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Retour sur : Game of Thrones Genesis

NOTE DE MaXoE
3 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Le Trône de Fer est devenu, entre autres grâce à l’arrivée de la série, l’une des séries fantastiques les plus lues. Il était donc normal que le jeu vidéo considère cette saga-fleuve avec gourmandise, et c’est Cyanide qui s’y colle.

Ah, le Trône de Fer. Cette saga littéraire, qui narre le destin de multiples familles nobles qui se dispute ce fameux Trône, ressemble à des Rois Maudits mâtinés d’un soupçon de fantastique. Les anglo-saxons, d’abord, puis le reste de l’Europe, ont vite été contaminés, et le merchandising n’a pas tardé : jeu de plateau (excellent), jeu de cartes qui a été traité dans nos colonnes, jeu de bataille de figurines, série télévisée, goodies en tous genres, seul finalement manquait à l’appel le support vidéoludique. Aussi, quand Cyanide s’était emparé du précieux sésame, au nez et à la barbe d’éditeurs/développeurs plus timorés, les fans se sont réjoui, à juste titre : on doit à ce studio des titres plutôt réussis comme Bloodbowl ou Pro Cycling Manager pour les amateurs.

Ainsi donc, Cyanide propose un jeu de stratégie en temps réel avec, bémol important, de la stratégie politique plutôt que des batailles rangées, collant ainsi bien davantage à l’esprit de la geste puisque l’essentiel des grandes victoires s’obtiennent dans les cours.

Toutefois, plutôt que de proposer aux joueurs de réécrire l’histoire, le développeur s’est adjoint les services de l’auteur de la saga, Georges R R Martin, pour superviser l’histoire, qui se déroule durant les 1000 années qui précèdent le premier roman. Si cette période avait fait l’objet d’une courte nouvelle qui n’en couvrait qu’une infime partie, et même s’il y est souvent fait référence dans les livres, c’est un vrai plaisir de découvrir l’histoire de Westeros (ce clone mal assumé du Royaume-Uni), la lutte pour la survie et l’émergence des grandes maisons.

Stratégie politique, donc, kezako ? Vous commencez, le plus souvent, avec votre fief. Il vous faudra rapidement nouer des alliances ou conquérir le voisinage, vous assurant ainsi revenus, vivres et recrues. Vous pourrez, à cette fin, utiliser une grande variété d’acolytes : ainsi l’espion peut négocier un accord avec un seigneur-lige d’un rival pour qu’il vous verse une part des revenus dus à son suzerain, l’assassin peut occire le seigneur local pour placer l’un de vos pions, vos courtisanes peuvent le séduire pour le corrompre ou vous pouvez envoyer un filou lui verser des pots-de-vin. Le moyen le plus simple de conclure une alliance reste le mariage, qui ne peut être rompu que par et dans le sang. Le problème, c’est que vos adversaires ont les mêmes idées et les mêmes méthodes, et que vos gardes ne peuvent pas toujours suffire à vous défendre ni vos espions à repérer les margoulins adverses, aussi les alliances se font, se défont, les trahisons pleuvent, et il est rare de pouvoir jouer en toute sécurité.

Ce sentiment général est d’autant plus agréable qu’il renvoie parfaitement, une nouvelle fois, à l’esprit de cette histoire, tout en faux-semblants et en façades.

Oubliez, finalement, tout ce que vous savez des jeux de stratégie. Produire en masse des unités ? Trop cher, car le coût croît de manière exponentielle. Multiplier les coups bas ? Vous finirez par provoquer une guerre, vos exactions ne pouvant évidemment pas rester impunies éternellement.

La guerre, justement, est fatale : vous pouvez lever une armée, mais elle coûte de la nourriture, qui devient dès lors une denrée fondamentale qui justifie à elle seule de nombreux sièges. Vos soldats seront répartis en trois catégories selon le principe habituel du shifumi (pierre-ciseaux-feuille), mais leur placement jouera également dans leurs chances de succès, ainsi que la présence éventuelle d’un commandant.

La guerre, cependant, n’est qu’une option : cultivez vos alliances, votre fortune, et il est très possible que vous remportiez la partie en accumulant les points de prestige et sans jamais devoir lever les armes, particularité d’autant plus appréciable qu’elle est très rare et conviendra à ceux qui préfèrent les échecs aux STR…

En campagne solo, cependant, votre progression s’articulera autour d’objectifs et de checkpoints (la sauvegarde est automatique, ce qui est assez contraignant). Le « problème », c’est que le jeu est particulièrement difficile, et une fois le tutorial, copieux, assimilé, et la campagne d’initiation réussie, il est très possible que vous abandonniez le jeu rapidement tant tout gérer devient difficile quand on a un adversaire aussi performant. Les masochistes ou les plus persévérants y trouveront sans doute un défi à leur mesure, mais autant être prévenus. Il ne s’agit pas de se plaindre du retour des difficultés très « années 90 » où l’on ne nous tenait pas par la main, mais ce jeu est au bord de l’excès.

Le cœur du jeu est, du coup, beaucoup plus axé sur le mode multijoueur, contre l’IA en escarmouche ou contre les humains. Et là, le jeu prend tout son sens. D’abord, un humain ne joue pas comme une IA, mais là je ne vous apprends rien.  Mais dans ce jeu, cela prend tout son sens, tant la personnalité du joueur peut transpirer à travers ses choix.

Chaque joueur choisit une grande maison parmi huit, chacune ayant ses propres particularités. Il va ensuite devoir conquérir le Trône par la politique, la guerre ou autre, le pillage et la guerre maritime étant probablement réservés aux Greyjoy dans un futur addon puisqu’ils sont absents du jeu de base. De temps en temps, le soft proposera un petit défi ponctuel, et le premier qui le remplira recevra un bonus substantiel de points de prestige, indispensables pour remporter la victoire. Le tout sur 15 cartes, dont une reprenant tout le territoire et pouvant accueillir les 8 familles.

Finalement, on peut dire que ce jeu est une espèce de jeu de plateau virtuel, riche et complexe.

Ce jeu est-il donc parfait ? Hélas non. Car toute cette profusion s’accompagne de défauts qui peuvent être rédhibitoires.

La technique, dans un genre de ce jeu, n’est pas fondamentale : les amateurs de ce type de jeu ne se préoccupent que peu de la forme qu’il revêt, et ce ne sont pas les amateurs d’Europa Universalis ou de Crusader Kings qui me diront le contraire. L’ambiance sonore n’est pas non plus épouvantable, même si les doublages sont parfois lamentables.

Non, ce qui est raté, c’est le véritable cœur du jeu : la jouabilité. L’interface, par exemple, est mauvaise, les icones s’entassant dans un maelstrom informe et rendant toute gestion  précise particulièrement périlleuse, même avec de l’expérience. Les notifications, quant à elles, sont peu claires et pas assez nombreuses. Mais le souci le plus profond, c’est que les unités se ressemblent, et certains blasons aussi. Vous y repenserez quand vous laisserez passer un adversaire sans l’avoir identifié…

 

NOTE MaXoE
3 / 5
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Genesis n’est pas un mauvais jeu, il serait même excellent si cette jouabilité médiocre ne venait pas tout gâcher. Néanmoins, les plus acharnés trouveront ici un jeu vraiment original, qui sort tout à fait des conventions et propose une expérience de jeu aussi riche que prenante (d’autant qu’il a récemment baissé de prix).
ON A AIMÉ !
- Très original
- Plongée dans une partie méconnue de l'histoire
- Un multijoueur séduisant
- Tutorial bien pensé
ON A MOINS AIMÉ...
- Reservé aux acharnés
- Technique à la ramasse
- Interface indigne!
- Où sont les Greyjoy?
A Game of Thrones Genesis
Editeur : Focus Home Interactive
Développeur : Cyanide Studio
Genre : Stratégie Temps Réel
Support(s) : PC
Nombre de Joueur(s) : 1-8
Sortie France : 29/09/2011

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