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Les jeux de société : Sherlock Holmes et La course à l’Elysée

Bonjour, et bienvenue à tous pour cette nouvelle rubrique ! Tous les mardis, nous nous pencherons ensemble sur un jeu de société original, intéressant, ou tout simplement fun !

Pour beaucoup, même si le lectorat de MaXoE a les idées plus larges que la moyenne, le jeu de société est souvent un loisir ringard. La plupart des gens l’associent à des jeux comme Trivial Pursuit, La bonne Paie, Le Flambeur et autres. Si ces jeux ont eu un certain charme dans notre prime enfance, il n’en va plus de même arrivés à l’adolescence et au-delà (voire très au-delà pour votre serviteur). Pourtant, résumer le jeu de société à ces seuls titres revient à réduire le cinéma à James Cameron, les livres à Marc Levy ou le jeu vidéo à Fifa : c’est sympa, mais il y a quand même beaucoup de variété et de richesse à découvrir dans cet univers touffu.

Aussi, la rédaction de MaXoE a décidé de vous faire découvrir, chaque semaine, un jeu qui sort de l’ordinaire. Mécaniques de jeu, thèmes abordés, ils sont tous un « petit quelque chose en plus » qui fait que même en n’étant plus un enfant (à l’état-civil ou non…) on pourra y prendre un réel plaisir. Ainsi donc, nous reviendrons sur des jeux de plateaux, de cartes, et même des jeux de rôle qui est par essence même un jeu de société. Dans cette même logique de société, n’hésitez pas à poster, commenter, poser des questions et même demander des conseils à la suite de ces articles, et nous nous ferons un plaisir d’y répondre.

 

Sherlock Holmes – Detective Conseil

Et pour commencer, nous baptiserons cette rubrique avec un jeu qui est une vraie réussite et qui a la capacité de mettre toute la famille autour d’une table sans passer pour l’ahuri puéril de service, et il s’agit de Sherlock Holmes – Detective Conseil, paru chez Ystari en 2011.

Ce jeu est une réédition d’un jeu assez ancien dont il a conservé le principe. Dans un mélange de jeu de rôle (très épuré) et de jeu de société, vous jouerez le rôle des petites mains de Sherlock Holmes, ces jeunes gens utilisés par le grand détective pour l’aider à résoudre ses enquêtes.

En cette période où les Experts et les séries policières dominent le petit écran, il est heureux que le cinéma et donc le jeu aient décidé de sortir le bon Sherlock du formol. Le locataire de Baker Street est et reste en effet une figure célèbre auprès du grand public, même si on se trompe beaucoup à son sujet: ainsi, il ne portait ni chapeau ni redingote, et comme dans le film il se bat la nuit dans des bars mal famés (c’est évoqué dans l’œuvre de Sir Conan Doyle), par exemple. Il reste, également, une figure de l’intuition et des énigmes tordues, autant dire un bel appel du pied pour tous les amateurs d’enquête.

Commençons donc par ouvrir la boîte: on y trouve deix enquêtes, des exemplaires datés du Times, une carte de Londres à l’époque de Holmes et un « annuaire ». Le matériel est plaisant, plutôt de qualité. Mais là où le jeu est très fort, c’est dans sa simplicité qui n’altère en rien la qualité des enquêtes.

En gros, on choisit une enquête, et il est recommandé de les jouer dans l’ordre chronologique. Chaque livret s’ouvre sur la saisie par un parent, un ami ou la police, de Sherlock Holmes concernant une affaire souvent sordide (même si les détails sont très chastes, vous pourrez donc jouer sans problème avec les plus jeunes). La description, plutôt longue, recèle déjà force détails, puis vous voilà livré à vous-même. Des dés? Non. Des cartes? non plus. Il va vous falloir chercher dans l’annuaire des noms, des lieux ou des indicateurs. A chacun correspondra un numéro, auquel il faudra vous référer dans le livret de l’enquête, où vous pourrez lire le fruit de votre investigation. Simple, efficace, ce système hérité des « livres dont vous êtes le héros » a le mérite de permettre un jeu assez littéraire (les descriptions sont très réussies) mais aussi de ne pas laisser sur le côté les joueurs pas forcément rompus aux arcanes du jeu de plateau. Il est également possible de se reporter au plan pour confronter un alibi à la réalité des faits (« la distance est trop longue pour avoir été couverte si vite »), et on pourra aussi se pencher sur le Times qui recèle parfois des informations. A noter d’ailleurs que les enquêtes ont un ordre chronologique, et que chaque enquête vous donne accès au Times du jour ainsi qu’à tous les précédents.

L’autre grande force de ce jeu, qui découle de sa simplicité, c’est sa convivialité. Par expérience, nous pouvons dire que toute la famille, du petit neveu au grand-père, peut se retrouver autour d’une enquête. On peut alors jouer tous ensemble, chacun choisissant successivement la piste qu’il entend suivre, après concertation, mais on peut aussi jouer chacun pour soi… voire tout seul! Le jeu distille une atmosphère prenante, très divertissante et dépaysante, et éminemment séduisante, et rares sont ceux qui résistent à l’envie de découvrir le coupable… L’éternelle attraction du roman policier…

Comment gagner? En résolvant l’enquête, ce qui n’est déjà pas une sinécure, mais pas seulement: tandis que vous menez l’enquête, Sherlock aussi. A l’issue de votre enquête, lorsque vous ou votre équipe aurez formulé une hypothèse, vous devrez répondre à une série de questions qui vous rapporteront un certain nombre de points. Ensuite, chaque piste que vous aurez suivie en plus de celles suivies par Holmes lui-même vous coûtera 5 points. Le but est donc de battre le Détective (ce qui, sans être impossible, est extraordinairement difficile), ou de battre vos camarades de jeu.

Un petit exemple pour éclaircir: 4 questions concernent l’enquête, pour un total de 100 points. 4 autres concernent des pistes annexes, pour un total de 40 points. Supposons que vous répondiez correctement à 3 questions sur l’enquête, cela fait 75 points, et à 2 sur les pistes annexes, pour 20 points de plus, vous avez alors marqué 95 points. En lisant le résumé de l’enquête de Holmes (toujours parfaitement logique, on n’a jamais l’impression qu’il dispose de pistes que nous n’avions pas), on s’aperçoit qu’il lui a fallu suivre 4 pistes, là où il nous en a fallu 6, ce qui entraîne une pénalité de 10 points. Nous marquons donc un total de 85 points, contre le score de Sherlock qui est en général de 100 points. Vous noterez, du reste, que les questions annexes sont là pour compenser les pistes en trop que nous aurions suivies, mais cela ne suffit en général pas pour battre le héros de ces histoires…

Les enquêtes sont riches, variées, intéressantes, et il vous faudra 2 à 3 heures pour chacune d’entre elles, ce qui est très raisonnable, l’argument de la longueur étant souvent rédhibitoire pour qui n’a pas la fibre ludique, d’autant qu’on ne voit pas du tout le temps passer. A noter, par ailleurs, qu’en plus des 10 enquêtes de base, Ystari offre déjà une enquête supplémentaire gratuite sur son site, et sortira à intervalles réguliers des extensions, sachant qu’ils ont eu la bonne idée d’acheter une grande partie des droits sur le jeu. Un excellent suivi, donc, signe d’une maison qui respecte ses clients. La prochaine extension permettra par exemple, en plus des nouvelles enquêtes, à l’un des joueurs de jouer un agent infiltré de Moriarty.

Sherlock Holmes est donc une grande réussite, que l’on ne peut que vous conseiller avec ardeur, d’autant que pour 40 euros, c’est un achat plutôt raisonnable !

 

La course à l’Elysée

Comme nous sommes très sympas, pour cette première, nous vous offrons un bonus. De temps en temps, nous accorderons ainsi quelques lignes à un jeu plus confidentiel ou plus simple, et pour rester dans l’actualité nous vous proposons aujourd’hui « La Course à l’Elysée ».

Créé par des français, forcément, parmi lesquels les auteurs de l’excellente BD « Quai d’Orsay », le jeu vous propose comme son nom l’indique de partir à la conquête du palais présidentiel, aux commandes de l’un des partis principaux du paysage politique français. Ainsi, on reconnait sans peine UMP, PS, FN, Modem, EELV et NPA.

Le plateau représente les marches menant au perron de l’Elysée, et sur chaque marche figure une lettre:

– La lettre C vous fait piocher une carte Coulisses dont vous appliquez les effets immédiatement. Inspiré de faits réels, ces cartes sont souvent drôles, ainsi d’un passage au Val de Grâce qui vous rend plus humain et vous fait monter gratuitement une marche.

– La lettre D vous fait piocher une carte Débats. Sur la carte, figure un thème pour, donc, un débat. Le joueur qui l’a piochée choisit un adversaire puis désigne un autre joueur comme journaliste pour arbitrer le débat. Enfin, chaque participant prend dans sa main une carte Idées. Il devra obligatoirement placer cette Idée ainsi que le slogan de son parti dans le débat. Le journaliste, de son côté, contrôle le temps de parole (un sablier chacun). Si un joueur échoue à placer l’une ou l’autre des informations, il recule. Le gagnant avance vers le perron.

Le couac, c’est justement le paquet de cartes Idées. Il contient les idées de tous les partis représentés. Ainsi, le candidat UMP peut être amené à avoir dans sa main des idées du NPA ou d’EELV… C’est en général à cet instant que le jeu dégénère et que l’on commence à vraiment s’amuser, car je vous assure que tuer les chiens dangereux pour assurer la retraite des fonctionnaires, c’est aussi curieux à entendre qu’à lire. Quel est l’intérêt de cette carte? Comme dit, ce sont les autres joueurs qui désignent le vainqueur (et le journaliste qui assure le partage en cas d’égalité). Or, celui dont les idées ont été citées pourra lui aussi grimper quelques marches, puisque ses idées ont été citées par un opposant qui lui a fait de la pub gratuite. Il faut donc être attentif et un brin tactique pour choisir son poulain, mais faire attention à ne pas le faire grimper trop vite.

Une fois que deux candidats ont atteint le perron, il leur reste le grand débat de l’entre-deux tours, que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Course à l’Elysée est un très bon jeu, un peu cynique, hélas assez réaliste en un sens. Toutefois, à l’inverse du précédent, ce jeu n’est PAS fédérateur. Ainsi, d’aucuns diront que ce n’est pas un jeu, d’autres ne voudront pas se livrer à un jeu qui demande à ce point de réfléchir, de débattre, etc. Pourtant, pour qui apprécie le débat politique (même quand il tourne au vinaigre ou au n’importe quoi) ou pour qui veut vivre une expérience assez originale, Course à l’Elysée peut être un jeu assez rafraichissant, très original, et surtout qui fera appel à votre astuce plus qu’à votre talent pour lancer le dé…


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