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Monster Hunter World : Bienvenue à Jurassic World !
L'une des pépites de ce début d'année 2018

Appréciation de MaXoE
9
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Annoncé lors de l'E3 2017, l'Action/RPG Monster Hunter World est un titre décomplexé, qui modifie un bon nombre de codes établi par ses prédécesseurs afin d'établir quelque chose de nouveau. Le but de Capcom est ainsi de renouveler une franchise dont le principe de chasse ne tenait jusqu'alors qu'à du farm relativement constant.

Renouveler Monster Hunter ? Capcom avait déjà su le faire en laissant Marvelous s’occuper du développement du spin-off Aventure, RPG Monster Hunter Stories (lire notre test 3DS pour en savoir plus). Pour ce dernier épisode en date, World, ce sont les développeurs de Monster Hunter 4 qui bouleversent une licence que l’on connaît depuis son arrivée en 2004 sur PS2 (au Japon), licence qui par la suite a envahi nos PSP et 3DS avant de retourner à ses premiers amours, les consoles de salon, et de faire une apparition pour la première fois sur Xbox One. World, inclut de gros changements bénéfiques pour la licence dont un « semi monde ouvert ». Mais avant d’approfondir la partie gameplay, intéressons-nous au scénario, plus développé et mieux mis en avant par rapport aux anciens épisodes.

Le Nouveau Monde menacé

Contrairement aux précédents épisodes de la franchise, Monster Hunter World « évacue son surplus de quête initiatique » (comprenez par là, la lenteur du démarrage) pour nous mettre directement dans le bain. Si l’histoire reste bien évidemment un prétexte à la chasse, Monster Hunter World suit les traces de Stories, c’est-à-dire que son scénario est plus développé et mieux mis en avant que ces prédécesseurs notamment grâce à ses cinématiques, ce qui permet par la même occasion au titre de gagner en envergure et rendre ainsi son scénario plus intéressant.

Le contexte prend place avec un mystérieux phénomène qui a lieu tous les 10 ans, surnommé la « Traversée des anciens ». Pour enquêter sur ce phénomène, la Guilde a formé la Commission des Chasseurs. Cette Commission a déjà envoyé quatre expéditions de navires et des hommes vers le Nouveau Monde afin de comprendre ce phénomène de la Traversée des anciens, qui se résume en la migration de puissants monstres vers le Nouveau Monde. Mais chaque migration comporte son lot d’impacts sur l’écosystème. C’est à présent la Cinquième Flotte qui est envoyée vers ce Nouveau Monde afin d’enquêter sur le puissant dragon Zorah Magdaros. Dans cette expédition se trouve un nouveau chasseur qui s’embarque alors dans une grande aventure.

Une personnalisation très poussée

Avant de partir dans les contrées du Nouveau Monde, on commence par la traditionnelle personnalisation de son avatar. On retrouve les incontournables : sexe (masculin ou féminin), couleur des yeux, des cheveux et timbre de voix, mais ce module de personnalisation est relativement conséquent en terme d’options, on peut ainsi modifier les ridules pour qu’elles soient plus ou moins apparentes selon notre envie d’avoir un personnage plus jeune ou plus âgé, des cicatrices, la couleur du grain de la peau, la taille des sourcils, le maquillage ou encore une barbe plus ou moins taillée,… Beaucoup de choses sont réglables afin de laisser libre cours à nos envies. Une personnalisation complète qui peut même nous amener à créer des personnages proches de personnes existantes, presque aussi vraies que nature.

Et la personnalisation ne s’arrête pas là ! Les Palicos (bien connu des joueurs de la série), ces êtres à poils (des chats) qui nous accompagnent, disposent eux aussi d’une personnalisation dédiée et poussée : modification des oreilles, forme des globes oculaires, pelage,… Autant dire que l’on peut prendre un temps considérable pour se décider, tellement le choix est vaste. Et si après validation l’avatar ne nous convient plus, on peut à nouveau changer son apparence (mais de manière plus limitée cette fois) après plusieurs heures de jeu.

Un Hub central très riche et fourni

Peu de temps après notre arrivée sur le Nouveau Monde, on découvre la ville d’Astera qui dessert les différents environnements du soft (environnements disponibles aussi via la carte du monde). Astera est ainsi la ville HUB qui nous sert de gros camp de base, les services qui nous sont proposés font de cette ville un lieu incontournable.

Bien sûr d’apparence, tout l’apparat des anciens opus est là. On a ainsi la chambre pour se reposer, s’entraîner aux différents armements, accéder à son coffre et modifier l’équipement de son Palico. Il y a également au village un service d’armurerie (pour acheter armes et armures), une forge, plusieurs types de quêtes, l’artisanat, la cantine, etc…

Tout ceci occupe fièrement une place importante au bon déroulement de Monster Hunter World et comme on va le voir, on va passer énormément de temps à se préparer en vue des différentes missions. Si les joueurs aguerris connaissent tous ces appareillages (ou presque) sur le bout des doigts malgré les divers changements, Capcom n’oublie pas les nouveaux venus pour autant.

Par exemple l’interface de craft de la forge a subi une grosse refonte, gagnant en lisibilité et surtout en accessibilité, celle-ci permet de voir d’emblée tel un arbre de compétence, les divers « embranchements » (en fonction des matériaux) qu’il nous est possible de faire.

Et si l’on souhaite forger une arme ou une armure en particulier mais que l’on n’a pas les matériaux nécessaires sous la main, il est possible de mettre ces équipements dans une liste de souhaits, on garde ainsi une trace des matériaux dont on a besoin. Un confort en plus qui est en quelque sorte un suivi de progression, comme des chasseurs de trophés/succès en somme.

Mais il n’y a pas que la forge qui gagne en lisibilité, le système de talent a lui aussi subi des modifications pour suivre cette même optique et avoir une meilleure appréhension. Mais malgré tout l’effort de Capcom sur ces différents remaniements, on trouve que certains menus de l’interface manquent encore de clarté ; pour quelqu’un qui n’est pas habitué, aller de sous-menus en sous-menus pourra le perdre facilement. Dans ces cas-là, une simplification et une meilleure accessibilité auraient été un plus. Au final, le contenu des services proposés à Astera est très riche et encore nous ne décryptons pas toutes les subtilités de ce village.

Nous allons terminer cette partie d’Astera avec les quêtes de guilde. Celles-ci doivent être acceptées dans la ville et sont réparties en rang étoile, plus le rang est élevé, plus la faune devient coriace mais en contrepartie les récompenses sont de meilleures calibres.

Il existe plusieurs types de quêtes, certaines de ces missions de chasses doivent être accomplies dans un délai limité d’une cinquantaine de minutes, et trois échecs maximum sont tolérés pour accomplir l’objectif. Bien entendu, pour plus de réussite il est évident de devoir passer par la case des diverses améliorations possibles : forge, artisanat, cantine,… Mais toutes les quêtes ne sont pas chronométrées, les missions libres par exemple permettent d’explorer de nouvelles facettes du soft entre la livraison d’oeufs, la capture ou bien encore la pêche,…

Il existe également des contrats dont les récompenses sont bien plus intéressantes et valent davantage le coup d’oeil par rapport aux missions classiques. La plupart de ces quêtes sont ainsi rejouables autant de fois que l’on souhaite pour acquérir argent et matériaux. On peut aussi explorer librement les environnements sans contrainte de mort ou de temps, ce qui est vraiment très plaisant. On n’oublie pas non plus que le titre de Capcom va évoluer au gré des mises à jour gratuites afin d’apporter davantage de contenu, comme de nouvelles quêtes ou de nouveaux événements temporaires en ligne. Explorer de nouveaux environnements serait vraiment très intéressant.

Un armement sublimé

Informations pour les néophytes
Avant de partir en chasse, revenons sur les fondamentaux de Monster Hunter. Depuis 2004, les softs de Capcom sont des jeux d’Action qui mettent la chasse à l’honneur. Pour pouvoir affronter des bestiaux de plus en plus féroces dans les divers environnements, il faut favoriser le farming intensif ce qui permet de récupérer des matériaux. Matériaux qui par la suite sont à crafter pour obtenir de meilleurs équipements afin d’être plus résistant. Car oui, les titres Monster Hunter ne sont pas des Action-RPG pur, la partie RPG ne provenant pas de phase de Levelling classique mais des diverses améliorations à effectuer sur l’équipement. La chasse est donc l’élément central, si l’équipement a une place important, la majeure partie de sa réussite réside dans sa dextérité, son analyse des ennemis (entre l’état de santé de ceux-ci, les patterns,…) et surtout son armement de prédilection parmi les types d’armes disponibles.

Quatorze, oui, comme les précédents épisodes, quatorze types d’armes sont présents sauf qu’en lieu et place des styles et arts de chasse introduits par l’épisode Générations, les mécaniques de gameplay évoluent. Des animations rehaussées et dynamiques permettent d’exploiter de nouveaux mouvements dans les panels d’attaques. Devoir choisir entre les dagues jumelles, le duo épée/bouclier, l’arc, le marteau ou encore le fusarbalète n’a jamais été aussi difficile. Le style de gameplay unique pour chaque arme et leur courbe d’apprentissage y étant pour beaucoup, tout le monde devrait trouver son bonheur. Toutefois, on conseillera aux débutants d’opter pour la voie épée/bouclier dans un premier temps. En somme, on a un arsenal qui est toujours aussi difficile à maîtriser mais qui apporte toujours autant de fun à utiliser.

Ce qui a sans doute le plus évolué dans l’armement, c’est sans conteste les armes à distance. Désormais, la lecture de l’arme gagne en dynamisme, mais aussi en mobilité, grâce à une vue TPS intégrée (au lieu de FPS après visée) ce qui rend les chasses et les traques beaucoup plus agréables à prendre en main qu’auparavant.

L’art de la traque dans de vastes zones

Pour ce dernier épisode en date, Capcom a pris le parti d’un semi-monde ouvert. Fini donc les minis sous zones requérant chargement à chaque passage, grâce à World on passe à la vitesse supérieure ; certes on reste dans des zones mais cette fois beaucoup plus vastes. Si l’on regrette seulement de n’avoir que cinq véritables environnements à explorer, on peut dire que l’écosystème est respecté, les environnements et la flore fourmillent de vie et d’interactions.

On ressent un travail minutieux retranscrit dans chaque parcelle, des monstres surgissant pour en attaquer d’autres, telle la loi du plus fort, des feuillages pouvant servir de parfaite cachette, des pièges que l’on peut poser discrètement,… Chaque environnement dispose également d’objets et matériaux à récupérer, d’insectes à capturer, de passages étroits,…

Pour chasser, on ne fait plus qu’un avec le décor, on se sert de lui pour l’utiliser à notre avantage comme des lianes pouvant servir de filet par exemple, on utilise également la verticalité des environnements grâce au grappin mais surtout on traque les bêtes sauvages en relevant de petits indices dont des empreintes au sol, des griffures sur les écorces,…

Au fil du temps, le cycle jour/nuit et les effets météo modifient même la lisibilité. Et donc plus on prend de temps à pister ses futures proies, plus on récupère d’informations sur les bêtes ; ainsi petit à petit, ces informations deviennent aussi riches qu’une encyclopédie. Grâce à ce pistage intensif, plus on accumule d’indices plus nos navicioles, des lucioles laissant des traces pour mieux flairer une piste, nous laissent de traçabilité, jusqu’à nous faire repérer d’emblée la localisation d’un monstre que l’on traque.

Vient ensuite le moment tant attendu, on arrive au repaire de l’ennemi et la bataille peut commencer. On peut opter pour une attaque directe et se lancer à corps perdu dans le combat, ou utiliser une fronde à distance pour affaiblir l’ennemi, voire même appâter les ennemis pour les envoyer vers nos pièges. Ensuite on attaque les points faibles, on effectue une garde, on esquive, tout cela en faisant attention à son endurance.

Peu importe l’approche, Monster Hunter World garde sa base, jamais oh grand jamais on ne peut voir la barre de vie ennemie afin de rester à l’affût, on peut seulement discerner les patterns des attaques et la santé de l’ennemi grâce à son comportement. Contrairement aux autres opus, les dégâts chiffrés peuvent être visibles (à condition d’avoir gardé l’option adéquate activée), ce qui permet de vérifier réellement si nos attaques ou élément (feu, glace,…) sont efficaces face à tel ou tel type d’ennemi.

Face au bestiaire connu (des Rathalos,…) mais surtout face aux nouveaux ennemis du soft (17 pour être exact), le challenge des affrontements est coriace et relevé, et être en mauvaise posture n’est donc pas rare. Si par le passé on agissait à toute vitesse pour aller dans les menus afin de se soigner, Monster Hunter World modifie son système d’accès aux consommables pour une utilisation plus rapide et pratique. Pour faire simple, ce nouveau système permet d’utiliser aisément les éléments situés sur une palette de raccourci que l’on peut modifier à sa guise.

On pourrait encore aborder de nombreux changements par rapport aux autres opus comme la possibilité de courir hors combat sans utiliser d’endurance, mais on ne préfère pas trop en dévoiler pour vous laisser découvrir par vous-même tous ces petits changements qui apportent un réel plus à Monster Hunter.

Jurassic World à portée

Dernière partie à aborder, le plan graphique. Comme nous l’avons dit, la flore regorge de détails et d’animations, les monstres ne sont pas non plus en reste de ce côté ; c’est simple, à un moment donné on se croirait dans Jurassic World ! Bon, tout n’est pas parfait parce que certains monstres que l’on a rencontrés ont connu quelques bugs de collision, ou encore nos armes sur le dos de notre avatar se traversent entre elles.

Malgré tout, les possesseurs de PS4 standard auront un 30FPS fixe avec plusieurs chutes de frame assez régulières dès que la végétation et les animations sont trop denses. En revanche les possesseurs de PS4 Pro auront la possibilité de choisir entre plusieurs modes d’affichage : la résolution avec un affichage upscalé en 4K, un mode framerate pour un affichage plus stable et fluide (et donc meilleur que sur PS4 standard), ou encore un mode privilégiant les graphismes qui permet d’améliorer encore un peu plus la qualité des détails et des ombrages.

Côté sonore, ça fait plaisir de découvrir ce Monster Hunter World intégralement en français, le casting est plutôt convainquant même si la synchronisation labiale est fortement dans les choux. La bande son, elle, est évidemment épique et les cuivres nous en mettent plein les oreilles grâce notamment à certains thèmes réorchestrés !

Testé sur une version PS4 Pro

Appréciation de MaXoE
9
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Il est temps de faire le bilan de Monster Hunter World. Nous l'avons déjà dit dans notre test à plusieurs reprises, Capcom a su donner une cure de jouvence à sa formule de chasse. Certes, le soft peut toujours donner ce semblant de répétitivité dans son contexte, mais pour peu que les nombreux menus ne les rebutent pas, les néophytes devraient enfin pouvoir se mettre un épisode plus accessible sous la dent. Capcom a su faire de nombreux changements qui apportent un confort de jeu en plus, le scénario est davantage développé, les nombreuses interactivités possibles, la traque, les monstres qui s'entretuent et qui se dévorent les uns les autres, les nombreuses choses à faire entre la pêche, la livraison, les quêtes, l'artisanat, la forge, etc... tout cela fait de ce Monster Hunter World une pépite de ce début d'année 2018 !
ON A AIMÉ !
- Enfin un scénario plus développé
- L'Ost épique
- De nombreux changements qui améliorent le confort de jeu
- Les nombreuses interactivités possibles avec les environnements
- ... Mais cela devrait se corriger avec les prochaines mises à jour
- Le pistage lors de la traque
- Le village et ses nombreuses subtilités (forge, artisanat,...)
- Des combats toujours aussi coriaces
- La maîtrise dans le maniement de tous les styles d'armes
- Les environnements sont superbes, on se croirait dans Jurassic World
- L'exploration libre de toute contrainte hors missions
ON A MOINS AIMÉ...
- Bugs de collision des monstres
- Synchronisation labiale dans les choux
- Certains menus manquent de clarté
- Un bestiaire qui peut faire pâle figure à côté des autres opus...
Monster Hunter World : Bienvenue à Jurassic World !
Monster Hunter World
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
Genre : Action/RPG
Support(s) : PC, PS4, Xbox One, Xbox One X
Nombre de Joueur(s) : 1 / 1 à 4 (en ligne)
Sortie France : 26/01/2018