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Secret of Mana : La nostalgie n’a pas que du bon…
A quand un patch salvateur ?

Appréciation de MaXoE
6
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Second épisode de la franchise Seiken Densetsu, Secret of Mana (paru en 1994 sur notre territoire et en 1993 au Japon) fait indéniablement partie de l'un des incontournables jeux cultes de l'ère SNES. 25 ans après, l'Action-RPG emblématique qui a bercé l'enfance de toute une génération de gameurs(euses) revient, comme c'est la mode aujourd'hui, dans un "remake HD" qui va faire énormément de bruit, comme nous allons le voir dans notre test.

Le débat qui risque de faire grand bruit, on le doit au producteur Masaru Oyamada qui a souhaité apporter une touche de modernité tout en gardant l’essence originale du titre. Ce qui, par la même occasion permet de garder les forces du titre mais aussi ses faiblesses de l’époque. Ne pas tout remoderniser pour un remake, n’est-ce pas un signe évident d’un clash entre deux époques ? Car il faut bien le dire, l’une des forces du titre original vient de son scénario et heureusement celui-ci n’a pas été retouché, juste quelque peu étoffé.

La légende de l’épée sacrée se répète

Le scénario du soft n’a pas changé, il est riche en rebondissements et dispose même de multiples scénarii. Pour renforcer un peu plus le background, les développeurs ont même inclus des mini-scènes supplémentaires pour ce remake, scènes qui ont simplement pour but d’affirmer le caractère des personnages principaux. Dernier petit point important à souligner, la traduction française n’est pas celle de 1993, mais il s’agit de celle parue sur smartphones de meilleure qualité.

La légende raconte qu’une civilisation se servit du pouvoir de Mana pour croître et prospérer, mais qu’ensuite elle tenta d’exploiter ce même pouvoir à des fins de guerre. Ainsi, cette civilisation créa un vaisseau appelé « Forteresse de Mana ». Mais ce n’était pas au goût des Dieux qui envoyèrent alors des bénévodons sur Terre.

La civilisation et les bénévodons s’affrontèrent et ce conflit dévasta le monde, le pouvoir de Mana étant pratiquement voué à disparaître. C’est alors qu’un brave brandit l’épée sacrée et réussit à pourfendre la forteresse. La paix était revenue sur Terre mais au prix d’innombrables sacrifices. Est-ce vraiment une légende ou l’histoire est-elle vouée à se répéter ?

Un jour, trois garçons du village de Potos se rendent dans la forêt interdite à la recherche d’un trésor. Alors qu’ils traversent sur un rondin de bois comme pont de fortune juste à côté d’une cascade, Randy, l’un des trois garçons, glisse et tombe dans le lac en contrebas. Tandis qu’il cherche à rentrer seul dans son village, il aperçoit un socle et une épée en son sein qui pourrait lui permettre de se frayer un passage. Il la retire de son socle sous les indications d’un fantôme.

Ce qu’il ne sait pas c’est que l’épée en question n’est autre que l’épée de mana. Et lorsque Randy arrive finalement au village, les habitants s’aperçoivent que les monstres attaquent, chose qui ne se passe que lorsque l’épée sacrée n’est plus dans son socle. Les habitants vont alors bannir Randy du village en espérant être désormais en sécurité. Juste avant d’être banni, Randy a rencontré Gemma, un chevalier qui lui a conseillé de rencontrer Rusalka, la gardienne du temple du l’eau. En se rendant sur place, le jeune garçon va découvrir que la légende est vraie, mais aussi qu’il est le seul capable de restaurer le pouvoir de l’épée sacrée. Une longue aventure parsemée d’embûches commence alors.

Entre le charme et le bon de l’ancien, et une modernisation en dent de scie

Le gameplay de Secret of Mana garde ses bases de 1993, ce qui est assez logique puisque le producteur du jeu a souhaité garder le charme du titre, jusqu’à son gameplay d’origine en y apportant un petit peu de modernité. On va donc faire un rappel du gameplay pour ceux qui n’auraient pas encore joué au soft.

Secret of Mana est l’un des précurseurs de l’Action-RPG, et à ce titre il possède tout ce qui caractérise le genre : monter en Level des personnages, armes et magies, équipement à modifier pour plus de résistance, marchand pour l’achat d’objets de soin/équipement, objets à récupérer sur les ennemis…

Comme dans tout bon RPG, on explore librement les divers lieux du soft comme le Haut Pays, la Forêt Hantée,… Lors de cette exploration, certains passages sont inaccessibles dans un premier temps. Pour les rendre accessibles, chacune des armes que l’on récupère a son utilité propre, il faut donc jongler entre elles dans les menus pour pouvoir poursuivre son exploration : l’épée peut par exemple trancher les herbes, le lasso peut nous aider à traverser un ravin, ou encore la hache peut détruire certains éléments. Et les magies ne sont pas non plus en reste, en plus de servir de sorts défensifs (avec Prim) et offensifs (avec Popoï), elles fonctionnent sur le même système de progression, on peut par exemple « geler » la lave avec de la glace.

Le soft a donc un bon équilibre entre exploration, donjons, boss et phases de Levelling. La phase de Levelling est évidemment assez classique puisqu’il suffit de terrasser les ennemis présents sur les différentes maps, tout cela en temps réel, sans transition et petite nouveauté, si l’on était limité à quatre directions sur Snes, on peut désormais aller dans toutes les directions. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Secret of Mana se base sur un système « Motion Battle System », autrement dit il s’agit d’une sorte de jauge ATB (Final Fantasy) qui se remplit jusqu’à atteindre les 100%.

Contrairement à la jauge ATB où il faut attendre qu’elle soit pleine avant de porter un coup, on peut attaquer à n’importe quel moment, peu importe que la jauge « Motion Battle System » soit pleine ou non. Les deux différences entre une jauge plus ou moins vide et une jauge pleine se situent dans une force de frappe accrue et un coup dévastateur. Seulement entre 1993 et 2018, on a une certaine impression de lenteur dans l’action, due en partie à des ennemis figés lorsque nous leur avons asséné un coup. On a donc tendance à faire abstraction de la jauge de « Motion Battle System » la plupart du temps dans ces cas-là, pour donner un semblant d’action.

Si le défaut n’était venu que des ennemis immobiles, cela aurait encore pu aller, mais non il faut encore se coltiner et passer constamment par les menus circulaires de 1993 pour changer d’armes, se soigner ou encore utiliser un sort. Eh oui, les programmeurs ont gardé ces menus de 1993 « révolutionnaires » pour l’époque mais en 2018 ils ne sont plus vraiment adaptés ergonomiquement. S’il y a bien deux boutons de raccourci assignés à L1 et R1, trop peu de fonctionnalités sont assignables par rapport aux innombrables possibilités. Et lorsque l’on voit que plusieurs touches du pad ne servent à rien, on se pose des questions… Alors que si toutes les touches du pad avaient été utilisées, le sentiment de coupure en allant dans les menus se serait largement amoindri.

Mais si on essaie de faire abstraction de tout cela, il aurait été judicieux de modifier les menus circulaires ou les introduire dans un menu classique. Parce qu’en l’état, quelqu’un qui n’a pas joué au soft original risque de passer du temps à chercher les armes, sorts et objets de soin dans les menus classiques, chose courante, alors qu’ici il faut savoir que c’est dans les menus circulaires qu’il faut chercher ces différentes choses.

Pour vous aider un peu, pour aller d’un menu circulaire à l’autre il faut utiliser les touches haut et bas de la croix multidirectionnelle. Tout en sachant que chacun des trois personnages possède son propre menu circulaire, simplement différenciés par une simple couleur… Il faut donc ouvrir le menu circulaire de l’un des alliés puis réappuyer sur la même touche afin d’accéder au menu de l’allié suivant, sans quoi on va chercher dans le vide à vouloir associer une magie.

Le plus gros problème de Secret of Mana vient sans doute de l’IA des alliés qui n’a pas reçu de véritable changement. C’est simple, lorsque l’on croise un ennemi inaccessible ou qui se cache derrière un obstacle, les personnages alliés ont la fâcheuse tendance à foncer sur lui, quitte à se coincer dans le décor, en vain. Et lorsque l’on veut passer certains passages délicats et étroits, les alliés meurent face à l’ennemi, tout simplement…

Heureusement, pour contourner les divers problèmes de l’IA, il existe LA solution miracle de 1993 qui a été conservée : le coop local jusqu’à trois joueurs(euses). On peut accéder à ce mode dès que l’on a récupéré Popoï, soit environ après 1h30 voire 2h de jeu. Et là, finie la course dans le mur, finies les attaques inutiles, finis les alliés que l’on ne peut plus réanimer, et finie la mort d’allié pour une bêtise d’IA.

Le coop fait vraiment des miracles, on poursuit l’aventure sans sourciller mais au prix d’un lourd sacrifice : les touches de raccourci ne sont plus accessibles et on se demande bien pourquoi. Il faut donc devoir aller dans les menus pour lancer un sort ou changer d’arme, c’est tout bonnement incompréhensible.

Chargement, bug, IA, plantage,… Il est où le véritable patch ?

Il est temps d’aborder la partie graphique du jeu. Si bon nombre de joueurs(euses) se souviennent des sprites 2D de l’épisode original, ils risquent d’être étonnés en voyant les nouveaux graphismes 3D de Secret of Mana. Nous ne sommes pas contre un changement de l’aspect graphique, même si avec l’âge le charme de l’ancien peut toujours opérer. Cependant pour ce remake, on attendait quelque chose d’irréprochable, compte tenu du savoir-faire de Square Enix en la matière.

Et sur ce point, on est déçu, certains effets de l’original ont été retirés comme les scènes du canon ou encore « le clignotement du personnage » lorsque la jauge du « Motion Battle System » est pleine. A cela, on peut rajouter des temps de chargements quasi omniprésents compte tenu de la très petite taille des maps, certains graphismes taillés à la hache, des expressions faciales presque absentes et des expressions labiales tout bonnement absentes. 

Ce n’est pas parce que le doublage est un élément inédit que c’était pour autant un point à négliger, au contraire cela aurait pu renforcer l’immersion dans le soft. Parlant de doublage justement, nous avons le choix entre les voix anglaises et japonaises, et on peut dire que les voix anglaises sont assez surjouées, on choisit donc sans hésitation les voix japonaises davantage dans le ton.

Terminons cette partie sonore par une autre nouveauté, la musique réorchestrée qui oscille entre de très bons thèmes et d’autres moins bons, parce que l’on ne distingue plus la musique d’origine. Mais pour les nostalgiques, les compositions originales sont présentes et on peut y accéder à tout moment.

Dernier petit point, lors de nos sessions de jeu, on a rencontré divers problèmes techniques qui nous ont fait recommencer des sections de jeu à cause des bugs… Comme par exemple le fait qu’un personnage mort n’est pas grisé mais reste en couleur, et que lorsque les autres personnages meurent, on se retrouve à jouer « avec le mort » qui n’a plus aucun accès à différents menus, sauf frapper mais avec « 0% de frappe »…

Testé sur une version PS4

Appréciation de MaXoE
6
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

La nostalgie peut avoir du bon mais Masaru Oyamada, à trop vouloir jouer dessus avec Secret of Mana, finit par nous délivrer une oeuvre qui arrive à faire moins bien que l'original. Des temps de chargement assez fréquents qui n'auraient jamais dû exister en 2018, des plantages que l'on a rencontré qui nous ont obligé à refaire des sections entières de jeu, une IA toujours aussi catastrophique et un menu que l'on aurait aimé voir gagner en ergonomie... Toutes ces petites choses mises bout-à-bout empêchent Secret of Mana de livrer tout son potentiel. Dommage parce que le titre reste un incontournable avec son scénario, son mode coop et son système de progression qui fait refonctionner le charme d'antan. En attendant un patch salvateur, notre note ne peut que refléter notre déception.
ON A AIMÉ !
- La progression
- Le scénario
- Le mode coop
- Les touches de raccourci...
- Les compositions originales et certaines réorchestrées
- Le charme d'antan
ON A MOINS AIMÉ...
- L'IA catastrophique
- Les menus auraient mérité de gagner en ergonomie
- Bugs techniques
- ... Pas assez nombreuses...
- ... Et qui "s'évaporent" lorsqu'on joue à plusieurs
- Les ennemis figés après coup, engendrent une lenteur d'action
Secret of Mana : La nostalgie n’a pas que du bon…
Secret of Mana
Editeur : Square Enix
Développeur : Square Enix
Genre : Action-RPG
Support(s) : Oldies, PC, PS Vita, PS4
Nombre de Joueur(s) : 1 à 3
Sortie France : 15/02/2018