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Masters of Anima : Devenez maître de la stratégie !
Des Otto-matismes à avoir

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Apparu sur la toile à la fin 2017, Masters of Anima a attisé notre curiosité de par son mélange des genres Action/Stratégie qui n'est pas sans rappeler des jeux tels que Pikmin et Overlord. Désormais disponible, le dernier-né du studio Passtech Games a su nous séduire, on vous explique pourquoi.

Pour ceux qui ne les connaissent pas, Passtech Games est un studio indépendant basé à Lyon, il a été créé en octobre 2012 par Sylvain Passot et réunit désormais une équipe de passionnés. De cette passion est né un premier titre sorti sur PC en 2014, Space Run, réunissant un mélange des genres avec du Tower Defense, de la construction de vaisseaux spatiaux et de la Stratégie Temps-Réel. Un peu plus tard, Passtech Games a sorti une version plus fournie de ce dernier, dénommée Space Run Galaxy. Pour ce studio ambitieux, la sortie de Masters of Anima sur consoles et PC est peut-être l’occasion de réaliser leur objectif, c’est-à-dire s’imposer un peu plus dans l’industrie du jeu vidéo avec des titres originaux.

L’amour avant le monde

On peut le dire d’ores et déjà, Masters of Anima dispose effectivement d’un gameplay original mais son histoire l’est moins. Bien que celle-ci soit bien écrite en apportant même une dose d’humour bienvenue notamment avec un apprenti sorcier un peu nigaud, dans les grandes lignes ce scénario reste dans un thème quelque peu cliché. Voyez plutôt.

Dans le monde de Spark, il y a bien longtemps, le Mont Spark (un volcan) s’en prit au monde. De son coeur en fusion éructa de l’Anima Primordial et de cet Anima naquit de gigantesques Golems qui semèrent peur et dévastation dans les diverses contrées. Mais du coin de l’oeil, une déesse bienveillante eut pitié des habitants et révéla à certains d’entre eux les secrets immémoriaux de l’Anima. Ces hommes devinrent des Animanciens, des êtres capables de façonner des Gardiens pour combattre l’envahisseur.

S’ensuivit une lutte sans merci qui fut remportée par les Animanciens, et les Golems furent réduits à néant. Pour calmer et apaiser la colère du Mont Spark, les Animanciens créèrent une vaste chaine de Merveilles. Depuis lors, la montagne sacrée dort profondément, protégée par la plus grande des Merveilles, l’Egide. C’est elle qui préserve la paix et protège le monde des terribles Golems.

665 ans plus tard, nous découvrons deux jeunes gens, Ana, une Animancienne Suprême, et Otto, un apprenti. Il faut dire qu’Otto n’a que faire des préceptes des Animanciens, il souhaite juste épouser sa promise (Ana). Mais les lois des Animanciens l’interdisent, et Otto doit passer des examens et devenir un véritable Animancien.

Mais alors qu’il réussit les premières épreuves, l’Egide est brisée, annonçant le retour des Golems. Pire encore, un homme autrefois Animancien, Zarh le banni a ‘mort-scellée’ Ana en la séparant en divers morceaux de fragments. Chaque fragment d’Ana est emprisonné dans des Prisons d’Ame. Malgré le danger qui pèse sur le monde, Otto est bien décidé à sauver sa bien-aimée, le reste pour lui n’est que broutille.

Une exploration nécessaire

Masters of Anima dispose de deux phases de gameplay distinctes : l’exploration (incluant des énigmes) et des combats dans des zones prédéfinies, le tout saupoudré par des éléments RPG. L’exploration très sympathique au demeurant s’effectue dans des environnements plus ou moins ouverts : on y incarne Otto, le jeune apprenti Animancien qui se sert de son bâton pour invoquer des Gardiens (on y reviendra), mais aussi pour donner des coups et même créer des combos consécutifs.

Ces combos sont utiles pour détruire des morceaux de bois afin de se frayer un nouveau passage, mais on peut également détruire des jarres ou encore couper des buissons, ce qui nous permet de récupérer des collectibles (des morceaux d’une tablette, des Cristaux de Vie,…) mais aussi des flammes d’Anima. L’Anima est en quelque sorte la ressource magique du monde de Spark (ou des « PM » si vous préférez), sa « rareté » (selon l’exploration effectuée) rend cet élément très précieux, d’autant plus qu’il est primordial pour beaucoup d’actions.

Les actions nécessitant de l’Anima concernent l’ouverture ou l’activation de Merveilles (des coffres) disséminés çà et là dans les divers niveaux du jeu, et qui comme les collectibles, nous permettent de récupérer des morceaux de tablette, des Cristaux de Vie (augmentant la vie maximale d’Otto), des Runes de pouvoir (augmentant la jauge maximum d’orbe de réserve) et de l’XP (permettant logiquement de monter en Level).

Des « objets » à ne manquer sous aucun prétexte pour rester « à niveau » face aux ennemis. Durant ces phases d’exploration, cependant, on ne rencontre pas de Golems mais on peut tout de même récupérer des PVs par une Merveille (sous forme de « réservoir ») appelée Vie de Guérison. D’ailleurs, en dehors de certaines actions d’Otto, récupérer des PVs est l’une des choses rares que l’on puisse faire sans être en possession d’Anima.

Mais l’exploration ce n’est pas juste « se promener », détruire des choses et en acquérir d’autres tel un jeu d’aventure lambda, non, il y a aussi des petites énigmes à résoudre et pour être réussies elles nécessitent l’utilisation de Gardiens. Bien que ces énigmes ne soient pas complexes, elles sont assez amusantes et divertissantes à résoudre.

Les Gardiens primordiaux

Oui, les Gardiens sont primordiaux dans Masters of Anima, les développeurs ont centré toutes les mécaniques de jeu essentiellement autour d’eux et clairement, c’est là l’un des points forts du titre de Passtech Games.

Pour façonner un Gardien et donc lui donner vie, il faut de l’Anima et plus particulièrement un orbe d’Anima. Pour faire simple, à chaque fois que l’on récupère des flammes d’Anima (petit orbe vert), celles-ci se logent dans le Médaillon Animancien. Ce Médaillon est en quelque sorte un conteneur (une réserve d’orbe), qui à la base est limité à six orbes. A force d’accumuler des flammes d’Anima, un orbe complet se forme. C’est à partir de cet orbe unique que l’on peut façonner des Gardiens, chaque orbe coûtant logiquement « une unité » (population) de Gardien. Comme pour le conteneur, la quantité (population) de Gardiens que l’on façonne afin de nous accompagner est limitée en nombre.

Prenons un exemple concret : sur les six orbes de départ, seuls deux d’entre eux sont remplis d’Anima ce qui nous permet « d’invoquer » deux unités de Population de Gardien. Le point intéressant à savoir c’est que comme pour les jeux de stratégie du genre, il y a plusieurs types de Gardiens : des gardiens offensifs à courte portée, à longue portée (DPS) ou encore des soutiens. Chacun de ces Gardiens est utile à la résolution d’énigmes et bien évidemment en combat. Mais il faut savoir également que l’on peut détruire soi-même une unité de Gardiens afin de récupérer l’orbe complet que l’on a utilisé.

Et lorsque l’on sait que pour certaines énigmes, il faut jongler entre plusieurs types de Gardiens et activer des éléments avec de l’Anima (comme l’activation de portes), il faut bien prendre en compte sa réserve et être attentif à son environnement afin de façonner les bons Gardiens, quitte à en détruire si l’on est vraiment en manque d’Anima. Mais attention, si l’on détruit plus de Gardiens que nécessaire, le surplus d’Anima que l’on a « évacué » est tout simplement perdu.

Pour en revenir aux énigmes, comme nous le disions plus haut, elles ne sont pas complexes, il faut par exemple pousser des pierres, détruire une cible,… Ces actions basiques ne sont pas réalisables avec Otto mais avec certains types de Gardiens. Par exemple, si l’on doit pousser un objet lourd, on va se servir des Protecteurs, alors qu’au contraire s’il faut détruire une cible en hauteur, rien de tel que l’utilisation de Sentinelles (des Archers). Et bien sûr, parfois il faut faire des actions quasiment en simultané pour pouvoir progresser, ce qui est assez rafraîchissant. Mais c’est dommage que durant ces phases d’énigmes, il n’y ait pas de Golems rôdeurs, cela aurait donné un peu plus de peps et un sentiment d’être en danger à chaque instant comme en combat.

Point important, pour augmenter le nombre maximum d’orbes de réserve du conteneur, il suffit de récupérer des Runes de pouvoir. Comme pour un RTS, une fois la base construite, pour créer des soldats il faut récupérer des ressources et donc explorer le terrain. Et bien là c’est la même chose dans un contexte différent, l’exploration prend ainsi tout son sens, parce que sans exploration la limite de réserve du compteur n’augmente presque pas via les compétences. Quant aux unités de population, elles s’accroissent lorsque l’on découvre de nouveaux types de Gardiens, mais également par le biais d’un menu dédié aux compétences.

Des compétences à utiliser stratégiquement

Comme dans un RPG, à chaque fois que l’on atteint le seuil requis d’expérience, on monte en Level, c’est le cas pour Otto qui obtient en contrepartie des points de compétences. On peut ensuite répartir ces points comme bon nous semble entre divers arbres de compétences, l’un est entièrement dédié à Otto et les autres à ses Gardiens respectifs. Toutefois, il faut prendre en considération que ces points sont en pot commun entre tous les arbres de compétences. Autrement dit, si l’on dispose de trois points de compétences, on peut soit uniquement renforcer Otto ou un Gardien en particulier, soit dispatcher les points entre les divers protagonistes.

Est-ce que l’on va plutôt renforcer les dégâts d’un Gardien, octroyer à Otto la possibilité de faire une roulade, ou opter pour une meilleure maîtrise de l’Animancie en augmentant le nombre total d’unités de Gardiens disponibles ? Des choix qui peuvent s’avérer cornéliens mais qui contrairement à certains titres, ne sont pas définitifs. On peut ainsi dissocier et réattribuer entre les niveaux du jeu, tous les points de compétences comme on le souhaite. Passtech Games tire là encore son épingle du jeu avec ce gros point positif, parce qu’il faut le dire, les combats sont très dynamiques et la réassociation de points de compétences peut parfois être la clé de la victoire pour les néophytes.

Des combats dynamiques, stratégiques avec un danger permanent

Tous ceux ayant déjà joué à un RTS le savent, le choix des unités et leur disposition sont primordiales pour remporter un combat. Dans Masters of Anima il faut toujours avoir ce côté stratégique en tête lors des affrontements, parce que foncer tête baissée ne vous apportera rien, hormis la défaite.

Chaque affrontement que l’on effectue au fil du jeu se déroule dans une zone délimitée et s’opère après une transition. C’est dans cette zone plus ou moins confinée que l’on doit mettre ses talents de stratège à profit. On place ainsi judicieusement les Sentinelles (Archers DPS) à bonne distance et de préférence « cachés » dans les buissons, là où ils seront moins vulnérables. Du côté des Protecteurs (des Gardiens à courte portée), on va essayer d’en laisser en permanence auprès des Golems ennemis (et de les placer plus rapidement grâce au verrouillage de cible) pour les contenir et les empêcher de se déplacer vers nos Sentinelles. Concernant les Catalystes (des soutiens), ils assurent l’apport constant d’Anima, permettant rappelons-le d’invoquer d’autres Gardiens, il vaut donc mieux toujours en avoir un minimum sur le terrain.

Durant l’affrontement, certains Golems n’hésitent pas à lancer des attaques de zone et/ou se régénérer ; dans ces cas précis, plusieurs solutions s’offrent à nous : rappeler ses Gardiens et les déplacer ailleurs (ou les sélectionner via le cercle de sélection), les détruire, invoquer de nouveaux Gardiens pour remplacer les pertes ou lancer une contre-attaque grâce au Cri de Guerre d’Otto. Ce Cri consomme un orbe d’Anima (et plus, si l’on charge l’attaque) et permet l’utilisation de plusieurs attaques spéciales, chacune étant liée à un type de Gardien particulier, il en résulte par exemple un soin pour Otto, un déluge d’attaque,…

Dans cette très bonne dynamique, toutes ces choses et l’Anima restant sont à prendre en compte. En effet, on n’a aucun répit, on est toujours sous pression (positive, rassurez-vous), le danger est présent en permanence que ce soit sur Otto ou ses Gardiens, il faut réfléchir vite et agir au quart de tour. Mais surtout, il ne faut pas perdre trop de temps pour remporter un combat, non pas qu’il y ait une jauge de temps, mais si la jauge présente sous les PVs de chaque Golem atteint zéro, celui-ci entre dans une rage primordiale et devient extrêmement plus puissant.

Au final, la seule chose qui gêne un peu est le placement des touches à la manette. Tout est vraiment très réactif mais il faut un certain temps d’adaptation pour ne pas s’emmêler les pinceaux entre les diverses actions s’effectuant avec la même touche et les combinaisons de touches. Un point à améliorer pour une éventuelle suite. Heureusement pour les néophytes qui s’y perdraient et qui ne savent plus comment faire quelque chose, un rappel des commandes est présent constamment dans le menu « Compendium ».

Beau mais on en attendait un peu plus

D’un point de vue graphique tout comme pour la sonorité, le soft est agréable avec un aspect cel-shading cartoon et une vue du dessus rappelant un Diablo-like. Cependant, malgré la fluidité présente à l’écran, on trouve que durant les phases d’exploration, cela manque d’animation au niveau de la faune et de la flore, on aurait aimé voir des feuilles qui tombent, des oiseaux qui passent rapidement… Des petites choses paraissant insignifiantes mais qui pourtant auraient donné un sentiment de vie.

Testé sur Xbox One X

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

On peut le dire, malgré une durée n'excédant pas les 10-15 heures de jeu, on a accroché au concept de Masters of Anima mêlant Action et Stratégie. Les Gardiens sont au coeur du gameplay, amenant une exploration plus intéressante et des combats très stratégiques. D'ailleurs en combat, le danger rôde en permanence et le sentiment d'être sous pression nous pousse toujours à réfléchir et à agir vite, un point très positif pour un type de jeu trop rare sur consoles de salon. Le titre est une très belle découverte, nul doute que celui-ci saura charmer les amateurs du genre en manque de "sensations fortes".
ON A AIMÉ !
- L'exploration intéressante
- Les énigmes amusantes
- Les combats très stratégiques et dynamiques
- Fluide
- L'approche simultanée des Gardiens
- La DA et l'aspect sonore
ON A MOINS AIMÉ...
- Un bestiaire peu varié
- Le temps de maîtrise d'adaptation "au pad"
- Dommage que ce soit si court !
Masters of Anima : Devenez maître de la stratégie !
Masters of Anima
Editeur : Focus Home Interactive
Développeur : Passtech Games
Genre : Action/Stratégie
Support(s) : PC, PS4, Switch, Xbox One
Nombre de Joueur(s) : 1
Sortie France : 10/04/2018