les joueur(euse)s de la première heure, en version non-import, auront donc le loisir de rencontrer Raidou et de constater son importance dans l’aventure, les fans du fils de Sparda, eux, pesteront assurément en apprenant que pour avoir/accéder à Dante dans cet opus, il faut passer par la case du DLC payant nommé « Maniax ».

Une structure « rétro »

La structure générale du soft s’oriente autour de ce Tokyo nouvellement « recréé » prenant la forme d’un monde dévasté sphérique articulé autour d’une « lune » ayant son importance dans l’aventure. Et de monstres qui pullulent aux quatre coins ou presque depuis l’avènement de la Conception.

Si vous connaissez la mouture initiale sur PS2, autant dire que vous serez en terrain connu dans cet univers atypique, alors que les nouveaux(elle)s découvriront un retour en arrière de 15 ans type « rétro » dans le sens où ils ne seront pas pris par la main.

Effectivement pour ces derniers, l’exploration des lieux n’en sera que plus délicate, car pour s’orienter il faut se référer aux indications très importantes des PNJs fantomatiques, même si parfois ils sont assez vagues dans leur description. Ces PNJs sont trouvables aussi bien sur les terres dévastées de Tokyo -faisant office de World Map- que durant la visite de divers environnements intérieurs et extérieurs correspondant soit à la « Cathédrale des ombres » servant de Fusions de monstres à l’instar des Persona, soit à des donjons.

Ces donjons sont répartis en plusieurs étages comportant de nombreuses salles et couloirs de taille variable. Si l’on peut y trouver des « trésors », ces endroits labyrinthiques jouent avec les codes de réalisation d’énigmes devenant plus complexes au fil du temps et de portes fermées à clé. Pour les ouvrir, cela nécessite alors de retourner sur ses pas et de faire un ou plusieurs détours jusqu’à ouvrir la porte tant convoitée, cette dernière faisant ensuite office de grand raccourci indispensable pour retourner dans des pièces « sûres ». Autrement dit une salle de soin et de sauvegarde, généralement assez espacée, ce qui peut être déroutant pour les novices. À ce sujet, cette version HD Remaster profite désormais d’un ajout très utile : une sauvegarde rapide réalisable à tout moment. Si l’on apprécie forcément cette fonctionnalité pour ne pas réitérer plusieurs fois un même passage, on regrette fortement qu’elle nous oblige à devoir quitter notre partie en cours.

Des combats stratégiques et difficiles

Durant nos pérégrinations, il faut aussi faire attention à deux éléments : en premier les phases de la lune modifiant le comportement de certains monstres et en second un radar à monstres nous indiquant quand aura lieu la prochaine bataille aléatoire, en sachant que la fréquence des combats est plutôt élevée.

Les facultés de notre personnage demi-démon sont alors indispensables pour que l’on puisse s’en sortir. Tout d’abord, les différents Magatamas ou vers démoniaques, trouvables et achetables, s’équipent et servent d’accès à l’ajout de caractéristiques maximales supplémentaires temporaires (PV, etc…) ainsi qu’à diverses techniques mais ils possèdent également leurs propres forces et faiblesses. Pour simplifier, on peut les apparenter à des classes, il est ainsi évident qu’un type « mage » possède moins d’attributs de force qu’un type guerrier par exemple, de même pour les caractéristiques et les techniques que l’on peut apprendre. Jongler entre ces Magatamas est donc un excellent moyen de découvrir les possibilités et l’orientation que l’on souhaite faire prendre à notre étudiant. Attention toutefois, un Magatama peut se manifester dès la prise de Level de notre personnage et en le laissant agir, il peut tout aussi bien nous soigner que nous octroyer des malus.

Bien entendu, ces malus représentent un défi supplémentaire lors d’affrontements.Ces combats se déroulent à la manière d’un JRPG classique et efficace avec diverses actions réalisables comme la fuite, l’attaque principale, l’utilisation de capacités et le fait de pouvoir parlementer avec nos adversaires. L’un des buts principaux reste de recruter des monstres afin d’en faire des alliés et donc de les faire également participer aux affrontements. Sauf que les démons sont plutôt malins et ont quelques conditions précises avant de rejoindre votre équipe comme des demandes d’objets, tandis que d’autres sont moins réceptifs à cause du changement des phases de lune. Mais attention, ce n’est pas parce que l’on accède à la demande d’autrui que l’ennemi accepte de nous rejoindre. Fourbe qu’il est, seul l’un des membres de sa famille (un « démon cousin » par exemple) peut alors parfois le faire changer d’avis.

Avec ces démons dans notre équipe, la donne change alors via le système de Press Turn System du soft, un système que vous allez forcément associer à Persona encore une fois. Si l’on dispose toujours des facultés et attaques de base, l’exploitation de faiblesses adverses est indispensable à cette feature et apporte du sel supplémentaire. Effectivement, ce Press Turn System équivaut à un tour par tour dérivé où les attaques ratées retirent le tour suivant de l’un de nos acolytes voire plusieurs. L’inverse est aussi possible, et l’exploitation de faiblesses élémentaires apporte un tour supplémentaire à l’équipe. Autant vous dire que la stratégie est de mise, et que les affrontements face aux boss sont assez coriaces, voire punitifs et ce, même via la difficulté de base. Par ailleurs, pour ce Remaster HD, un mode supplémentaire sera accessible via le DLC « Permissif » afin d’alléger la difficulté générale du titre, DLC qui devrait être disponible gratuitement à la sortie du jeu, ce 25 mai prochain donc.

Une remasterisation faisant le strict minimum

Si le titre possède donc de nombreux atouts autant par la notion scénaristique que pour les combats stratégiques et implacables, il ne faut pas oublier que nous sommes en face d’une version HD Remaster disposant d’un « rajeunissement » mais aussi d’un certain ancrage dans le temps qui peut repousser aujourd’hui.

De base à sa sortie en 2005, le soft utilisait un monde et une ambiance très épurés, ce qui lui avait valu plusieurs critiques à l’époque en raison de la comparaison avec la concurrence du moment. Aujourd’hui cet aspect peut donc plaire ou totalement déplaire et ce, même si l’on apprécie l’originalité de cette vision post-apocalyptique de ce SMT3 Nocturne.

Mais que l’on aime ou non cet enrobage, on s’attendait à un travail de remasterisation un peu plus poussé, là clairement on est resté sur notre faim. Effectivement si le bestiaire est toujours aussi varié et inspiré de différentes cultures comme de l’hindoue et que les personnages profitent d’un rendu de modélisation plus net, l’attrait de certains lieux est contrebalancé par des textures grossières. On regrette également que les cinématiques soient restées au format 4:3 d’origine et n’aient pas profité d’une adaptation en 16:9, contrairement au reste du jeu. De même, on pense aussi au fait que l’interface n’a pas été remaniée et soit donc moins ergonomique qu’un soft plus actuel, même si l’on s’en accommode assez rapidement.

Concernant son ambiance sonore, nous retrouvons les thèmes originaux et de qualités composés par Shoji Meguro, que vous connaissez certainement pour son travail sur Persona 5, ici ses musiques contribuent bien à cette ambiance si spéciale. Enfin si les sous-titres sont une nouvelle fois en français, le soft bénéficie d’un ajout de taille en la présence d’un doublage anglais et japonais inédit pour l’occasion.

Testé sur PS4 Pro

NOTE MaXoE
7
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster a de quoi séduire avec son univers très particulier, son scénario prenant sombre et mature, mais aussi notamment pour ses choix et ses affrontements difficiles et stratégiques dont l’erreur se retournera très souvent contre vous. À cause ou grâce à cette difficulté justement, le titre est surtout à mettre dans les mains de personnes persévérantes de JRPGs aimant aller au bout des choses et celles/ceux n’étant pas rebutées par l’aspect graphique relativement froid et plus « rétro ». Rappelons que nous n’avons pas eu accès au DLC de difficulté Permissif durant notre test, nous ne pouvons donc juger sur ce point, mais on va seulement former l’hypothèse que si le soft se révélait beaucoup trop facile dû à ce DLC Permissif, il en perdrait aussi l’une de ses forces : ses combats stratégiques. Malgré ces points extrêmement positifs donc, c’est du côté de la remasterisation que les choses jouent en la défaveur du soft. En effet, on doit vraiment se contenter du strict minimum, de même on regrette fortement aussi l’apparition de DLCs payants alors que Dante était accessible directement sur la mouture PS2.
ON A AIMÉ !
- L’ambiance
- Le scénario
- Des combats stratégiques et difficiles
- Le système de fusion
- La (re)découverte de Raidou
- L’OST
- Le doublage inédit (anglais/japonais)
ON A MOINS AIMÉ...
- Dante uniquement disponible via DLC payant…
- … de même pour des donjons supplémentaires
- Un travail de remasterisation qui manque d’envergure
Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster : Un demi-démon qui porte bien son nom
Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster
Editeur : Atlus
Développeur : Atlus
Genre : JRPG
Support(s) : PC, PS4, Switch
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 25/05/2021

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