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Dynasty Warriors 9 : A la hauteur des ambitions du studio ?
Un royaume qui s'effrite...

Appréciation de MaXoE
5
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Il y a presque une vingtaine d'années, on a découvert le concept "Musou/Musô", ces beat'em all à grande échelle introduits par le petit nouveau de l'époque, Dynasty Warriors, le numéro deux plus précisément sur PS2. Il faut dire que depuis lors, cette série a connu de nombreux titres, spin-off et autres dérivés (Samuraï Warriors, Warriors Orochi,...). En débarquant pour la première fois sur consoles de génération actuelle PS4 et Xbox One (si l'on ne compte pas DW8 Empires et Xtrem Legends), l'enjeu était de taille pour les développeurs d'Omega Force : essayer d'introduire quelque chose de nouveau et éviter ce côté lassitude. Eh oui, en 20 ans le concept de base (Musou/Musô) commençait à s'essouffler, surtout que très peu de nuances y étaient apportées. Pour Dynasty Warriors 9, le studio nous promet une première, un monde ouvert. Un véritable risque qui peut être payant, ou au contraire nocif pour le reste du gameplay si la technique ne suit pas.

Les plus anciens d’entre vous se souviennent certainement de leur découverte de Dynasty Warriors 2 sur PS2, et de sa quantité d’ennemis en mouvement affichés à l’écran lors des batailles. Pour l’époque c’était assez impressionnant mais il faut dire que pour afficher un tant soit peu ce nombre d’ennemis, Omega Force avait dû faire des concessions : map plutôt restreinte, environnements vides, sans oublier les clippings/poppings, bugs et framerate aux fraises lorsqu’il y avait beaucoup d’animations. Mais qu’à cela ne tienne, le plaisir de jeu était là, on s’amusait seul(e) ou à deux à faire voltiger et massacrer une multitude d’ennemis.

Depuis les années ont passé, les hardwares ont évolués et pourtant ce côté fun était toujours au rendez-vous, même si les titres Dynasty Warriors commençaient à tourner en rond, et ce malgré quelques subtilités pour varier le genre. Pour les 20 ans de la série, Dynasty Warriors débarque pour la première fois sur PS4 et Xbox One (en omettant volontairement DW8 Empires et Xtrem Legends) et avec ce soft, Omega Force nous promettait une petite révolution, un monde ouvert et des nouveautés, ainsi qu’une modification de gameplay… Il nous tardait de voir tout cela à l’oeuvre, et notamment de voir si le contexte historique de la Chine est plus développé que ses aînés.

Les batailles historiques de retour

Au lieu de nous proposer seulement quelques batailles clé des faits historiques de Chine, Dynasty Warriors 9 va plus loin en nous mettant certes, toujours dans la peau de l’un des officiers, mais cette fois les faits historiques se déroulent dans un monde ouvert, ce qui permet de suivre tout un pan d’histoire, allant de la dissolution de la dynastie Han, à la révolte des Turbans Jaunes et des Trois Royaumes (Wei, Shu, et Wu) jusqu’à l’unification de la Chine.

Avant de débuter par le premier chapitre, il faut choisir la faction (Wei, Wu, Shu,…) puis le combattant que l’on va incarner parmi trois personnages disponibles en début de partie (Sun Jian du Wu, Cao Cao du Wei et Liu Bei des Shu), d’autres personnages se débloqueront et seront accessibles par la suite. Pour pouvoir accéder à ces autres combattants (environ 80), il suffit de progresser dans le scénario mais celui-ci suit une chronologie, c’est-à-dire qu’un combattant n’ayant pas l’âge de se battre au moment des faits ne peut pas être choisi pour le chapitre en cours.

Il faut d’ailleurs savoir que l’on garde le personnage choisi tout au long du soft (ou du moins tout au long de sa vie), pour en changer il faut lancer une nouvelle partie, sélectionner un autre personnage ainsi que le chapitre. A noter que l’on ne reprend pas le chapitre en cours de route mais au début avec un personnage Level 1 (logique). Ce qui différencie les personnages entre eux, c’est d’une part leur histoire, même si parfois les changements sont très minimes entre même faction, et d’autre part les attaques uniques et/ou armes.

Le point positif, c’est que chaque personnage a un « save slot » différent, autrement dit chaque progression de personnage est sauvegardée indépendamment des autres.

Chapitre, mission, craft et autres subtilités

La progression du titre est découpée en plusieurs chapitres, eux-mêmes découpés en plusieurs missions principales. Il existe trois types de missions : les principales, les secondaires et les tertiaires. Les missions tertiaires ne sont ni plus ni moins que des requêtes visant à amasser de l’expérience pour le personnage, argent et matériaux, et cela va par exemple d’un groupe à décimer à du craft d’objets.

Les missions secondaires ont déjà plus d’intérêt (si vous avez choisi la difficulté Chaos) puisqu’elles ont une influence directe sur la difficulté des autres missions secondaires ainsi que sur la mission principale. Autrement dit, si vous êtes bloqué dans la mission principale du à un Haut Level conseillé par celle-ci, il suffit de s’attarder sur les missions secondaires, ces dernières auront un effet boomerang sur la mission principale qui verra sa difficulté amoindrie.

En s’attardant donc sur ces sous-missions, on fait d’une pierre deux coups : d’une, on en apprend un peu plus sur le background et de deux, on se facilite la tâche, enfin si l’on est en difficulté élevée. Parce que si on doit parler de difficulté, ce Dynasty Warriors 9 ne propose aucun challenge intéressant si l’on joue sous la difficulté Chaos, et encore on ne peut pas réellement appeler cela une difficulté mais plutôt un « niveau de longueur ».

Pour faire simple, le jeu est extrêmement facile quelle que soit la difficulté choisie, on retrouve le même système d’ennemis depuis toutes ces années, ils restent en bloc et attendent sagement leur tour qu’on les piétine, on peut passer à côté, ils ne réagissent pas, ne nous suivent pas, rien… Dommage parce que le studio a modifié son gameplay avec notamment de nouveaux coups réalisables via une palette de raccourcis : voltige et attaques spéciales sont au programme, il y a même une jauge d’endurance qui s’épuise lors de double saut, esquive,… Avec ces modifications, une dose de stratégie aurait pu être rafraîchissant.

Et justement, comme il n’y a pas de stratégie avec ce nouveau système, le titre en devient encore plus simple, la seule différence entre les difficultés vient de la jauge de vie de l’adversaire. En mode Chaos, on aura des adversaires non pas plus forts (à part quelques exceptions), mais plus résistants puisqu’ils ont plus de vie et se défendent plus souvent. On dirait que le studio a choisi de mettre ce système en place de longueur de vie pour pouvoir se servir des différents systèmes en marge du soft.

Il faut dire que si l’on veut profiter pleinement du jeu et de ces subtilités, il faut impérativement jouer avec ce mode Chaos, les autres modes étant tellement faciles que l’on ne ressent pas le besoin d’utiliser ces systèmes. De là, on peut se servir de possibilités comme crafter des armes et autres gemmes grâce à la récolte de matériaux qui jonchent le terrain, on peut également acheter ou vendre des objets, en confectionner pour rendre des PVs ou booster ses caractéristiques temporairement, pêcher, chasser, etc…

Mais pour pouvoir crafter ou ne serait-ce que pour confectionner armes et objets, il faut récupérer des parchemins que l’on dégote souvent après les missions, ces parchemins servent ainsi de recettes et dans ces recettes, il est indiqué le nombre d’objets et le type de matériaux nécessaires à la confection.

Tout ceci et plus encore (points d’améliorations à distribuer entre diverses caractéristiques de vie, endurance, puissance, affinités à augmenter entre les officiers,…) apporte un plus et sort un peu le soft de sa redondance, mais en contrepartie cela met en évidence l’une des plus grandes lacunes du titre. Celle d’arpenter la Chine et de découvrir que ce pays est vaste, mais désespérément vide…

Alors certes, c’est grand, même très grand, il y a bien des cachettes (des lieux que l’on peut meubler à son goût), des inspirations d’Assassin’s Creed avec les points d’intérêt ou balise (en lieu et place des points de synchronisation) qui permettent par exemple de découvrir des trésors cachés, et même des prises de forts.

Dans ces dernières, normalement il aurait fallu être furtif tel Assassin’s Creed, et donc attendre la tombée de la nuit, aider nos soldats à pourfendre les ennemis afin d’installer les béliers et autres équipements de siège, mais ça c’était ce que l’on nous a proposé sur le papier. Parce qu’en jeu, il suffit de s’avancer vers le mur ou la palissade, et de se servir du grappin que l’on a acquis dès le début du jeu. Avec ce grappin, on atteint donc le sommet en quelques secondes, et il suffit de pourfendre le chef pour pouvoir en avoir le contrôle.

De grandes lacunes techniques

Mais même avec ces diverses activités, cela ne résout pas le problème de ce vide intensif. Et ce n’est pas en arpentant une grande partie de la map à dos de cheval que cela change quelque chose, c’est même encore pire. On passe le plus clair de notre temps à traverser les lieux sans rien découvrir ni à combattre, un comble pour un Dynasty Warriors mettant l’accent sur le Musou (plutôt Aventure ici d’ailleurs). Et encore, le cheval qui nous sert de transport est comment dire, aussi bête qu’un âne. C’est simple, si on enclenche la course automatique pour se rendre à un lieu prédéfini, le cheval avance sur un chemin balisé et se prend tous les éléments du décor devant sans les contourner, au lieu d’aller au plus court.

Et ce n’est là qu’une partie des problèmes du soft, parce que l’autre partie vient de toute la technique du jeu, on a du clipping, de l’aliasing très prononcé, des éléments du décor clairement pixellisé, un framerate à peu près stable sur Xbox One X depuis le patch adéquat mais clairement, la stabilité et le 60FPS ne sont pas là. Et pour de la Xbox One X, les décors du jeu font peine à voir, on se croirait retourné sur les générations précédentes de consoles tellement les différences entre les opus sont très palpables et visibles. Et pourtant, les Dynasty Warriors ne sont pas des exemples en la matière.

Testé sur Xbox One X

Appréciation de MaXoE
5
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

En plus d'être vide et sans âme, le fait d'avoir utilisé un monde ouvert lorsque l'on ne le maîtrise pas, provoque des effets qui mis bout à bout nuisent fortement à l'expérience de jeu. On l'a déjà dit, les ennemis sont très souvent inertes même pendant les prises de forts, les lieux sont vides et donc on affronte peu d'ennemis et d'animaux sauvages durant les très longues distances parcourues. On ne profite pas des systèmes de jeu en difficulté standard par un manque d'équilibrage, et on ne se sert jamais du cheval en course automatique parce qu'il a un gros problème d'exécution. Alors que pourtant sur le papier, ce Dynasty Warriors 9 était prometteur avec un monde ouvert, de nouvelles subtilités dans le gameplay, des différences propres dans la manière de combattre... Mais tout est gaché à cause de ce problème d'exécution. Dommage, parce que pour ses 20 ans, la licence méritait clairement mieux.
ON A AIMÉ !
- De bonnes idées...
- ... Et des subtilités intéressantes...
- Un 'save slot' différent par personnage
- Une belle durée de vie
ON A MOINS AIMÉ...
- Une technique pas au point
- ... Que l'on utilise au final qu'en mode Chaos
- Les environnements vides
- Les ennemis inertes
- Les nombreuses lacunes
Dynasty Warriors 9 : A la hauteur des ambitions du studio ?
Dynasty Warriors 9
Editeur : Koei Tecmo
Développeur : Omega Force
Genre : Beat'em All / Musou
Support(s) : PS4, Xbox One, Xbox One X
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 13/02/2018