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Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – It’s a Big Big Snake
Vous allez adorer être sous infiltration

Appréciation de MaXoE
10Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Pendant des années, j'ai considéré qu'en matière de jeux d'infiltration, il y avait deux camps : les fans de Splinter Cell et les ploucs. Sacré blaireau que j'étais. J'avais beaucoup apprécié le premier Splinter Cell (enfin, celui de la PSX, pas réellement le premier), pas mal le troisième aussi, mais le reste m'avait laissé assez froid, la faute à des jeux où finalement on ne jouait pas assez, et où on me déroulait un scénario qui se voulait masturbatoire au possible et n'était au finalement qu'inutilement alambiqué pour faire croire à un réel travail d'écriture. Et est arrivé MGS V. Je vais donc immédiatement faire acte de contrition en rampant sur des charbons ardents.
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Car, bon sang de bonsoir, quelle création magistrale que ce jeu. Tuons le suspens tout de suite : avec The Witcher 3, voilà les deux postulants au titre de jeu de l’année.

Premièrement, je reviens un instant sur le scénario du jeu : je persiste à penser que tout cela est bien facile, et vu et revu. Mais d’une part ce n’est pas parce que c’est facile que ce n’est pas agréable à suivre, et ensuite Kojima a un talent de narrateur incroyable. Car sa mise en scène est celle d’un bon réalisateur, nerveuse, dynamique, rythmée, avec un sens de l’intensité dramatique et du timing incroyable. En somme, et là je vais m’attirer les foudres des fans, Kojima raconte des histoire quelconques, mais extraordinairement bien.

Ceci étant fait, et alors que certains d’entre vous cherchent déjà à me punir par vaudou interposé, revenons à notre mouton.

L’histoire se déroule en 1984, enfin un 1984 où vous auriez accès à une technologie à laquelle nous n’avons pas accès en 2015, mais vous savez bien que les organisations secrètes ont 30 ans d’avance, et que les Illuminati nous gouvernent et aaaaaah laissez-moi. J’exagère, mais la vanne complotiste m’a toujours paru un ressort bien commode, et a priori Kojima l’aime bien aussi. Vous êtes donc dans la peau de Big Boss. Pour détailler son histoire il faudrait utiliser un peu trop de ces précieuses colonnes et la connaissance pointue de la mythologie MGSesque n’est de toute façon pas requise pour suivre le scénario. Toujours est-il que dans Ground Zeroes, Boss a subi de plein fouet l’explosion de sa base, et a passé 9 ans dans le coma. On ne sait pas s’il a eu beau temps. Tagada tsoin.

Dès le départ, on est dans le ton, entre du Tom Clancy sous acide et des délires mystiques complètement ahurissants, mais au moins, dès le prologue, on n’a pas trop l’occasion de tergiverser, car petit à petit nous allons prendre possession de notre personnage dans une séquence stressante au possible et très prenante. Et petit à petit, on se laisse gagner par cette histoire de représailles qui bien sûr va prendre des proportions planétaires. On n’est pas là pour se venger de la boulangère, de son air mauvais et de son obsession de ne plus avoir de baguette basique à l’heure du repas. Morue.

Et là, c’est l’opulence. Les heures de jeu s’enchainent, et il y a toujours, et je dis bien toujours, quelque chose de nouveau à découvrir. On va commencer doucement, en savatant du bolchevik tout en cueillant des fleurs en Afghanistan, le tout pour alimenter notre base en personnel et en matières premières. L’ensemble donne des forces pour se défendre, et de quoi développer du matériel. Le carton de dissimulation, évidemment, mais aussi de l’équipement pour vous, vos montures, des améliorations… Et la liste parait ne jamais connaitre de fin !

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Je pense que tous les joueurs ont au moins une fois emprunté leur hélicoptère et rasé une base sur fond de chevauchée des Valkyries, mais on peut tout aussi bien utiliser les hauts-parleurs pour de la propagande. A noter, puisque je parle du camarade Richard, que la BO du jeu, que l’on collecte en trouvant des K7, est une espèce d’anthologie de l’époque, avec notamment la géniale version originale de « The man who sold the world » de Bowie, ensuite reprise par un obscur tâcheron aux cheveux sales. Et hop, deuxième séance de vaudou.

La base du jeu, pour résumer, est assez « classique » : il s’agit d’infiltrer des bases et de remplir des missions, principales ou secondaires, pour améliorer vos possibilités et faire avancer le scénario. Seulement, d’une part le monde n’est pas ouvert à moitié (en plus d’être exceptionnel de beauté, ce qui permet de dire aux fans de The Order qu’on peut faire un vrai jeu qui soit également exceptionnellement esthétisant, troisième séance de vaudou), et d’autre part les possibilités de sortir du chemin ne se comptent plus : capturer des ennemis, neutraliser un avant-poste, etc.

Et on se surprend à tenter : tiens, si je tire sur les fils à haute tension, est-ce que ça éteint la lumière ? Ah oui. Je ne donne qu’un exemple, mais disons qu’innover sera rarement tenté. Certains objectifs ne seront ainsi même pas évoqués, et il vous appartiendra de comprendre tout seul que faire sauter un radar rend plus efficace votre hélicoptère.

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Et pour remplir ses objectifs, le joueur est livré à une liberté totale et enivrante. Cela inclut votre équipement, vos partenaires, vos moyens, tout. La contrepartie, en revanche, c’est que le jeu est d’une difficulté redoutable, et qu’il va vous falloir vous creuser et être très patient pour trouver les bons angles. Foncez la fleur au fusil, et l’alerte sera donné, avec renforts massifs, massacres, et score de mission amoindri donc récompenses mineures.

Et pour une fois, l’IA est remarquable. Son comportement est réaliste, ce n’est pas simplement une patrouille : les personnages discutent, se regroupent, sont attirés par les bruits et donnent l’alerte au moindre coup de feu (sachant que le silencieux, ça s’use…), on assiste parfois à des relèves, à des véhicules qui arrivent inopinément (mais jamais gratuitement), un vrai prodige. De l’aléatoire, mais jamais gratuit, ni scripté. Autant dire que l’infiltration atteint des sommets vertigineux, exigeant planification et adaptation, et je suis à peu près sûr qu’aucun joueur ne mène une mission comme les autres. Bon sang de bois, on parle d’un jeu vivant, d’une manière incroyable, et où par exemple il faudra parfois saisir l’opportunité d’une tempête de sable pour s’infiltrer dans une base trop lourdement gardée.

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Petit malin que vous êtes, j’ai testé pour vous, vous pensiez vous en tirer au fusil à lunettes, comme dans trop de jeux ? Le mortier, vous connaissez ? Et même la nuit, la zone sera éclairée comme en plein jour si vous vous faites détecter. Hallucinant.

Mais petit à petit, on dompte le jeu, on comprend ce monde, on réalise qu’il est cohérent, logique, et que jamais un jeu n’a proposé une IA aussi riche, aussi intense. Et du même coup, le défi qui en ressort devient fascinant, tant il y a à apprendre. Du coup, chaque partie devient un film ! « Ouais, j’ai mis le bazar dans la base, ils voulaient appeler des renforts, mais j’avais saboté la radio, ahahaha sales russes ! ».

Et tout cela pour quoi ? Pour améliorer votre base, encore et encore, envoyer vos hommes en missions autonomes, progresser, embaucher par exemple des interprètes pour traduire le russe ou le pashtoun…

Du personnel ? Des hommes ? Car oui, il va vous falloir défendre votre base, contre la rapacité des autres joueurs qui parfois viendront vous rouler dessus, et vous voler vos hommes (mais jamais de manière punitive, en revanche cela peut vous obliger à les remplacer en repartant en mission), ce qui vous obligera à des missions de défense, techniques et tendues.

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Du génie. Et Metal Gear Online, sorti trop récemment pour avoir révélé son plein potentiel, parait partir sur la même voie, avec ses conquêtes d’objectifs en coop, et ses peluches de chien pour distraire l’ennemi.

Appréciation de MaXoE
10Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Metal Gear Solid est un bijou absolu. Oh, certes, il est un peu répétitif, mais franchement, on s'en fout. A ce niveau-là d'intelligence, de design, de jouabilité, telle qu'il faudrait des pages entières en plus pour tout détailler (à supposer que j'ai tout vu), on se tait, et on dit bravo.
ON A AIMÉ !
- Une IA comme on n'en avait jamais vu
- Une richesse incroyable
- Une diversité de jouabilités bluffante
ON A MOINS AIMÉ...
- Un peu répétitif
- On ne peut noter que sur 10
Metal Gear Solid V : The Phantom Pain – It’s a Big Big Snake
Metal Gear Solid V : The Phantom Pain
Editeur : Konami
Développeur : Kojima Productions
Genre : Infiltration
Support(s) : PC, PS3, PS4, Xbox One, Xbox360
Nombre de Joueur(s) : 1-plein en ligne
Sortie France : 01/09/2015
Informations complémentaires / A noter : PEGI 18