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La BD du jour : La petite souriante de Zidrou et Benoît Springer (Dupuis)

Un climat lourd, tant dans les landes de terres désertiques sur lesquelles évoluent les protagonistes de ce récit que dans les rapports et les sentiments qui les animent. La petite souriante revisite le récit gore avec pas mal d’humour et cette envie de ne pas se prendre au sérieux, et ça fait mouche !

Quelque part dans un désert ni hostile ni séduisant un homme, éleveur d’autruches de son état, tente d’en finir avec sa femme. A coups de masse assénés avec entrain notre homme croit enfin parvenir à ses fins. Le sang colle aux vêtements et à la peau mais la délivrance, puisqu’il s’agit bien ici d’une délivrance face à une femme qu’il n’a peut-être jamais vraiment aimée, vaut l’effort consenti et la tee-shirt de coton qu’il porte sur lui. S’en retournant chez lui après avoir pris le soin de déposer le corps désarticulé de la femme au fond d’un puit asséché, ici ou là dans le désert obscur, il découvre à ses dépens que cette fin ne possède pas la saveur acidulée qu’il avait un temps espéré. Et l’oubli du beurre qu’il s’en était allé chercher n’est pas la seule de ses contrariétés à venir. Si bien que les visées sur la jeune fille de celle qu’il vient d’occire grossièrement risquent d’être remises à plus tard.

A la manière des films gore à sketches qui pouvaient voir le jour dans les années 80 et 90, La petite souriante déborde de dérision et d’un humour parfois noir sur lequel surfe Benoît Springer dans une mise en scène d’une efficacité redoutable. Le début de ce récit est mené comme Zidrou sait le faire, avec une plongée rapide dans le contexte. En deux trois phrases le scénariste donne le ton et l’orientation du récit. C’est souvent incisif, ça claque comme le sont les échanges entre les différents protagonistes de cette histoire sans véritable fin. Une boucle qui a du mal à se boucler et pour cause, le dicton qui dit que la vie reste un éternel recommencement, possède toute sa puissance dans cette histoire. Sur La petite souriante, inspirée d’une chanson écrite par Edmond Bouchaud en 1908, reproduite dans le petit cahier graphique qui clôt l’album, les deux auteurs ont pris pas mal de plaisir à développer la trame de cette histoire sordide et ça se voit sur chaque planche, sur chaque dialogue ciselé au cordeau. Si le fond nous séduit la forme joue aussi son rôle dans la force d’attraction de cet album. Un format type vieux cahier cartonné, qui se ressent jusque dans le toucher de la couverture, donne au récit l’aspect d’un vieux conte redécouvert par hasard dans une malle qui ne demande qu’à être redécouvert. Un album qui plaira aux amoureux du gore et bien au-delà !

Nous avons publié de nombreux articles sur Zidrou, vous pouvez les retrouver sur cette page. En ce qui concerne Benoît Springer, nous avons publié dès 2011 une chronique de son ouvrage La Boussole puis celle de L’indivision à l’occasion d’un dossier spécial Zidrou. Et enfin celle de L’ivresse.

Zidrou & Springer – La petite souriante – Dupuis – 2018 – 14,50 euros