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Salt and Sanctuary : l’indé qui ne manque pas de Sel !
Quand Castlevania et Dark Souls "fusionnent"

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Disponible depuis pratiquement trois ans sur les machines Playstation (PS4, PS Vita), PC et dernièrement sur Nintendo Switch, le jeu d'Action / Aventure à la sauce RPG Salt and Sanctuary vient enfin de débarquer sur Xbox One. Une très belle occasion pour nous de vous faire partager nos impressions sur ce que l'on pourrait qualifier de titre incontournable de Ska Studios.

Ska Studios est un studio créé en 2007 qui aujourd’hui est seulement composé de deux personnes : James Silva et Michelle Juett Silva. Le premier nommé a travaillé sur plusieurs titres Xbox Live Arcade, les plus connus étant les deux épisodes de The Dishwasher (Vampire Smile, et Dead Samurai) mais aussi Charlie Murder, ce dernier jeu ayant été créé en collaboration avec Michelle Juett Silva.

Souvent comparé à Dark Souls à juste titre, ce qui est normal au vu notamment de son atmosphère et de son défi, Salt and Sanctuary n’en est pas moins l’inspiration de l’excellent Castlevania – Symphony of the Night, preuve en est que le couple considère Dark Souls comme une version 3D des softs 2D Castlevania.

Ce mélange, savoureux sur le papier, fonctionne vraiment bien manette en main mais avant de le découvrir, intéressons-nous d’un peu plus près à l’histoire de ce naufrage, survenu il y a peu dans l’univers de Salt and Sanctuary.

Naufrage en mer

Tout commence lors d’une traversée en haute mer. En tant que mercenaire (ou tout autre rôle défini par la classe choisie en début de parcours), le rôle de notre héros est avant tout de protéger une dame de la royauté, la princesse. Celle-ci doit en effet épouser le prince d’un royaume voisin afin que la Guerre qui se déroule depuis des siècles ait enfin une issue favorable.

Seulement tout ne se passe évidemment pas comme prévu. En voulant se rendre dans la contrée voisine à bord d’une embarcation, le bateau est pris pour cible par des bandits. Ni une, ni deux, notre héros les terrasse un à un. Mais alors que tout semblait résolu, un démon surgi et détruit l’embarcation. Voilà notre héros (donc vous) au beau milieu des décombres du navire, échouant sur une île hostile.

La personnalisation du personnage : classe, genre de gameplay,…

Avant l’introduction, le soft commence par une personnalisation de personnage assez classique et sommaire, avec le choix du sexe, de la coiffure (et la couleur), de la pilosité faciale ainsi que le choix de la couleur de peau. En outre, il faut également définir la classe de son personnage entre les habituels Chevaliers, Mages et autres Paladins, ou plus improbable avec la possibilité d’incarner un Chef… de cuisine !

Attention au choix que vous allez effectuer, celui-ci détermine clairement une manière différente de jouer. En clair, un chevalier sera un homme de corps-à-corps, alors qu’un mage utilise des sortilèges à distance. D’ailleurs ce dernier semble bien obsolète dans un début de partie, mais il faut attendre d’exploiter et de libérer pleinement son potentiel afin d’avoir un personnage extrêmement puissant sous la main.

Enfin, en dehors des difficultés supplémentaires que l’on peut s’octroyer comme un mode Hardcore ou encore sans guérison possible, il reste à choisir un objet pour débuter l’aventure. Sans une once d’explication, cette dernière partie se fait totalement à l’aveuglette, il faut ainsi attendre d’être en jeu pour constater l’effet possible, sauf si bien sûr, il ne s’agit pas d’une première partie.

Pour jouer à deux, il faut chercher

Autre point que l’on ne comprend pas trop, c’est que le soft permet de jouer à deux joueurs mais de manière « énigmatique ». On s’explique : contrairement à beaucoup de jeux où l’on peut directement commencer à jouer à plusieurs, ici il faut avoir un objet spécifique en sa possession et effectuer quelques prérequis pour pouvoir castagner du monstre ensemble.

Pour vous aider dans cette tâche ardue et fastidieuse, on vous livre la procédure complète. Autrement dit à la création de votre personnage, il faut impérativement prendre l’objet appelé « Figurine de Mercenaire » d’emblée afin de pouvoir jouer en coopération jusqu’à deux joueurs (local ou en ligne).

Ensuite pour se lancer à deux dans l’aventure, il faut apporter la Figurine de Mercenaire à un sanctuaire, un lieu de repos servant également d’amélioration pour le personnage, ce qui se fait au bout de même pas 5 minutes. Puis offrir cet objet aux Dieux. Mais ce n’est pas tout, il faut que votre compagnon de fortune ait au préalable réalisé le prologue avec un personnage à lui afin que « l’hôte » (vous) puisse l’inviter. Tout un programme qui donc manque de clarté et d’explication pour quiconque souhaite se lancer dans l’aventure avec un(e) ami(e).

Un gameplay reposant sur Castlevania et Dark Souls

Entièrement jouable en 2D, le gameplay de Salt and Sancutary repose sur les mécaniques introduites dans Castlevania – Symphony of the Night, mais aussi celles de Dark Souls pour son système de combat, tant on est proche de ce dernier avec sa jauge d’endurance notamment.

Pour celles et ceux qui ont déjà joué aux deux titres précités, ils seront forcément en terrain connu en abordant le soft de Ska Studios, tout est là pour nous rappeler les inspirations de ces softs à chaque instant, et on doit dire que cela n’est pas du tout déplaisant, bien au contraire.

Salt and Sanctuary nous immerge dans un univers Dark Fantasy, l’évolution s’effectue ainsi en 2D de manière side scrolling ayant un gros penchant pour la verticalité, comme son illustre maître (Castlevania). Durant sa progression, on peut effectuer un saut pour aller plus loin, grimper aux échelles ou encore s’agripper aux rebords de corniche. Et comme pour Castlevania, de nombreux passages secrets et raccourcis sont à découvrir au fil de ses pérégrinations.

Le Level Design est assez riche avec plusieurs environnements distincts, certains d’entre eux sont mêmes totalement additionnels, et il est assez facile de passer à côté. Pour n’en citer qu’un, l’environnement lié à un château dispose de moult escaliers, de nombreux culs-de-sac et mécanismes à activer pour déverrouiller un passage, ou se créer un raccourci. Mais il subsiste tout de même des lieux ou des endroits auxquels on ne peut pas accéder tout de suite. Toujours en rapport avec Castlevania, des « pouvoirs » sont à acquérir pour faciliter la progression, par la suite on peut par exemple avoir accès à un double saut pratique et bien d’autres choses.

Comme d’habitude des objets sont disséminés çà et là durant le parcours, certains étant des consommables classiques (comme des petites potions,…), d’autres de l’équipement. On trouve aussi différentes statuettes pour réaliser des offrandes et des objets à lancer sur les ennemis. Car oui bien évidemment, le monde qui nous entoure est parsemé d’ennemis en tous genres.

Squelettes, araignées, etc… Autant d’ennemis qui souhaitent votre mort, mais votre héros n’est pas sans défense pour autant. En quelque sorte « intronisé » par Dark Souls, Salt and Sanctuary reprend le système de la jauge d’endurance pour son gameplay qui s’avère technique. Ainsi toutes les actions possibles et réalisables, comme une attaque faible, puissante que l’on combine pour réaliser des combos, une parade ou encore une roulade consomment une partie de la jauge, ce qui est également le cas pour la magie. L’attente est donc le seul remède pour pouvoir administrer de nouveaux coups, la jauge se régénérant petit à petit. A noter bien sûr que selon son équipement (et sa classe), il est tout à fait possible d’opter pour un duo épée/bouclier, ou alors seulement combattre avec une épée à deux mains.

Vaincre les petits ennemis se fait donc généralement facilement, et à leur mort ils laissent du Sel (de l’XP), un élément très important. Seulement voilà, même en étant le héros le plus puissant au monde, il arrive de mourir inutilement si l’on ne prend pas suffisamment le temps d’observer les patterns ennemis. Et oui comme pour Dark Souls, la mort peut être punitive ou très frustrante, et tout le Sel durement acquis part en fumée. Enfin pas tout à fait, au lieu de simplement récupérer ce Sel sur le lieu de sa mort comme pour Dark Souls, ici c’est l’ennemi qui nous a vaincu qui détient notre précieux sésame servant à faire évoluer notre personnage. Pour récupérer son dû, il faut simplement avoir soif de vengeance et avoir assez de courage pour se frotter au même monstre. Courage oui, car en plus de détenir votre précieux sel, cet ennemi a en quelque sorte évolué avec une force nettement décuplée.

Un arbre de compétence complet

Chaque grain de sel acquis lors de son périple a donc une importance capitale pour la suite des événements, puisque celui-ci permet la montée en XP de son personnage auprès d’un sanctuaire. A chaque montée en XP, l’évolution s’effectue naturellement en augmentant les divers attributs de caractéristiques (santé, etc…) selon sa classe originelle, mais ce n’est pas tout puisque l’on récupère aussi un point de compétence sous forme de « perle noire » à répartir dans un arbre de compétence très complet et imposant.

A l’image de Path of Exile ou Final Fantasy X, le rendu de cet arbre de talents est un sphérier grandeur nature. Autrement dit comme d’habitude, à chaque fois que l’on acquiert une nouvelle compétence, les cases adjacentes (renfermant d’autres compétences) se libèrent et ainsi de suite, même si bien sûr certaines d’entre elles demanderont quelques prérequis. Dans cet arbre, on peut ainsi acquérir un supplément d’endurance, de force ou encore de magie, mais il est également possible d’avoir des potions accrues ou l’accès à certains panels d’équipements autrement inaccessibles.

Les choix effectués dépendent en partie de la classe choisie, ainsi que de l’évolution voulue de son personnage comme un Mage à qui l’on augmentera sa magie plutôt que sa force, ou tout simplement le rendre le plus polyvalent possible. Mais si par malheur on se trompe dans l’acquisition d’une compétence ou si l’on remarque simplement que le choix initial était mauvais, il est tout à fait envisageable d’annuler l’un des attributs acquis. Pour cela, il suffit d’utiliser une « perle grise » disséminée çà et là dans les divers environnements. Ce côté rattrapage est un très bon moyen de faire quelques essais pour trouver le meilleur build possible.

Des offrandes pour des services

L’arbre de compétence n’est pas le seul moyen de progresser dans le soft. Toujours dans un sanctuaire, faire des offrandes (des statuettes) permet d’accéder à divers services. On peut par exemple faire apparaître un Marchand pour acheter des consommables, un Clerc sert à l’achat de prières alors qu’un Mage permet d’acheter différents sortilèges, et on a aussi notamment l’accès à un Forgeron. Tous les éléments indispensables sont présents mais les différentes statuettes ont aussi une autre utilité puisqu’elles offrent également un bonus de zone dans laquelle on trouve de l’or ou du sel accru, ou encore une résistance à la magie dans la zone. Vous l’aurez compris, les statuettes ne sont pas que de l’ordre du classique mais peuvent apporter bien davantage.

Déjà très complet, le soft n’en oublie pas pour autant un système d’équipement. Plutôt classique dans l’ensemble, on retrouve entre autres les armures, casques, jambières, fouets, bâtons, épées ou encore des poêles (pour le cuistot). Chaque équipement, tout comme les accessoires, dispose de différentes facultés comme une résistance au poison, au feu ou encore une augmentation de l’endurance. Comme pour un Dark Souls, il faut trouver le juste équilibre entre ces divers éléments et faire attention au poids de ceux-ci. Un poids très élevé influe logiquement sur la vitesse de déplacement du personnage ainsi que son esquive.

Fidèle à The Dishwasher

Fidèle aux différentes oeuvres du studio, le style graphique de Salt and Sanctuary est assez proche de The Dishwasher, une autre production de Ska Studios. Les développeurs jouent sur des teintes grises avec quelques nuances de couleurs généralement « sombres » pour coller à l’ambiance. Sans optimisation pour Xbox One X, console sur laquelle a été effectué ce test, on dénote toutefois quelques légers freezes.

Par rapport à son ambiance macabre très marquée, les différents thèmes sonores même s’ils sont très discrets, contribuent à l’atmosphère un peu pesante du soft. Autre élément à signaler, les sous-titres sont intégralement en français mais depuis sa sortie initiale il subsiste des erreurs de traduction. Pour un maximum de compréhension, il faudra passer par la VO du soft en changeant au préalable les options de la console.

Testé sur Xbox One X

Appréciation de MaXoE
8
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

Mélange subtil entre deux franchises mondialement reconnues que sont Castlevania et Dark Souls, Salt and Sanctuary arrive à leur rendre hommage avec brio, tant dans l'exploration que dans les combats, le tout en y apportant quelques éléments inédits. Les amoureux de ces deux licences seront donc ravis de découvrir un soft avec une bonne difficulté et des systèmes qu'ils apprécient, alors que pour certains autres, ils pourront peut-être lui reprocher d'être justement trop proche de ces deux mastodontes.
ON A AIMÉ !
- Monstre devenant plus fort grâce au Sel...
- L'arbre de compétence
- La difficulté
- Castlevania...
- ... et Dark Souls réunis
ON A MOINS AIMÉ...
- ... avec le risque de frustration pour certains
- Quelques erreurs de traduction / freezes
- Fastidieux pour comprendre comment jouer en coop
Salt and Sanctuary : l’indé qui ne manque pas de Sel !
Salt and Sanctuary
Editeur : Ska Studios
Développeur : Ska Studios
Genre : Action, Aventure, RPG
Support(s) : PC, PS Vita, PS4, Switch, Xbox One
Nombre de Joueur(s) : 1 / 1 à 2
Sortie France : 06/02/2019